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Luc 19,28-21,37

[28] Ayant dit cela, il partait en tête, montant à Jérusalem. [29] Et il advint qu’en approchant de Bethphagé et de Béthanie, près du mont dit des Oliviers, il envoya deux des disciples, en disant : [30] «Allez au village qui est en face et, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a jamais monté ; détachez-le et amenez-le. [31] Et si quelqu’un vous demande : Pourquoi le détachez-vous ? Vous direz ceci : C’est que le Seigneur en a besoin.» [32] Étant donc partis, les envoyés trouvèrent les choses comme il leur avait dit. [33] Et tandis qu’ils détachaient l’ânon, ses maîtres leur dirent : «Pourquoi détachez-vous cet ânon ?» [34] Ils dirent : «C’est que le Seigneur en a besoin.»
[35] Ils l’amenèrent donc à Jésus et, jetant leurs manteaux sur l’ânon, ils firent monter Jésus. [36] Et, tandis qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin. [37] Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers quand, dans sa joie, toute la multitude des disciples se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. [38] Ils disaient :
«Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur !
Paix dans le ciel
et gloire au plus haut des cieux !»

[39] Quelques Pharisiens de la foule lui dirent : «Maître, réprimande tes disciples.» [40] Mais il répondit : «Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront.»

[41] Quand il fut proche, à la vue de la ville, il pleura sur elle, [42] en disant : «Ah ! si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais non, il est demeuré caché à tes yeux. [43] Oui, des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’environneront de retranchements, t’investiront, te presseront de toute part. [44] Ils t’écraseront sur le sol, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le temps où tu fus visitée !»

[45] Puis, entré dans le Temple, il se mit à chasser les vendeurs, [46] en leur disant : «Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands !»

[47] Il était journellement à enseigner dans le Temple, et les grands prêtres et les scribes cherchaient à le faire périr, les notables du peuple aussi. [48] Mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire, car tout le peuple l’écoutait, suspendu à ses lèvres.

[1] Et il advint, un jour qu’il enseignait le peuple dans le Temple, et annonçait la Bonne Nouvelle, que les grands prêtres et les scribes survinrent avec les anciens, [2] et lui parlèrent en ces termes : «Dis-nous par quelle autorité tu fais cela, ou quel est celui qui t’a donné cette autorité ?» [3] Il leur répondit : «Moi aussi, je vais vous poser une question. Dites-moi donc : [4] le baptême de Jean était-il du Ciel ou des hommes ?» [5] Mais ils firent par-devers eux ce calcul : «Si nous disons : Du Ciel, il dira : Pourquoi n’avez-vous pas cru en lui ? [6] Et si nous disons : Des hommes, tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean est un prophète.» [7] Et ils répondirent ne pas savoir d’où il était. [8] Et Jésus leur dit : «Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais cela.»
[9] Il se mit alors à dire au peuple la parabole que voici : «Un homme planta une vigne, puis il la loua à des vignerons et partit en voyage pour un temps assez long.
[10] «Le moment venu, il envoya un serviteur aux vignerons pour qu’ils lui donnent une part du fruit de la vigne ; mais les vignerons le renvoyèrent les mains vides, après l’avoir battu. [11] Il recommença, envoyant un autre serviteur ; et celui-là aussi, ils le battirent, le couvrirent d’outrages et le renvoyèrent les mains vides. [12] Il recommença, envoyant un troisième ; et celui-là aussi, ils le blessèrent et le jetèrent dehors. [13] Le maître de la vigne se dit alors : ‘Que faire ? Je vais envoyer mon fils bien-aimé ; peut-être respecteront-ils celui-là.’ [14] Mais, à sa vue, les vignerons faisaient entre eux ce raisonnement : ‘Celui-ci est l’héritier ; tuons-le, pour que l’héritage soit à nous.’ [15] Et, le jetant hors de la vigne, ils le tuèrent.
«Que leur fera donc le maître de la vigne ? [16] Il viendra, fera périr ces vignerons et donnera la vigne à d’autres.» À ces mots, ils dirent : «À Dieu ne plaise !» [17] Mais, fixant sur eux son regard, il dit : «Que signifie donc ceci qui est écrit :
La pierre qu’avaient rejetée les bâtisseurs,
c’est elle qui est devenue pierre de faîte ?
[18] Quiconque tombera sur cette pierre s’y fracassera, et celui sur qui elle tombera, elle l’écrasera.»
[19] Les scribes et les grands prêtres cherchèrent à porter les mains sur lui à cette heure même, mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, que c’était pour eux qu’il avait dit cette parabole.

[20] Ils se mirent alors aux aguets et lui envoyèrent des espions, qui jouèrent les justes pour le prendre en défaut sur quelque parole, de manière à le livrer à l’autorité et au pouvoir du gouverneur.
[21] Ils l’interrogèrent donc en disant : «Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture et que tu ne tiens pas compte des personnes, mais que tu enseignes en toute vérité la voie de Dieu. [22] Nous est-il permis ou non de payer le tribut à César ?» [23] Mais, pénétrant leur astuce, il leur dit : [24] «Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ?» Ils dirent : «De César.» [25] Alors il leur dit : «Eh bien ! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.»
[26] Et ils ne purent le prendre en défaut sur quelque propos devant le peuple et, tout étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence.

