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Luc 13,22-17,10

[22] Et il cheminait par villes et villages, enseignant et faisant route vers Jérusalem. [23] Quelqu’un lui dit : «Seigneur, est-ce le petit nombre qui sera sauvé ?» Il leur dit : [24] «Luttez pour entrer par la porte étroite, car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas. [25] «Dès que le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte, et que, restés dehors, vous vous serez mis à frapper à la porte en disant : ‘Seigneur, ouvre-nous’, il vous répondra : ‘Je ne sais d’où vous êtes’. [26] Alors vous vous mettrez à dire : ‘Nous avons mangé et bu devant toi, tu as enseigné sur nos places’. [27] Mais il vous répondra : ‘Je ne sais d’où vous êtes ; éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice’. [28] «Là seront les pleurs et les grincements de dents, lorsque vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le Royaume de Dieu, et vous, jetés dehors. [29] Et l’on viendra du levant et du couchant, du nord et du midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu. [30] «Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et il y a des premiers qui seront derniers.»

[31] À cette heure même, s’approchèrent quelques Pharisiens, qui lui dirent : «Pars et va-t-en d’ici ; car Hérode veut te tuer.» [32] Il leur dit : «Allez dire à ce renard : Voici que je chasse des démons et accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé ! [33] Mais aujourd’hui, demain et le jour suivant, je dois poursuivre ma route, car il ne convient pas qu’un prophète périsse hors de Jérusalem. [34] «Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants à la manière dont une poule rassemble sa couvée sous ses ailes... et vous n’avez pas voulu ! [35] Voici que votre maison va vous être laissée. Oui, je vous le dis, vous ne me verrez plus, jusqu’à ce qu’arrive le jour où vous direz : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !»

 

[1] Et il advint, comme il était venu un sabbat chez l’un des chefs des Pharisiens pour prendre un repas, qu’eux étaient à l’observer. [2] Et voici qu’un hydropique se trouvait devant lui. [3] Prenant la parole, Jésus dit aux légistes et aux Pharisiens : «Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non ?» [4] Et eux se tinrent cois. Prenant alors le malade, il le guérit et le renvoya. [5] Puis il leur dit : «Lequel d’entre vous, si son fils ou son boeuf vient à tomber dans un puits, ne l’en tirera aussitôt, le jour du sabbat ?» [6] Et ils ne purent rien répondre à cela.

[7] Il disait ensuite une parabole à l’adresse des invités, remarquant comment ils choisissaient les premiers divans ; il leur disait : [8] «Lorsque quelqu’un t’invite à un repas de noces, ne va pas t’étendre sur le premier divan, de peur qu’un plus digne que toi n’ait été invité par ton hôte, [9] et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire : ‘Cède-lui la place’. Et alors tu devrais, plein de confusion, aller occuper la dernière place. [10] Au contraire, lorsque tu es invité, va te mettre à la dernière place, de façon qu’à son arrivée celui qui t’a invité te dise : ‘Mon ami, monte plus haut’. Alors il y aura pour toi de l’honneur devant tous les autres convives. [11] Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.»

[12] Puis il disait à celui qui l’avait invité : «Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins, de peur qu’eux aussi ne t’invitent à leur tour et qu’on ne te rende la pareille. [13] Mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; [14] heureux seras-tu alors de ce qu’ils n’ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes.»
[15] À ces mots, l’un des convives lui dit : «Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu !» [16] Il lui dit : «Un homme faisait un grand dîner, auquel il invite beaucoup de monde. [17] À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : ‘Venez ; maintenant tout est prêt’. [18] Et tous, comme de concert, se mirent à s’excuser. Le premier lui dit : ‘J’ai acheté un champ et il me faut aller le voir ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé’. [19] Un autre dit : ‘J’ai acheté cinq paires de boeufs et je pars les essayer ; je t’en prie, tiens-moi pour excusé’. [20] Un autre dit : ‘Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne puis venir’. [21] À son retour, le serviteur rapporta cela à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : ‘Va-t-en vite par les places et les rues de la ville, et introduis ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux’. - [22] ‘Maître, dit le serviteur, tes ordres sont exécutés, et il y a encore de la place.’ [23] Et le maître dit au serviteur : ‘Va-t-en par les chemins et le long des clôtures, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison se remplisse. [24] Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner’.»

