Lire
Luc 5,17-7,50
[17] Et il advint, un jour qu’il était en train d’enseigner, qu’il y avait, assis, des Pharisiens et des docteurs de la Loi venus de tous les villages de Galilée, de Judée, et de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur lui faisait opérer des guérisons. [18] Et voici des gens portant sur un lit un homme qui était paralysé, et ils cherchaient à l’introduire et à le placer devant lui. [19] Et comme ils ne savaient par où l’introduire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, à travers les tuiles, ils le descendirent avec sa civière, au milieu, devant Jésus. [20] Voyant leur foi, il dit : «Homme, tes péchés te sont remis.» [21] Les scribes et les Pharisiens se mirent à penser : «Qui est-il celui-là, qui profère des blasphèmes ? Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ?» [22] Mais, percevant leurs pensées, Jésus prit la parole et leur dit : «Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? [23] Quel est le plus facile, de dire : Tes péchés te sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche ? [24] Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de remettre les péchés, je te l’ordonne, dit-il au paralysé, lève-toi et, prenant ta civière, va chez toi.» [25] Et, à l’instant même, se levant devant eux, et prenant ce sur quoi il gisait, il s’en alla chez lui en glorifiant Dieu. [26] Tous furent alors saisis de stupeur et ils glorifiaient Dieu. Ils furent remplis de crainte et ils disaient : «Nous avons vu d’étranges choses aujourd’hui !»
[27] Après cela il sortit, remarqua un publicain du nom de Lévi assis au bureau de la douane, et il lui dit : «Suis-moi.» [28] Et, quittant tout et se levant, il le suivait. [29] Lévi lui fit un grand festin dans sa maison, et il y avait une foule nombreuse de publicains et d’autres gens qui se trouvaient à table avec eux. [30] Les Pharisiens et leurs scribes murmuraient et disaient à ses disciples : «Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ?» [31] Et, prenant la parole, Jésus leur dit : «Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les malades ; [32] je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, au repentir.» [33] Mais eux lui dirent : «Les disciples de Jean jeûnent fréquemment et font des prières, ceux des Pharisiens pareillement, et les tiens mangent et boivent !» [34] Jésus leur dit : «Pouvez-vous faire jeûner les compagnons de l’époux pendant que l’époux est avec eux ? [35] Mais viendront des jours... et quand l’époux leur aura été enlevé, alors ils jeûneront en ces jours-là.» [36] Il leur disait encore une parabole : «Personne ne déchire une pièce d’un vêtement neuf pour la rajouter à un vieux vêtement ; autrement, on aura déchiré le neuf, et la pièce prise au neuf jurera avec le vieux. [37] «Personne non plus ne met du vin nouveau dans des outres vieilles ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, et il se répandra et les outres seront perdues. [38] Mais du vin nouveau, il le faut mettre en des outres neuves. [39] Et personne, après avoir bu du vin vieux, n’en veut du nouveau. On dit en effet : C’est le vieux qui est bon.»
[1] Or il advint, un sabbat, qu’il traversait des moissons, et ses disciples arrachaient et mangeaient des épis en les froissant de leurs mains. [2] Mais quelques Pharisiens dirent : «Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ?» [3] Jésus leur répondit : «Vous n’avez donc pas lu ce que fit David, lorsqu’il eut faim, lui et ses compagnons, [4] comment il entra dans la demeure de Dieu, prit les pains d’oblation, en mangea et en donna à ses compagnons, ces pains qu’il n’est permis de manger qu’aux seuls prêtres ?» [5] Et il leur disait : «Le Fils de l’homme est maître du sabbat.»
[6] Or il advint, un autre sabbat, qu’il entra dans la synagogue, et il enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était sèche. [7] Les scribes et les Pharisiens l’épiaient pour voir s’il allait guérir, le sabbat, afin de trouver à l’accuser. [8] Mais lui connaissait leurs pensées. Il dit donc à l’homme qui avait la main sèche : «Lève-toi et tiens-toi debout au milieu.» Il se leva et se tint debout. [9] Puis Jésus leur dit : «Je vous le demande : est-il permis, le sabbat, de faire le bien plutôt que de faire le mal, de sauver une vie plutôt que de la perdre ?» [10] Promenant alors son regard sur eux tous, il lui dit : «Étends ta main.» L’autre le fit, et sa main fut remise en état. [11] Mais eux furent remplis de rage, et ils se concertaient sur ce qu’ils pourraient bien faire à Jésus. [12] Or il advint, en ces jours-là, qu’il s’en alla dans la montagne pour prier, et il passait toute la nuit à prier Dieu. [13] Lorsqu’il fit jour, il appela ses disciples et il en choisit douze, qu’il nomma apôtres : [14] Simon, qu’il nomma Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, [15] Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, [16] Judas fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître.
