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Les deux bras de la prière

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L’Orante (Sarcophage de Marcia Romana Celsa - IVe siècle)

Musée de l’Arles antique

Exhumé des faubourgs de Trinquetaille, en bordure d’Arles en Provence, lors de travaux menés en 1974, le sarcophage de Marcia Romana Celsa, jeune femme de la haute société romaine décédée à l’âge de 38 ans vers le milieu du IVe siècle, met en scène de nombreux récits bibliques sur sa paroi frontale, au centre de laquelle trône la défunte, représentée en orante : les bras étendus en signe de prière. Elle sera pour nous, ce mois-ci, la figure qui nous aidera à méditer sur la parabole de la veuve importune.

Au centre de la paroi du sarcophage, l’orante, mains levées au ciel, est entourée de plusieurs épisodes néotestamentaires principalement reliés à la figure de saint Pierre : à gauche, l’annonce du reniement, l’arrestation de Pierre et, enfin, une scène étonnante qui mêle au récit du baptême du centurion Corneille au Livre des Actes, celui de Moïse frappant le rocher pour en faire jaillir l’eau. Du côté droit, ce sont trois miracles du Christ : la multiplication des pains, la guérison de l’aveugle et la résurrection de Lazare.

L’attitude de l’orant(e), debout, les bras levés, est la manière dont les plus anciennes représentations chrétiennes montrent ceux qui prient. Les icônes ont gardé cette tradition pour représenter la Vierge en prière. La Vierge que nous présentons ci-contre – Grande Panaghia de Yaroslavl, XIIe s. – est une Vierge dite «du signe» car elle porte l’enfant dans son ventre et, déjà, elle le présente au monde. L’enfant imite déjà sa mère en adoptant lui aussi la position de l’orant.

 

 

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