Méditer

Les disciples d’Emmaüs (24,13-35)

Ce récit d'apparition est propre à Luc - même si la finale de Marc, plus tardive, y fait allusion (16,12). Ne l'a-t-il pas ainsi développé pour que tout chrétien puisse s'identifier à ces disciples et accomplir, pour sa part, la même expérience ? C'est en vivant, en Église, le partage de la Parole et du Pain que l'on reconnaît aujourd'hui la présence du Christ ressuscité.

 

Luc 24 [13] Et voici que, ce même jour, deux d'entre eux faisaient route vers un village du nom d'Emmaüs, distant de Jérusalem de 60 stades, [14] et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. [15] Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s'approcha, et il faisait route avec eux ; [16] mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. [17] Il Leur dit : «Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ?» Et ils s'arrêtèrent, le visage sombre. [18] Prenant la parole, l'un d'eux, nommé Cléophas, lui dit : «Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci» - [19] «Quoi donc ?», leur dit-il. Ils lui dirent : «Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s'est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, [20] comment nos grands prêtres et nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort et l'ont crucifié. [21] Nous espérions, nous, que c'était lui qui allait délivrer Israël ; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées ! [22] Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S'étant rendues de grand matin au tombeau [23] et n'ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu'elles ont même eu la vision d'anges qui le disent vivant. [24] Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l'ont pas vu !»
[25] Alors il leur dit : «Ô cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu'ont annoncé les Prophètes ! [26] Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ?» [27] Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait. [28] Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d'aller plus loin. [29] Mais ils le pressèrent en disant : «Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme.» Il entra donc pour rester avec eux. [30] Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. [31] Leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent... mais il avait disparu de devant eux. [32] Et ils se dirent l'un à l'autre : «Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ?»

 


 

«ce même jour» : en Luc, la résurrection et les apparitions qui la suivent jusqu'à l'Ascension sont condensées en un seul jour. Manière de dire que tout découle du seul événement pascal qui englobe la mort-résurrection de Jésus et son retour dans la gloire. Manière symbolique aussi de montrer que ce jour, «le premier de la semaine» (24,1), le jour après le sabbat, devient «le huitième jour» qui fait entrer dans une temporalité nouvelle parce que toute chose est renouvelée et que, depuis la résurrection du Christ, nous vivons déjà, pour toute une part, dans l'éternité.

 


 

«deux d'entre eux» : proches de Jésus ayant suivi sa prédication, assisté de loin à sa passion, les «disciples» ne font pas partie du groupe des Douze. Luc est l'évangéliste qui leur fait jouer le rôle le plus important ; le seul, par exemple, qui, après le premier envoi des Douze en mission (9,1-6), mentionne un second envoi : celui des 72 disciples (10,1-16). Ce chiffre renvoie symboliquement à l'ensemble des nations de la terre (cf. Genèse 10,2-31) et indique ainsi que le message évangélique est destiné à tous et qu'il appartient à tout chrétien – et pas seulement aux apôtres patentés – de le faire connaître.

 



«Emmaüs» : leur village, situé à une douzaine de kilomètres de Jérusalem et dont l’archéologie propose plusieurs localisations. Ce qui est souligné ici est que leur déception les a conduits à quitter le groupe des disciples et qu’ils rentrent tout bonnement chez eux. Pour eux, tout est vraiment fini !

 



«faisait route…» : belle image de la présence constante (car le verbe est à l’imparfait, temps qui manifeste la continuité de l’action) du Ressuscité à ses amis. Lui qui est «la Route» (Jean 14,6) fait route avec les disciples, même quand ceux-ci ne reconnaissent pas sa présence.

 



«étaient empêchés…» : on reconnaît là ce que nous avons déjà plusieurs fois rencontré : un «passif divin», c’est-à-dire une manière de dire, sans le nommer, qu’il s’agit d’une action de Dieu. En effet l’inintelligence ou l’aveuglement des deux disciples ne sont pas la seule cause de leur méconnaissance de l’identité de ce compagnon qui s’est joint à eux. De même qu’à la Transfiguration, Jésus avait revêtu un «aspect…autre» (9,21), laissant transparaître sa «gloire» (9,32), de même le Ressuscité vit une condition radicalement «autre» dans la gloire divine et ne peut donc être reconnu par des yeux de chair. Tous les bénéficiaires des apparitions témoignent de la même expérience (cf. Jean 20,24 ; 21,4…).