[17] Descendant alors avec eux, il se tint sur un plateau. Il y avait là une foule nombreuse de ses disciples et une grande multitude de gens qui, de toute la Judée et de Jérusalem et du littoral de Tyr et de Sidon, [18] étaient venus pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux que tourmentaient des esprits impurs étaient guéris, [19] et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous. [20] Et lui, levant les yeux sur ses disciples, disait : «Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. [21] Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés. Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. [22] Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d’exclusion et qu’ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme. [23] Réjouissez-vous ce jour-là et tressaillez d’allégresse, car voici que votre récompense sera grande dans le ciel. C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.» [24] «Mais malheur à vous, les riches ! car vous avez votre consolation. [25] Malheur à vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim. Malheur, vous qui riez maintenant ! car vous connaîtrez le deuil et les larmes. [26] Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C’est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes.» [27] «Mais je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, [28] bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous diffament. [29] À qui te frappe sur une joue, présente encore l’autre ; à qui t’enlève ton manteau, ne refuse pas ta tunique. [30] À quiconque te demande, donne, et à qui t’enlève ton bien ne le réclame pas. [31] Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. [32] Que si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on ? Car même les pécheurs aiment ceux qui les aiment. [33] Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quel gré vous en saura-t-on ? Même les pécheurs en font autant. [34] Et si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on ? Même des pécheurs prêtent à des pécheurs afin de recevoir l’équivalent. [35] Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien attendre en retour. Votre récompense alors sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, Lui, pour les ingrats et les méchants. [36] «Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. [37] Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis. [38] Donnez, et l’on vous donnera ; c’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on versera dans votre sein ; car de la mesure dont vous mesurez on mesurera pour vous en retour.» [39] Il leur dit encore une parabole : «Un aveugle peut-il guider un aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous les deux dans un trou ? [40] Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; tout disciple accompli sera comme son maître. [41] Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’oeil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ! [42] Comment peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, ôte d’abord la poutre de ton œil ; et alors tu verras clair pour ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère. [43] «Il n’y a pas de bon arbre qui produise un fruit gâté, ni inversement d’arbre gâté qui produise un bon fruit. [44] Chaque arbre en effet se reconnaît à son propre fruit ; on ne cueille pas de figues sur des épines, on ne vendange pas non plus de raisin sur des ronces. [45] L’homme bon, du bon trésor de son cœur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais ; car c’est du trop-plein du cœur que parle sa bouche. [46] «Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ? [47] «Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il est comparable. [48] Il est comparable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profond et posé les fondations sur le roc. La crue survenant, le torrent s’est rué sur cette maison, mais il n’a pu l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. [49] Mais celui au contraire qui a écouté et n’a pas mis en pratique est comparable à un homme qui aurait bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est rué sur elle, et aussitôt elle s’est écroulée ; et le désastre survenu à cette maison a été grand !»
[1] Après qu’il eut fini de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. [2] Or un centurion avait, malade et sur le point de mourir, un esclave qui lui était cher. [3] Ayant entendu parler de Jésus, il envoya vers lui quelques-uns des anciens des Juifs, pour le prier de venir sauver son esclave. [4] Arrivés auprès de Jésus, ils le suppliaient instamment : «Il est digne, disaient-ils, que tu lui accordes cela ; [5] il aime en effet notre nation, et c’est lui qui nous a bâti la synagogue.» [6] Jésus faisait route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis pour lui dire : «Seigneur, ne te dérange pas davantage, car je ne mérite pas que tu entres sous mon toit ; [7] aussi bien ne me suis-je pas jugé digne de venir te trouver. Mais dis un mot et que mon enfant soit guéri. [8] Car moi, qui n’ai rang que de subalterne, j’ai sous moi des soldats, et je dis à l’un : Va ! et il va, et à un autre : Viens ! et il vient, et à mon esclave : Fais ceci ! et il le fait.» [9] En entendant ces paroles, Jésus l’admira et, se retournant, il dit à la foule qui le suivait : «Je vous le dis : pas même en Israël je n’ai trouvé une telle foi.» [10] Et, de retour à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en parfaite santé.