[25] Des foules nombreuses faisaient route avec lui, et, se retournant il leur dit : [26] «Si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. [27] Quiconque ne porte pas sa croix et ne vient pas derrière moi ne peut être mon disciple. [28] «Qui de vous en effet, s’il veut bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? [29] De peur que, s’il pose les fondations et ne peut achever, tous ceux qui le verront ne se mettent à se moquer de lui, en disant : [30] ‘Voilà un homme qui a commencé de bâtir et il n’a pu achever !’ [31] Ou encore quel est le roi qui, partant faire la guerre à un autre roi, ne commencera par s’asseoir pour examiner s’il est capable, avec 10.000 hommes, de se porter à la rencontre de celui qui marche contre lui avec 20.000 ? [32] Sinon, alors que l’autre est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. [33] Ainsi donc, quiconque parmi vous ne renonce pas à tous ses biens ne peut être mon disciple.

[34] «C’est donc une bonne chose que le sel. Mais si même le sel vient à s’affadir, avec quoi l’assaisonnera-t-on ? [35] Il n’est bon ni pour la terre ni pour le fumier : on le jette dehors. Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende !»

 

[1] Cependant tous les publicains et les pécheurs s’approchaient de lui pour l’entendre. [2] Et les Pharisiens et les scribes de murmurer : «Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux !» [3] Il leur dit alors cette parabole :

[4] «Lequel d’entre vous, s’il a cent brebis et vient à en perdre une, n’abandonne les 89 autres dans le désert pour s’en aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée ? [5] Et, quand il l’a retrouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules [6] et, de retour chez lui, il assemble amis et voisins et leur dit : ‘Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue !’ [7] C’est ainsi, je vous le dis, qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes, qui n’ont pas besoin de repentir.

[8] «Ou bien, quelle est la femme qui, si elle a dix drachmes et vient à en perdre une, n’allume une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin, jusqu’à ce qu’elle l’ait retrouvée ? [9] Et, quand elle l’a retrouvée, elle assemble amies et voisines et leur dit : ‘Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, la drachme que j’avais perdue !’ [10] C’est ainsi, je vous le dis, qu’il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.»
[11] Il dit encore : «Un homme avait deux fils. [12] Le plus jeune dit à son père : ‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient’. Et le père leur partagea son bien. [13] Peu de jours après, rassemblant tout son avoir, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l’inconduite. [14] «Quand il eut tout dépensé, une famine sévère survint en cette contrée et il commença à sentir la privation. [15] Il alla se mettre au service d’un des habitants de cette contrée, qui l’envoya dans ses champs garder les cochons. [16] Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, et personne ne lui en donnait. [17] Rentrant alors en lui-même, il se dit : ‘Combien de mercenaires de mon père ont du pain en surabondance, et moi je suis ici à périr de faim ! [18] Je veux partir, aller vers mon père et lui dire : Père, j’ai péché contre le Ciel et envers toi ; [19] je ne mérite plus d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires.’ [20] Il partit donc et s’en alla vers son père. «Tandis qu’il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa tendrement. [21] Le fils alors lui dit : ‘Père, j’ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils’. [22] Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Vite, apportez la plus belle robe et l’en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. [23] Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, [24] car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé !’ Et ils se mirent à festoyer.
[25] «Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il fut près de la maison, il entendit de la musique et des danses. [26] Appelant un des serviteurs, il s’enquérait de ce que cela pouvait bien être. [27] Celui-ci lui dit : ‘C’est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il l’a recouvré en bonne santé’. [28] Il se mit alors en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit l’en prier. [29] Mais il répondit à son père : ‘Voilà tant d’années que je te sers, sans avoir jamais transgressé un seul de tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau, à moi, pour festoyer avec mes amis ; [30] et puis ton fils que voici revient-il, après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu fais tuer pour lui le veau gras !’ [31] «Mais le père lui dit : ‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. [32] Mais il fallait bien festoyer et se réjouir, puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé !’»

