Méditer
Voici le Roi qui vient
Voici le Roi qui vient, allons au-devant de notre Sauveur. Ce n'est pas un unique messager, c'en est un grand nombre, mais animés d'un unique esprit, qui nous sont venus depuis le commencement du monde, formant une longue chaîne ; et tous n'ont eu qu'une seule voix, un seul message : «II vient. Voici qu'il vient» (Ez 39,8). De tels messagers sont une eau rafraîchissante et un breuvage de sagesse salutaire pour l'âme assoiffée de Dieu car, en vérité, celui qui annonce l'avènement du Sauveur lui donne à boire des eaux qu'il a puisées pour elle dans la joie aux sources du Sauveur (Is 12,3). Aussi, à celui qui lui fait cette annonce – que ce soit Isaïe ou quelqu'autre prophète – l'âme répond avec les mots d'Élisabeth, parce qu'elle a bu au même esprit qu'Élisabeth : «Et comment ai-je-le bonheur que mon Seigneur vienne à moi ? Car dès l'instant où le son de ton message a frappé mon oreille, mon esprit a tressailli de joie dans mon cœur, impatient de s'élancer au-devant de Dieu son Sauveur.»
Oui, c'est dans l'exultation de l'esprit qu'il faut aller a la rencontre du Christ.qui vient. Que notre esprit s'élance dans un transport de joie au-devant de son Sauveur ; que de loin il l'adore et lui dise : «Ô Seigneur, sauve-moi ! Salut à toi qui viens nous sauver ! Viens donc, ô Seigneur ! Viens, montre-nous ta face, et nous srons sauvés ! C'est toi que nous avons attendu, sois notre salut au temps de la tribulation !» (Is 32,2) Ainsi les prophètes et les justes allaient à la rencontre du Christ avec un tel désir, un tel élan d'amour qu'ils auraient voulu, si cela avait été possible, voir de leurs yeux ce que déjà ils voyaient en esprit. C'est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : «Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez !» (Lc 10,23). Notre joie doit donc être si grande que notre esprit, s'élevant au-dessus de lui-même, brûle de s'élancer, en quelque sorte, à la rencontre du Christ qui vient et que, se portant en avant par le désir, il s'efforce, sans souffrir aucun retard, de voir déjà celui qui va venir.
Bienheureux Guerric
abbé d'Igny au XIIe s.




