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Olivier: Plus de détails sur le contexte dans lequel Luc écrit

Bonjour, je voudrais avoir, même si vous en avez brièvement parlé, des détails sur le contexte dans lequel Luc écrit. Comment vivaient les gens à cette époque, quels sont les problèmes qui se posaient, etc. Pourquoi Luc fait-il la recherche puis écrit-il sur les événements dont «beaucoup ont entrepris de composer un récit» ? Est-ce pour s'en convaincre lui-même parce qu'il aurait des doutes sur ce que les témoins oculaires ont transmis ? A-t-il quelques doutes à lever ? Qu'est-ce qui le rassure finalement pour qu'il puisse à son tour faire pareil pour Théophile ?

 

Il est difficile en quelques lignes de dresser un tableau du contexte historique dans lequel écrivait Luc, d'autant qu'on ne sait pratiquement rien sur la genèse de son évangile ! Mais, en tout cas, ce que l'on peut affirmer, c'est qu'il écrivait dans le cadre d'une communauté croyante. Il a rassemblé les matériaux que lui fournissaient les traditions de cette communauté, ce qu'il a pu apprendre de témoins directs ou indirects, tel Paul avec qui il a sans doute voyagé, comme l'indiquent les Actes. Il semble plus lettré que les autres rédacteurs des évangiles (il écrit un meilleur grec) ; il a donc certainement fait des études et connu des traités d'histoire profane : son «enquête» a dû donc être menée avec le désir que la vie de Jésus soit connue au même titre que celle des «hommes illustres» de son temps, même si l'évangile n'est pas une biographie au sens moderne du terme. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que, comme tous les autres évangélistes, il poursuit un but avant tout catéchétique : il veut transmettre aux nouveaux croyants  – à tous les Théophile – ce qu'il a lui-même reçu : la foi et l'expérience du Dieu vivant ! Il ne s'agit pas du tout pour lui de chercher à guérir ses propres doutes, mais plutôt d'édifier la foi de ses frères à qui il s'adresse en choisissant les termes qui pourront y parvenir le plus efficacement.

Mercredi, 09 Décembre 2009

Louisiane: Texte biblique, texte inspiré

Peut-on dire des évangiles que ce sont des textes «inspirés» et quel sens faut-il donner exactement à ce mot ? Pourquoi Luc est-il plus qu'un simple historien ? Qu'est-ce qui, dans l'écriture de son texte, le différencie d'autres «évangélistes» que la tradition de l'Eglise n'a pas retenus ?

 

Pour répondre à vos questions, il faudrait tout un cours sur la formation des évangiles... ce qui n'est pas simple et ne peut être résumé en quelques lignes. Essayons tout de même de donner quelques éléments !

 

Le Christ avait promis d'envoyer son Esprit sur l'Église, et particulièrement sur les apôtres (cf. Jn16,7.13 ; 20,22 ; Ac 2,1-4). Les récits des témoins de la vie de Jésus, transmis dans les communautés naissantes et peu à peu mis en forme, peuvent donc être dits inspirés par cet Esprit Saint qui vit dans l'Église et est conféré au baptême. Ces récits ont formé peu à peu une tradition qui a été mise par écrit, sans doute d'abord sous forme fragmentaire (les exégètes s'accordent pour dire que les récits de la Passion ont été rédigés les premiers). Ce sont certains de ces écrits (que nous ne connaissons pas par ailleurs, même si certains exégètes ont essayé de les reconstituer) qui ont servi de matériaux à Luc, en plus de la tradition de sa propre communauté.

 

Son évangile a été retenu, ainsi que Matthieu, Marc et Jean, dans ce qu'on appelle le «canon» des Écritures (d'un mot grec qui signifie règle), très tôt puisque ce canon était défini avant le IVe siècle. C'est là encore l'Esprit Saint qui a inspiré la définition du canon selon un double critère : l'approbation des successeurs des apôtres, à la tête des diverses communautés et la «réception» de ces textes (l'appropriation, pourrions-nous dire) par  tous les baptisés, membres de l'Église.

Vendredi, 13 Novembre 2009

Alexandre: Qu'est-ce qu'être «Théophile» ?

Peut-on savoir quels sont ou quels pouvaient être les enseignements reçus pour Théophile? Ne peut-on pas affirmer, du point de vue spirituel ou théologique, que nous sommes chrétiens devenus «Théophile» depuis notre baptême ? Tout «Théophile» n'est-il pas celle ou celui qui accomplit la volonté du Père (à savoir : «aimer Dieu de tout son cœur et de toutes ses forces» ; et «aimer son prochain comme soi-même») ? D'ailleurs, n'est-on pas affranchi de la servitude pour devenir «Théophile» («Je ne vous appelle plus serviteur, mais ami») ?

 

Luc dit très explicitement qu'il dédie son œuvre à Théophile, c'est-à-dire que tous les enseignements contenus dans cette œuvre double (l'évangile et les Actes des Apôtres) lui sont destinés : toute la bonne nouvelle du salut.

Mais, vous avez tout à fait raison de le souligner, tout disciple peut aussi recevoir ce nom de Théophile. Le baptisé, bien sûr, puisqu'il a reçu à son baptême l'Esprit Saint qui «répand l'amour dans nos cœurs» et nous donne donc d'aimer de l'amour même de Dieu. Et, plus généralement, tout homme «de bonne volonté» qui essaie de connaître et d'aimer Dieu.

Mardi, 10 Novembre 2009

 

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