 



«en marchant» : l’image de Jésus instruisant ses disciples en chemin et les interrogeant sur leurs propres discussions est familière à Luc (8,1, par exemple), bien qu’il adoucisse parfois ce que Marc dit plus crûment : «Il leur demandait : ’De quoi discutiez-vous en chemin ?’ Eux se taisaient car en chemin ils avaient discuté entre eux qui était le plus grand» (Marc 9,33-34). La question de Jésus est la même, et la honte des disciples dans le premier cas, leur tristesse ici, ont finalement une origine commune : la méconnaissance de la véritable nature du Messie envoyé par Dieu et des valeurs dont il est porteur.

 



«l’un d’eux» : ce Cléophas n’est guère connu (une seule autre mention en Jean 19,25, et encore s’agit-il de Marie, sa femme…) ; et il ne semble pas avoir joué un rôle de premier plan dans la première communauté chrétienne. Les commentateurs posent des hypothèses diverses sur l’identité du second disciple, resté anonyme. La plus vraisemblable est que Luc a voulu permettre à tout lecteur de s’identifier à lui : chaque croyant, en tout temps, fait de la même manière l’expérience de la présence du Ressuscité qui lui ouvre sa Parole et lui partage son Pain.




«le seul… à ignorer» : le caractère public de la condamnation et de l’exécution de Jésus, à une période de l’année où tous affluaient vers Jérusalem pour fêter la Pâque, est plusieurs fois souligné dans la prédication apostolique telle que la rapportent les Actes. Cf. par exemple, la plaidoirie de Paul devant le roi Agrippa : «Ce n’est pas dans un coin perdu que cela s’est passé…» (Actes 26,26)

 



«ce qui est arrivé…» : le disciple donne, en ces versets, un résumé de la prédication et de la condamnation de Jésus assez précis et comparable à ceux que donneront les apôtres dans les discours rapportés par les Actes (2,27s ; 3,12s…). La continuité de ces discours dans l’œuvre de Luc veut montrer que la prédication apostolique découle directement de la résurrection de Jésus. Mais ici le discours prend un tour doublement ironique : d’abord parce que le disciple informe Jésus de ce qui le concerne au premier chef ; ensuite, parce que son discours pourrait être une catéchèse parfaite : il ne lui manque que la foi !

 


 

«un prophète» : le terme paraît insuffisant pour définir Jésus et pourrait sembler montrer que ces disciples n’ont pas réellement compris le mystère du Christ. Cependant Jésus s’applique aussi ce terme à lui-même (Luc 4,24 ; 13,33) ; et, dans ses premiers discours Pierre s’exprime de façon très semblable (cf. Actes 2,22 : «Jésus le Nazôréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous par les miracles, prodiges et signes qu'il a opérés par lui au milieu de vous…» ; 3,22-23 qui cite Deutéronome 18,15 : «Moïse a dit : Le Seigneur Dieu vous suscitera d'entre vos frères un prophète semblable à moi ; vous l'écouterez en tout ce qu'il vous dira.» ; 10,38…).

 



«nos grands prêtres et nos chefs» : l’expression est ambiguë. D’une part, toute la responsabilité semble être rejetée sur les notables juifs, en occultant le rôle de l’occupant romain. Mais, d’autre part, le possessif «nos grands prêtres…» montre que les deux disciples ne s’en désolidarisent pas, contrairement à Pierre qui, dans ses discours, utilise le «vous» : «vous avez fait mourir…» (Actes 2,25 ; 3,15…). Sans doute ont-ils été ébranlés par le jugement des plus hautes autorités religieuses juives, affirmant que Jésus était un faux prophète.

 



«délivrer Israël» : la déception des disciples est à la hauteur de leur attente : ils avaient cru voir advenir en Jésus le Messie libérateur qu’ils attendaient, celui qui restaurerait la royauté davidique. Cette espérance cependant n’est pas condamnée par Luc : les saints personnages qu’il présente, au début de son évangile, attendent eux aussi la délivrance d’Israël (Zacharie, en 1,68 ; Anne la prophétesse, en 2,38). Et le début des Actes montre que les apôtres partageaient encore cette opinion après la résurrection : «Est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir la royauté en Israël ?» (1,6) ; la réponse de Jésus ne récuse pas le rétablissement de la royauté (d’une manière certes tout autre que ce qu’imaginaient les apôtres), mais «l’heure» proche qu’ils veulent fixer. Ce qui est reproché aux deux disciples sur la route n’est donc pas de n’avoir pas encore compris quel messianisme Jésus incarnait, mais de parler de leur espérance au passé. Ils refusent en somme le passage par l’humilité et l’abaissement de la croix, nécessaire pour entrer dans la gloire du Royaume.

