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Joie et tristesse

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L’entrée de Jésus à Jérusalem

Icône traditionnelle écrite par une sœur des Fraternités de Jérusalem

Bien que de facture moderne, l’icône obéit à des canons préétablis dont le but est non pas de brider la créativité mais de préserver la signification théologique de l’œuvre. Avant d’être une œuvre d’art, – ce qu’elle est souvent aussi ! – une icône est une parole sur le mystère de Dieu, parole qu’il faut savoir lire et interpréter en fonction des critères propres à la tradition dont elle provient. Tout a un sens dans une icône : la taille et la position des personnages, la couleur de leurs vêtements, le style de l’arrière-plan, l’orientation des visages... C’est pourquoi il ne faut pas craindre de prendre du temps pour en déchiffrer pleinement le message.

Le cadre
Selon des proportions des 2/3 1/3, l’icône est approximativement coupée en deux. D’un côté la montagne – sans doute le mont des Oliviers, dont on remarque la perspective inversée qui accentue encore l’effet d’opposition des deux espaces –, de l’autre une ville ceinte de murailles et aux toits colorés, Jérusalem, au milieu de laquelle pointe le dôme du Saint-Sépulcre. Cet anachronisme ne doit pas nous choquer, l’icône portant avant tout un message théologique et symbolique : c’est bien pour mourir que Jésus se dirige vers Jérusalem. Entre ces deux espaces – comme pour préfigurer celui sur lequel Jésus sera élevé, l’arbre de la croix –, un arbre se dresse, aux branches duquel sont agrippés quelques enfants. Ils rappellent Zachée, monté dans son arbre pour apercevoir Jésus, et ressemblent à leurs compagnons du bas de l’icône.

Les personnages
On retrouve la même opposition entre deux groupes : à gauche, le groupe des disciples qui suivent Jésus d’un air décidé, tendant la main en direction de la ville. Jésus les regarde ostensiblement, tourné vers l’arrière et non vers la ville ou encore vers cet autre groupe venu l’accueillir, palmes à la main. Les deux groupes se font face, comme pour signifier l’affrontement inévitable qui découlera de la rencontre. Seuls les enfants, dont le vêtement blanc rappelle l’innocence et préfigure la victoire de celui qui s’avance pourtant vers sa mort, échappent à la tension qui marque la scène. Joie et tristesse y sont inextricablement mêlées : au milieu des chants et des danses, Jésus s’avance vers sa Passion en tenant d’une main le rouleau des Écritures et en bénissant de l’autre.

 

 

Voir le fond d'écran de ce 10 septembre 2010