 

[1] Il disait encore à ses disciples : «Il était un homme riche qui avait un intendant, et celui-ci lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. [2] Il le fit appeler et lui dit : ‘Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ta gestion, car tu ne peux plus gérer mes biens désormais.’ [3] L’intendant se dit en lui-même : ‘Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Piocher ? Je n’en ai pas la force ; mendier ? J’aurai honte... [4] Ah ! je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois relevé de ma gérance, il y en ait qui m’accueillent chez eux.’ [5] Et, faisant venir un à un les débiteurs de son maître, il dit au premier : ‘Combien dois-tu à mon maître ?’ - [6] ‘Cent barils d’huile’, lui dit-il. Il lui dit : ‘Prends ton billet, assieds-toi et écris vite cinquante’. [7] Puis il dit à un autre : ‘Et toi, combien dois-tu ?’ – ‘Cent mesures de blé’, dit-il. Il lui dit : ‘Prends ton billet, et écris quatre-vingt’. [8] Et le maître loua cet intendant malhonnête d’avoir agi de façon avisée. Car les fils de ce monde-ci sont plus avisés envers leurs propres congénères que les fils de la lumière.
[9] Eh bien ! moi je vous dis : faites-vous des amis avec le malhonnête Argent, afin qu’au jour où il viendra à manquer, ceux-ci vous accueillent dans les tentes éternelles. [10] Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup, et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup. [11] Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent, qui vous confiera le vrai bien ? [12] Et si vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le bien étranger, qui vous donnera le vôtre ? [13] Nul serviteur ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent.»
[14] Les Pharisiens, qui sont amis de l’argent, entendaient tout cela et ils se moquaient de lui. [15] Il leur dit : «Vous êtes, vous, ceux qui se donnent pour justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé pour les hommes est objet de dégoût devant Dieu.

[16] «Jusqu’à Jean ce furent la Loi et les Prophètes ; depuis lors le Royaume de Dieu est annoncé, et tous s’efforcent d’y entrer par violence. [17] «Il est plus facile que le ciel et la terre passent que ne tombe un seul menu trait de la Loi. [18] «Tout homme qui répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et celui qui épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère.

[19] «Il y avait un homme riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour brillante chère. [20] Et un pauvre, nommé Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d’ulcères. [21] Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche... Bien plus, les chiens eux-mêmes venaient lécher ses ulcères. [22] Or il advint que le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche aussi mourut, et on l’ensevelit. [23] Dans l’Hadès, en proie à des tortures, il lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein. [24] Alors il s’écria : ‘Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme.’ [25] Mais Abraham dit : ‘Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux ; maintenant ici il est consolé, et toi, tu es tourmenté. [26] Ce n’est pas tout : entre nous et vous un grand abîme a été fixé, afin que ceux qui voudraient passer d’ici chez vous ne le puissent, et qu’on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous.’ [27] Il dit alors : ‘Je te prie donc, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père, [28] car j’ai cinq frères ; qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’ils ne viennent, eux aussi, dans ce lieu de la torture.’ [29] Et Abraham de dire : ‘Ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent’. - [30] ‘Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront.’ [31] Mais il lui dit : ‘Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus.’»

 

[1] Puis il dit à ses disciples : «Il est impossible que les scandales n’arrivent pas, mais malheur à celui par qui ils arrivent ! [2] Mieux vaudrait pour lui se voir passer autour du cou une pierre à moudre et être jeté à la mer que de scandaliser un seul de ces petits. [3] Prenez garde à vous !
«Si ton frère vient à pécher, réprimande-le et, s’il se repent, remets-lui. [4] Et si sept fois le jour il pèche contre toi et que sept fois il revienne à toi, en disant : Je me repens, tu lui remettras.»
[5] Les apôtres dirent au Seigneur : «Augmente en nous la foi.» [6] Le Seigneur dit : «Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous auriez dit au mûrier que voilà : Déracine-toi et va te planter dans la mer, et il vous aurait obéi.

[7] «Qui d’entre vous, s’il a un serviteur qui laboure ou garde les bêtes, lui dira à son retour des champs : ‘Vite, viens te mettre à table’ ? [8] Ne lui dira-t-il pas au contraire : ‘Prépare-moi de quoi dîner, ceins-toi pour me servir, jusqu’à ce que j’aie mangé et bu ; après quoi, tu mangeras et boiras à ton tour’ ? [9] Sait-il gré à ce serviteur d’avoir fait ce qui lui a été prescrit ? [10] Ainsi de vous ; lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites : ‘Nous sommes des serviteurs inutiles ; nous avons fait ce que nous devions faire’.»

 


 

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