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Le Fils et le bon Samaritain

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Le vitrail du Bon Samaritain, cathédrale de Chartres, XIIIe siècle

 

Notre-Dame de Chartres est la cathédrale qui conserve le plus grand nombre de vitraux anciens (2600 m2 de verrières du Moyen Age). La verrière du Bon Samaritain date de premier tiers du XIIIe siècle. Elle fait partie des verrières offertes par des groupes de métiers : ici il s’agit des cordonniers et savetiers.

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La verrière dite «du Bon Samaritain» met en lien deux épisodes bibliques très distincts : juste au-dessus de la représentation de la parabole (Luc 10) se trouve le récit de la chute d’Adam et Ève (Genèse 3). Les Pères ont vu dans ce rapprochement un sens théologique très profond : «L’homme qui descendait est Adam. Jérusalem est le paradis et Jéricho est le monde. Les brigands sont des pouvoirs hostiles. Le sacrificateur représente la loi, le Lévite, les prophètes et le Samaritain, le Christ. Les blessures sont la désobéissance, la monture est le corps du Seigneur, l’auberge qui accepte tous ceux qui désirent y entrer, représente l’Église… L’hôte de l’auberge est le chef de l’Église, à qui le soin du blessé a été confié. Et le fait que le Samaritain promet de revenir représente la seconde venue du Sauveur» (Origène, Homélie sur Luc 34,3).


 

 

? Le récit de la chute
? La parabole du bon Samaritain
? Les donateurs

 

 

1. Jésus converse avec deux hommes dont le docteur de la Loi (reconnaissable à son bonnet typique). Il lève la main, signe qu’il va donner un enseignement. Il porte déjà l’auréole crucifère.
2. Un homme, bâton à la main, quitte la ville par une porte rouge. Les Pères de l’Église ont vu dans cet homme Adam qui quitte le paradis pour aller dans le monde représenté par Jéricho, la ville de tous les vices. La descente symbolise le parcours de l’homme pécheur.
3. Deux brigands sont en embuscade derrière un arbre. L’un est déjà en train de dégainer son épée pour attaquer le voyageur.
4. Les brigands, maintenant au nombre de trois, dépouillent et frappent le voyageur. Celui-ci prend la position typique de la victime, tel l’agneau mené à l’abattoir auquel Jésus s’offrant librement sera comparé. Renvoi d’autant plus évident que l’arbre situé juste derrière la scène a la forme d’une croix.
5. L’homme gît non pas au bord du chemin mais en plein centre, ce qui rend d’autant plus inexcusable l’attitude des deux voyageurs qui passent sans s’arrêter, au nom même de la Loi qui leur interdit de se rendre impur au contact d’un homme qui pourrait bien n’être plus qu’un cadavre.
6. Le Samaritain s’arrête pour soigner le blessé. Les Pères ont vu en lui la figure de Jésus qui, descendant lui aussi de la Jérusalem glorieuse jusqu’à la Jéricho de notre condition de faiblesse, va jusqu’au bout du chemin pour en ramener l’homme blessé et le guérir définitivement de la blessure du péché.
7. Le Samaritain, dont le visage ressemble à celui du Christ que l’on voit habituellement sur les vitraux de cette époque, prend l’homme blessé (qu’il a rhabillé en le revêtant, peut-être de sa propre tunique ?) sur sa monture et l’emmène à l’auberge. Il tient déjà à la main les deux pièces de monnaie avec lesquelles il entend payer l’aubergiste.
8. L’hôtelier accueille les voyageurs en ouvrant grand sa porte, signifiant par là l’ouverture de l’Église à tout pécheur ramené par le Christ. Les 4 chevaux bien alignés (sous le bras de l’aubergiste) représentent sans doute l’évangile quadriforme que l’Église doit répandre pour guérir l’humanité blessée.
9. Jésus (le bon Samaritain) se penche sur l’homme (l’humanité) blessée. (Cette saynète n’est pas sur l’image dont nous disposons.)

 

 

Voir le fond d'écran de ce 10 avril 2010