 



«le troisième jour» : c’est peut-être ici l’écho de la croyance populaire qui affirmait que l’âme restait près du corps du défont pendant trois jours avant de s’en aller définitivement (cf. Jean 11,17.38 où Lazare est dit avec insistance mort depuis quatre jours, pour bien attester la réalité de sa mort et la grandeur du miracle de sa résurrection). C’est pourquoi Jésus étant bien mort, les disciples s’en retournent chez eux. – Mais, plus fondamentalement, la durée de trois jours correspond dans l’Écriture à un temps d’épreuve, souvent heureusement conclu par une délivrance (par exemple les trois jours de marche d’Abraham vers le mont Moriyya où il doit sacrifier son fils en Genèse 22,4 ; ou les trois jours passés par Jonas dans les entrailles du poisson, en Jonas 2,1…). En ce sens, la prophétie d’Osée : «Après deux jours, il nous fera revivre, le troisième jour il nous relèvera» (6,2) a pu être appliquée à la résurrection du Christ et explique que les apôtres parlent de la résurrection «le troisième jour selon les Écritures» (1 Corinthiens 15,4 ; cf. aussi Luc 24,46).

 



«stupéfiés» : les deux disciples résument dans ces trois versets 22-24, de façon exacte et très complète, les événements racontés dans la première partie du chapitre 24 : les femmes au tombeau et leur constatation de la disparition du corps, ; la confirmation de la nouvelle par des disciples (conformément à Jean 20,3-10, alors qu’en Luc 24,12, seul Pierre court au tombeau) ; et même l’annonce angélique de la résurrection. Mais ce qui pourrait être une belle profession de foi pascale ne devient en fait qu’une contestation du témoignage des femmes !

 



«sans intelligence» : ce reproche est fréquemment fait par Jésus à ses disciples, encore que Luc habituellement l’atténue. Le langage de Marc est beaucoup plus direct : «Vous ne saisissez pas cette parabole ?..».(4,13) ; «N’avez-vous pas encore de foi ?» (4,40, au moment de la tempête apaisée) ; «Vous ne comprenez pas et vous ne saisissez pas ? Avez-vous l’esprit bouché ?» (8,17-21, à propos des pains) ; «Engeance incrédule… jusqu’à quand vous supporterai-je ?» 9,19). Il ne s’agit pas d’avoir l’esprit plus délié, mais de changer de registre : passer du voir au croire, ici du «ils ne l’ont pas vu» (v. 24) au «croire ce qu’ont annoncé les Prophètes» (v. 25).

 



«Ne fallait-il pas…» : voilà la vraie question qui pointe le manque de foi des disciples : il ne s’agit pas de voir Jésus ressuscité, mais de comprendre le plan divin de salut et d‘y consentir, c’est-à-dire de laisser transformer l’image qu’ils se faisaient du messie. C’est en des termes semblables que Jésus, à trois reprises, a annoncé sa passion et sa résurrection (9,33.44 ; 18,33) ; l’incompréhension des disciples avait alors déjà été soulignée (9,45 ; 18,34 : «Mais eux ne saisirent rien de tout cela ; cette parole leur demeurait cachée et ils ne comprenaient pas ce qu’il disait»).

 



«…entrer dans sa gloire» : par rapport aux trois annonces de la passion (9,33.44 ; 18,33), cette formulation présente deux nouveautés : l’expression «le Fils de l’homme», que Jésus s’applique à lui-même pendant son ministère public, est remplacée par le nom de Christ (ou Messie), sa véritable identité, maintenant révélée ; et il n’est plus dit qu’il «ressuscitera», mais qu’il est «entré dans sa gloire», c’est-à-dire qu’il est en pleine possession de ses prérogatives divines.

 



«Moïse» : l’expression désigne par métonymie les cinq premiers livres de la Bible (en grec, le Pentateuque), dont on considérait traditionnellement que Moïse était l’auteur. Ces cinq livres (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome) sont aussi appelés «la Loi», en hébreu Torah (cf. Luc 24,44).

 



«…leur interpréta» : Jésus donne aux disciples un véritable cours d’exégèse, pour montrer comment toute l’Écriture l’annonce, à la fois de façon figurative (à travers des personnages ou des événements qui le symbolisent) et de façon prophétique (à travers l’application à sa personne de versets des psaumes ou d’oracles des prophètes). C’est ce même type de catéchèse que développent les discours des apôtres dans les Actes (cf. les discours de Pierre en 2,22-36 et 3,17-24, et de Paul en 13,32-41), en se référant de façon privilégiée au psaume 16 (Actes 2,25s ; 13,35) et aux psaumes messianiques, le 2 et le 110 (Actes 2,34 ; 13,33-34) : «Tous les prophètes qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs ont pareillement annoncé ces jours-ci» (Actes 3,34).

