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L'autorité du Fils de l'homme

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Les chapitres 5 et 6 de l'évangile selon saint Luc offrent un dévoilement progressif du mystère de la personne du Christ et, à mesure que se dévoile le visage étonnant de cet homme dont l'autorité dérange, le questionnement, l'inquiétude puis l'exaspération grandissent en face de lui.

 

Ce beau visage du Christ Sauveur du monde, dû au peintre italien Antonello da Messina, nous invite à nous fondre parmi la foule de ceux qui font face à Jésus, essaient de déchiffrer son mystère et, malgré eux peut-être, sont soumis à ce regard d'une puissance étonnante. Le geste de sa main (que le peintre a repris comme l'attestent les traces d'un dessin antérieur) est autant celui de la bénédiction que celui de l'enseignement. Quelque chose de l'«exousia» – pour dire «autorité», le grec dit : «expression de l'être» – se dégage de cette image. Laissons-nous regarder et sonder.

 

Le Sauveur du monde

(Antonello da Messina, vers 1465, National Gallery, Londres)

 

Peintre italien du XVe siècle, Antonello da Messina (1430-1479) a pu avoir pour maître le napolitain Antonio Colantonio. Son style, cependant, échappe à la tendance commune du Quattrocento pour se laisser profondément influencer par la peinture flamande : son voyage en Flandre et sa rencontre avec la peinture de Jan van Eyck n'y auront pas été pour rien. Le «Salvator Mundi» partage avec la «Vierge de l'Annonciation» (1475) et d'autres portraits sur fond sombre, une même fixité dans le regard et une même maîtrise de la perspective ici bien visible dans le geste de la main.

 

 

Voir le fond d'écran de ce 10 février 2010