Strasbourg - Pèlerinage à Paris

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Samedi 26 février 2011, 8 heures : rendez-vous aux laudes à Saint-Gervais pour le départ du «pèlerinage-marathon» des Jeunes avec Jérusalem de Strasbourg : deux jours pour dix églises, deux célébrations eucharistiques, cinq offices, une nuit d'adoration et plusieurs rencontres ! Un programme qui a dû humblement être un peu allégé, afin de faire un véritable pèlerinage et prendre le temps de se recueillir.

Voir le reportage photos (© JAJ)

 

Nous sommes une vingtaine à avoir mis le cap vers l'ouest, en mini-bus ou en train, accompagnés par sœur Marie-Aimée et frère Michel-Marie. Après les laudes, notre groupe a pu rencontrer l'énergique père André Gouzes, o.p., pour une conférence sur le chant liturgique. Puis, déjeuner grec et direction Notre-Dame, accompagnés par Claudel qui s'y convertit le jour de Noël 1886, en entendant le chant du Magnificat, comme il l'explique dans une lettre à Gide : «Et c'est alors que se produisit l'événement qui domine toute ma vie. En un instant, mon cœur fut touché et je crus. [...] J'avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l'innocence, de l'éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable.»

 

Étape suivante : la beauté éblouissante de la Sainte-Chapelle, à laquelle nous avons, l'espace d'un instant, redonné sa vocation originelle de prière par le chant – avec discrétion mais conviction... – d'une hymne, nous permettant une méditation sur la Croix. Nous sommes ensuite allés prier à la rue du Bac et à la chapelle des Carmes, avant de prendre le chemin de Montmartre. En priant – dans les rues ; en chantant – dans le métro.

Montmartre, quartier des artistes et des poètes. Le regard tourné vers le sud, en contemplant la ville du haut de la butte, on ne peut s'empêcher de penser au héros du Père Goriot et au défi lancé à Paris, que Rastignac souhaite conquérir : «À nous deux maintenant !»

 

Mais si on ne veut pas perdre le nord, on peut aussi se tourner de l'autre côté, en quête de tout autre chose. En effet, si on va à Montmartre pour l'atmosphère et/ou le point de vue unique sur la ville, certains y vont pour un peu plus encore : l'adoration. Perpétuelle, depuis 125 ans. Alors oui, «à nous deux maintenant»... Seigneur ! Face à face, dans la solitude et le silence de la nuit. La nuit, car si, d'après la chanson, Paris s'éveille à cinq heures, à Montmartre, c'est à chaque heure de la nuit que les réveils sonnent dans les dortoirs – l'adorateur avisé pensera à emporter boules Quies et masque pour les yeux la prochaine fois... C'est ainsi que nous nous sommes relayés, heure après heure, allant à la rencontre de Celui qui nous attendait, avant de nous retrouver le matin sur les marches de la basilique pour une prière sur la ville. Même si elles semblent en ce lieu se tourner le dos, la prière et la ville ne s'opposent pas. Au contraire, la première peut à la fois englober la seconde et y naître. Et la ville a besoin de notre prière. «Sur tes remparts, Jérusalem, j'ai posté des veilleurs, de jour et de nuit, jamais ils ne se tairont.» (Is 62,6).

 

Retour ensuite à Saint-Gervais pour les laudes et la rencontre avec sœur Marie-Laure, qui a su nous garder éveillés et maintenir notre attention – ce qui n'était pas un pari gagné d'avance après cette pieuse mais courte nuit ! – en nous parlant du contexte social et spirituel dans lequel est née la petite fraternité des frères en 1975. Suite du programme : Eucharistie, déjeuner et café chez les frères et sœurs, puis temps libre durant lequel nous avons pu visiter une des églises «sacrifiées» par manque de temps, notamment Notre-Dame des Victoires ou Saint-Étienne du Mont. Le pèlerinage s'est enfin terminé par l'office des vêpres à Saint-Honoré d'Eylau, qui nous a permis de découvrir la magnifique liturgie – d'inspiration byzantine – des sœurs de Bethléem.

 

C'est dans la joie et la confiance que nous avons chacun continué notre chemin, habités par l'Évangile du jour, entendu trois, voire quatre fois : «Ne vous faites pas tant de souci pour demain : demain se souciera de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.» (Mt 6, 34). Remercions les organisateurs, ceux qui ont préparé les présentations des différentes églises visitées, ainsi que tous ceux et celles qui nous ont accueillis : les bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, les frères et sœurs de Saint-Gervais et nos hôtesses-pèlerines : Juliette, Noémie et Catherine.