 



«…fit semblant» : Jésus a éclairé l’intelligence des disciples en leur faisant comprendre que l’Écriture tout entière parle de lui ; il reste à ouvrir leur cœur pour qu’ils accèdent à la foi. En s’effaçant, il leur laisse l’initiative – n’est-ce pas d’ailleurs ainsi que Dieu agit toujours avec sa création ?

 



«Reste avec nous» : déjà touchés par le discours de cet inconnu qui semble pourtant si familier (cf. v. 32), les disciples l’invitent à demeure avec eux : désir de l’entendre continuer à leur parler ? respect de la loi de l’hospitalité qui ne supporte pas que l’étranger reste dehors ? Toujours est-il que bien souvent, dans le domaine de la foi, les choses se déroulent ainsi : on agit avant d’avoir pleinement compris ; on exerce la charité et celle-ci à son tour éclaire la foi.

 



«comme il était à table» : de façon surprenant l’invité prend soudain la place du maître de maison. Cette expérience de partage d’un repas présidé par Jésus, qu’ils ont déjà vécu bien des fois, après son discours interprétatif, est le second élément permettant sa reconnaissance.

 



«il prit le pain» : le repas qui réunit Jésus et les disciples est décrit par Luc comme une liturgie, à l’aide de la succession des quatre verbes qu’il avait déjà employés pour raconter la multiplication des pains (9,16) et le dernier repas pascal (22,19). La communion fraternelle retrouvée est déjà une communion sacramentelle.

 



«le rompit» : la «fraction du pain» (cf. aussi 24,35) devient, pour Luc, un terme technique servant à désigner l’eucharistie (Actes 2,42 ; 20,7.11). Le repas, tel qu’il le décrit, ressemble à une eucharistie : il ne rappelle pas seulement aux disciples les repas pris avec Jésus, pendant sa vie terrestre, où ils l’ont vu maintes fois accomplir ces mêmes gestes ; il leur rappelle et leur fait comprendre son sacrifice, en même temps qu’il leur donne de réellement communier à sa présence.

 



«leurs yeux s’ouvrirent» : ce verset est l’antithèse du v.16 : alors Jésus était présent et visible, mais «leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître» ; ici, c’est au moment où ils le reconnaissent qu’il n’est plus visible. Ils ont achevé leur passage du voir («lui, ils ne l’ont pas vu» : 24,24) au croire, en même temps que Jésus leur fait expérimenter déjà son nouveau mode de présence auprès des croyants. En ce sens, ce repas de communion, s’il rappelle les repas partagés par Jésus avec ses disciples avant sa résurrection, anticipe surtout les repas des premières communautés chrétiennes où, dans le souvenir du dernier repas de la pâque où un sens nouveau a été donné au pain rompu, devenu «corps donné pour vous» (22,19), les croyants refont les mêmes gestes «en mémoire» de Jésus qui est invisible mais, aux yeux de la foi, présent au milieu d’eux.

 



«les femmes» : le rôle de ces femmes qui accompagnaient Jésus et les disciples «et les assistaient de leurs biens» (8,2-3) est particulièrement souligné par Luc qui est le seul évangéliste à les mentionner aussi explicitement et à préciser leurs noms. Ici elles jouent un rôle nouveau et capital : ce sont elles qui «regardent» (cf. aussi 23,55) et qui, comme elles avaient été témoins des paroles et des actes de Jésus «depuis la Galilée» (23,49.55 et aussi 24,18), deviennent témoins de sa mort et de sa résurrection.

 



«brûlant en nous» : les disciples opèrent une relecture de ce qui leur est arrivé. L’action du Seigneur, qui s’est manifestée par l’ouverture de leur intelligence et de leur cœur, a provoqué en eux une transformation, comparable à une conversion, qu’ils doivent mettre en mots pour qu’elle devienne vraiment pour eux vie nouvelle. C’est ainsi que chacun de nous peut relire l’histoire sainte de sa vie, pour y revenir aux moments d’obscurcissement et en rendre grâce. Un des signes de l’authenticité de l’expérience de foi est alors qu’elle se trouve immédiatement transmise à d’autres (les disciples repartent à Jérusalem annoncer la nouvelle aux apôtres : 24,33). La foi, née de la Parole et du Pain du Ressuscité, est d’emblée missionnaire.