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La théophanie du Fils

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Mosaïque de l’église Saint-Apollinaire-in-Classe à Ravenne, VIe siècle


La basilique Saint-Apollinaire-in-Classe, à Ravenne, fut construite sous l’archiépiscopat d’Ursicinus (532-536) et consacrée par l’archevêque Maximien en 549. Située à Classis (en italien : Classe), ancien port antique de Ravenne aujourd’hui ensablé, elle est consacrée à saint Apollinaire, premier évêque de la communauté chrétienne de Ravenne. Fait rare pour l’époque, son abside est tout entière recouverte d’une mosaïque évoquant l’épisode de la Transfiguration.


Tout est fait pour amener le regard au centre : centre de l’abside, centre du cercle bleu, centre de la croix qu’il contient : c’est le visage du Christ, pourtant petit et peu expressif, vers lequel converge toute la mosaïque de cette abside du VIe siècle, particulièrement majestueuse. Au dessus du cercle, une main, celle du Père – selon la représentation byzantine traditionnelle –, renforce encore l’effet de convergence. Il faut enfin y ajouter les deux doigts pointés vers le visage de Jésus : celui de Moïse et celui d’Élie, dont les bustes émergent des nuages à gauche et à droite du grand médaillon central.

Le contexte est donc bien celui d’une théophanie – les cieux sont ouverts et 99 étoiles dorées entourent l’apparition en gloire du Fils de l’homme – mais aussi celui d’une scène paradisiaque : tout le bas de l’abside est envahi par une végétation luxuriante évoquant le jardin primitif. Au milieu des arbres, trois agneaux, un à gauche et deux à droite, représentent les trois apôtres, Pierre, Jacques et Jean, brebis fidèles du bon Berger, prêts, comme lui, à donner leur vie pour le reste du troupeau. Leur familiarité avec le Fils de l’homme leur permet, contrairement à ce que dit l’évangile (!), de regarder la scène bien en face, sans rien éprouver de la torpeur mêlée de crainte qui terrassaient les apôtres au mont Thabor.

 

 

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