[11] Et il advint ensuite qu’il se rendit dans une ville appelée Naïn. Ses disciples et une foule nombreuse faisaient route avec lui. [12] Quand il fut près de la porte de la ville, voilà qu’on portait en terre un mort, un fils unique dont la mère était veuve ; et il y avait avec elle une foule considérable de la ville. [13] En la voyant, le Seigneur eut pitié d’elle et lui dit : «Ne pleure pas.» [14] Puis, s’approchant, il toucha le cercueil, et les porteurs s’arrêtèrent. Et il dit : «Jeune homme, je te le dis, lève-toi.» [15] Et le mort se dressa sur son séant et se mit à parler. Et il le remit à sa mère. [16] Tous furent saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu en disant : «Un grand prophète s’est levé parmi nous et Dieu a visité son peuple.» [17] Et ce propos se répandit à son sujet dans la Judée entière et tout le pays d’alentour.
[18] Les disciples de Jean l’informèrent de tout cela. Appelant à lui deux de ses disciples, Jean [19] les envoya dire au Seigneur : «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?» [20] Arrivés auprès de lui, ces hommes dirent : «Jean le Baptiste nous envoie te dire : Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?» [21] À cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d’infirmités, d’esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d’aveugles. [22] Puis il répondit aux envoyés : «Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; [23] et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi !»
[24] Quand les envoyés de Jean furent partis, il se mit à dire aux foules au sujet de Jean : «Qu’êtes-vous allés contempler au désert ? Un roseau agité par le vent ? [25] Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits délicats ? Mais ceux qui ont des habits magnifiques et vivent dans les délices sont dans les palais royaux. [26] Alors qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. [27] C’est celui dont il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route devant toi. [28] «Je vous le dis : de plus grand que Jean parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui. [29] Tout le peuple qui a écouté, et même les publicains, ont justifié Dieu en se faisant baptiser du baptême de Jean ; [30] mais les Pharisiens et les légistes ont annulé pour eux le dessein de Dieu en ne se faisant pas baptiser par lui. [31] «À qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération ? À qui ressemblent-ils ? [32] Ils ressemblent à ces gamins qui sont assis sur une place et s’interpellent les uns les autres, en disant : Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ! Nous avons entonné un chant funèbre, et vous n’avez pas pleuré ! [33] «Jean le Baptiste est venu en effet, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : Il est possédé ! [34] Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! [35] Et la Sagesse a été justifiée par tous ses enfants.»
[36] Un Pharisien l’invita à manger avec lui ; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table. [37] Et voici une femme, qui dans la ville était une pécheresse. Ayant appris qu’il était à table dans la maison du Pharisien, elle avait apporté un vase de parfum. [38] Et se plaçant par derrière, à ses pieds, tout en pleurs, elle se mit à lui arroser les pieds de ses larmes ; et elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers, les oignait de parfum.
[39] À cette vue, le Pharisien qui l’avait convié se dit en lui-même : «Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse !» [40] Mais, prenant la parole, Jésus lui dit : «Simon, j’ai quelque chose à te dire» - «Parle, maître», répond-il. - [41] «Un créancier avait deux débiteurs ; l’un devait 500 deniers, l’autre 50. [42] Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Lequel des deux l’en aimera le plus ?» [43] Simon répondit : «Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus.» Il lui dit : «Tu as bien jugé.» [44] Et, se tournant vers la femme : «Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. [45] Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers. [46] Tu n’as pas répandu d’huile sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds. [47] À cause de cela, je te le dis, ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont remis parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Mais celui à qui on remet peu montre peu d’amour.» [48] Puis il dit à la femme : «Tes péchés sont remis.» [49] Et ceux qui étaient à table avec lui se mirent à dire en eux-mêmes : «Qui est-il celui-là qui va jusqu’à remettre les péchés ?» [50] Mais il dit à la femme : «Ta foi t’a sauvée ; va en paix.»