[27] S’approchant alors, quelques Sadducéens - ceux qui nient qu’il y ait une résurrection - l’interrogèrent [28] en disant : «Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu’un a un frère marié qui meurt sans avoir d’enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère. [29] Il y avait donc sept frères. Le premier, ayant pris femme, mourut sans enfant. [30] Le second aussi, [31] puis le troisième prirent la femme. Et les sept moururent de même, sans laisser d’enfant après eux. [32] Finalement, la femme aussi mourut. [33] Eh bien ! cette femme, à la résurrection, duquel d’entre eux va-t-elle devenir la femme ? Car les sept l’auront eue pour femme.»
[34] Et Jésus leur dit : «Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari ; [35] mais ceux qui auront été jugés dignes d’avoir part à ce monde-là et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari ; [36] aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. [37] Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l’a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. [38] Or il n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui.»
[39] Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : «Maître, tu as bien parlé.» [40] Car ils n’osaient plus l’interroger sur rien.
[41] Il leur dit : «Comment peut-on dire que le Christ est fils de David ? [42] C’est David lui-même en effet qui dit, au livre des Psaumes :
‘Le Seigneur a dit à mon Seigneur :
Siège à ma droite,
[43] jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis un escabeau pour tes pieds.’
[44] David donc l’appelle Seigneur ; comment alors est-il son fils ?»

[45] Comme tout le peuple écoutait, il dit aux disciples : [46] «Méfiez-vous des scribes qui se plaisent à circuler en longues robes, qui aiment les salutations sur les places publiques, et les premiers sièges dans les synagogues et les premiers divans dans les festins, [47] qui dévorent les biens des veuves, et affectent de faire de longues prières. Ils subiront, ceux-là, une condamnation plus sévère !»

[1] Levant les yeux, il vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor. [2] Il vit aussi une veuve indigente qui y mettait deux piécettes, [3] et il dit : «Vraiment, je vous le dis, cette veuve qui est pauvre a mis plus qu’eux tous. [4] Car tous ceux-là ont mis de leur superflu dans les offrandes, mais elle, de son dénuement, a mis tout ce qu’elle avait pour vivre.»

[5] Comme certains disaient du Temple qu’il était orné de belles pierres et d’offrandes votives, il dit : [6] «De ce que vous contemplez, viendront des jours où il ne restera pas pierre sur pierre qui ne soit jetée bas.» [7] Ils l’interrogèrent alors en disant : «Maître, quand donc cela aura-t-il lieu, et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ?»

[8] Il dit : «Prenez garde de vous laisser abuser, car il en viendra beaucoup sous mon nom, qui diront : C’est moi ! et Le temps est tout proche. N’allez pas à leur suite. [9] Lorsque vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne vous effrayez pas ; car il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas de sitôt la fin.» [10] Alors il leur disait : «On se dressera nation contre nation et royaume contre royaume. [11] Il y aura de grands tremblements de terre et, par endroits, des pestes et des famines ; il y aura aussi des phénomènes terribles et, venant du ciel, de grands signes.

[12] «Mais, avant tout cela, on portera les mains sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon Nom, [13] et cela aboutira pour vous au témoignage. [14] Mettez-vous donc bien dans l’esprit que vous n’avez pas à préparer d’avance votre défense : [15] car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire. [16] Vous serez livrés même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis ; on fera mourir plusieurs d’entre vous, [17] et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. [18] Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra. [19] C’est par votre constance que vous sauverez vos vies !

[20] «Mais lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, alors comprenez que sa dévastation est toute proche. [21] Alors, que ceux qui seront en Judée s’enfuient dans les montagnes, que ceux qui seront à l’intérieur de la ville s’en éloignent, et que ceux qui seront dans les campagnes n’y entrent pas ; [22] car ce seront des jours de vengeance, où devra s’accomplir tout ce qui a été écrit. [23] Malheur à celles qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là !
«Car il y aura grande détresse sur la terre et colère contre ce peuple. [24] Ils tomberont sous le tranchant du glaive et ils seront emmenés captifs dans toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens jusqu’à ce que soient accomplis les temps des païens.

[25] «Et il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, inquiètes du fracas de la mer et des flots ; [26] des hommes défailliront de frayeur, dans l’attente de ce qui menace le monde habité, car les puissances des cieux seront ébranlées. [27] Et alors on verra le Fils de l’homme venant dans une nuée avec puissance et grande gloire. [28] Quand cela commencera d’arriver, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche.»

[29] Et il leur dit une parabole : «Voyez le figuier et les autres arbres. [30] Dès qu’ils bourgeonnent, vous comprenez de vous-mêmes, en les regardant, que désormais l’été est proche. [31] Ainsi vous, lorsque vous verrez cela arriver, comprenez que le Royaume de Dieu est proche. [32] En vérité, je vous le dis, cette génération ne passera pas que tout ne soit arrivé. [33] Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

[34] «Tenez-vous sur vos gardes, de peur que vos cœurs ne s’appesantissent dans la débauche, l’ivrognerie, les soucis de la vie, et que ce Jour-là ne fonde soudain sur vous [35] comme un filet ; car il s’abattra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. [36] Veillez donc et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme.»

[37] Pendant le jour, il était dans le Temple à enseigner ; mais la nuit, il s’en allait la passer en plein air sur le mont dit des Oliviers. [38] Et, dès l’aurore, tout le peuple venait à lui dans le Temple pour l’écouter.

 


 

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