Pourquoi l'Aubrac ?

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Pourquoi les Fraternités de Jérusalem viennent-elles en Aubrac ?

Le fondateur des Fraternités Monastiques de Jérusalem, le P. Pierre-Marie Delfieux, étant originaire de l'Aveyron (de Campuac), c'est tout naturellement que, cherchant un lieu de désert pour les moines et moniales durant le mois d'août, il a pensé à ces beaux plateaux de l'Aubrac, désert protégé au cœur du Rouergue et jalonné de burons malheureusement abîmés par le temps. L'idée prit alors une double ampleur : on pourrait contribuer à la restauration de ce patrimoine régional (en coordonnant les travaux, en accord avec leurs propriétaires, et en y participant dans la mesure de nos possibilités) et, en échange, les frères et les sœurs pourraient profiter du grand air de l'Aubrac en vivant trois semaines par an dans les burons. Massivement, les propriétaires, contactés par les frères et sœurs, ont accepté de répondre favorablement à cette proposition.

 

Au bout de quelques années, plusieurs burons ont été restaurés. Les Fraternités Monastiques ont obtenu le second Prix du Patrimoine du département de l'Aveyron, dans la catégorie «Restauration». Il reste maintenant, en plus des travaux d’entretien permanents rendus nécessaires par le climat, quelques aménagements de confort (isolement, entretien des boiseries, confection de mobilier...) et la perspective de réhabiliter de nouveaux burons. Des travaux qui respectent parfaitement l'environnement : pas de tuyauterie puisqu'il n'y a pas l'eau courante, pas de câbles électriques, puisqu'il n'y a pas d'électricité, et le moins possible de produits risquant d'abîmer la nature.

Que font les moines et les moniales en Aubrac ?

Le mois d'août est à la fois un temps de repos et de recueillement pour les frères et sœurs de Jérusalem. L'Aubrac offre à merveille ces deux dimensions : les grandes étendues de pâturages sous un ciel infini sont le lieu à la fois d'une contemplation des beautés de la nature créée par Dieu et de promenades de ressourcement à travers les nombreux chemins qu'offre le plateau. Le matin, après la prière des Laudes et un temps réservé à la méditation de la Bible (Lectio divina), les petites fraternités de frères ou de sœurs (cela dépend de la montagne !) se mettent au travail : défrichage, arrachage d'orties, réparations éventuelles des dégâts de l'hiver ou des troupeaux (barrières...), pendant qu'un (ou une) se consacre de son côté à la cuisine !

 

Au milieu du jour, l'eucharistie (ou bien un office de communion chez les sœurs) voit revenir chaque petite fraternité vers l'oratoire du buron, aménagé dans l'ancienne cave à fromage, souvent blanchie à la chaux pour l'éclaircir. Suit le repas et un temps d'échange fraternel autour du café.

 

L'après-midi, chacun se repose ou se promène, lit, cueille des fruits sauvages destinés à faire de la confiture ou bien choisit de bricoler... On se retrouve pour le chant des Vêpres, quand le soleil commence à décliner, pour célébrer la « Joyeuse lumière » qui est le Christ. Après le chant des complies, ultime office de la journée qui suit le repas du soir, les bougies ne tardent pas à être soufflées... et chacun dans son buron s'endort paisiblement sous la voûte étoilée.

 

Le dimanche, à la manière des anciens moines du désert d'Égypte, frères et sœurs convergent vers la Domerie pour y participer à la messe solennelle. L'occasion aussi de rencontrer les fidèles, qu'ils soient originaires du plateau ou simplement de passage. Une atmosphère aussi priante que joyeuse et fraternelle submerge, pour quelques heures, le petit village d'Aubrac.