Les 10 ans de la fondation à Bruxelles. Un hymne à l’espérance

21-09-2011

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«Comment rendrai-je grâce au Seigneur pour tout le bien qu’il m’a fait ?» (Psaume 115,12)

L’espace de notre tente s’est élargi pour accueillir la délégation de frères et sœurs, venus nombreux pour l'occasion, depuis Paris, Le Mont-St-Michel, Strasbourg, Vézelay mais aussi Rome et Varsovie. C’est la veille au soir que nous sommes entrés dans la fête, par le chant des Vigiles. Un Jour de joie pour toute l’Église à Bruxelles. Dans une église comble, Mgr Léonard présida l'Eucharistie. Dans son homélie, il nous invitait à la vigilance du guetteur (1ère lecture : Ez 33,7-9), à la dette de l’amour mutuel (2ème lecture : Rm 13,8-10) et, dans le prolongement, à notre dette à l’égard de l’Église. Et de conclure avec les derniers mots que le Seigneur nous adressait dans l'Évangile (Mt 18,15-20) en nous assurant que si nous sommes quelques-uns à prier avec foi le Père, ce que nous demandons nous sera accordé (lire le texte).

Voir le reportage photos (© FMJ)


Un buffet festif permit d'accueillir largement. Nous ne remercierons jamais assez tous ceux qui nous ont aidés à organiser et vivre cet heureux événement. En début d'après-midi, après la projection du diaporama «Du désert de l’Assekrem au désert des villes», retraçant l’intuition de frère Pierre-Marie, ce dernier dialogua pendant 1h30 avec le Cardinal Danneels sur le thème «Prier dans la ville», sous la vigilance de Paul-Emmanuel Biron, journaliste à RCF et ami de nos Fraternités.

Nous rejoignîmes ensuite la Cathédrale à pied. Petit pèlerinage à travers la ville fort apprécié, pour se dégourdir les jambes, d’une part, mais plus encore pour inviter chacun à poser, avec Jésus, un regard renouvelé, transfiguré sur cette ville où Dieu nous a placés pour Le chercher, Le prier, Le servir. Au cours des vêpres qu'il présida, Mgr Kockerols souligna trois points essentiels de notre  mission, ici, à Bruxelles (lire le texte).

Que le Seigneur puisse continuer à faire de nous, au cœur de cette ville de Bruxelles, ces «éveilleurs d’espérance» comme le rappelait le Cardinal.

 

Homélie de Mgr Léonard

Notre premier souci en cette eucharistie est de rendre grâce pour l'existence des Fraternités monastiques de Jérusalem, grâce à l'inspiration de son fondateur le Père Pierre-Marie, et aussi de confier en ce lieu – et dans les autres lieux où les Fraternités sont présentes – la «refondation» perpétuelle de ces communautés car une fondation n'est jamais acquise une fois pour toute. Elle doit toujours être remise sur le métier. Nous avons entendu dans la première lecture le Seigneur demander au prophète Ezéchiel d'être un guetteur vigilant. Les communautés présentes ici, à Bruxelles depuis 10 ans, sont invitées à la vigilance pour ne jamais s'installer, afin d’être toujours alertes – au sens éthymologique de cet adjectif – afin d’être toujours sur la brèche... Être vigilant pour permettre au Seigneur de refonder, de consolider une communauté.

(...) J'ai beaucoup apprécié également dans le rapport du chapitre général l'insistance sur la charité fraternelle, l'amour mutuel, cette dette – comme nous le rappelait saint Paul – que nous avons les uns à l'égard des autres. Paul fait sans doute allusion aux dettes financières et autres mais par-dessus à la dette de l'amour mutuel : «Ne gardez aucune dette envers personne, sauf la dette de l'amour mutuel». Il est si important pour toutes les communautés – anciennes, nouvelles, quelles qu’elles soient – qu'on y veille toujours plus, sans se laisser absorber par les tâches nécessaires de la vie contemplative et apostolique au point de tomber dans la routine de la vie fraternelle. Qu’on veille donc toujours plus davantage à la vie fraternelle, mais en même temps sans repli. Mais je ne m’inquiète pas car, ici, à Saint-Gilles, dans ce quartier de Bruxelles, je pense qu’il est difficile pour une communauté, fut-elle monastique, de vivre repliée sur elle-même, tant du dehors que du dedans.

À propos de dettes, vous avez aussi, tous ensemble, une dette que vous remplissez merveilleusement : la dette à l'égard de l'Église. C'est la dette de votre charisme lié à la fondation de ces Fraternités. Mais un charisme n'est pas une chose qui est derrière nous. C'est toujours une réalité qui est devant nous. Rendons grâce à Dieu pour la manière dont vous vous acquittez de cette dette à l'égard de l'Église par votre charisme de présence urbaine dans un quartier qui n'est pas uniquement contemplatif pour nous. Une présence qui est priante, contemplative, avec une liturgie qui porte à la fois à l'intériorité et à l'élévation vers la beauté et la gloire de Dieu. (...)

Je voudrais conclure avec les derniers mots que le Seigneur nous a adressés dans l'Évangile en nous assurant que si nous sommes quelques-uns à prier avec foi le Père, ce que nous demandons nous sera accordé. Et Jésus insiste : «Si deux d'entre vous sur la terre se mettent d'accord pour demander quelque chose, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux». Aujourd'hui rendons grâce pour cette réalité présente à Bruxelles, Dieu merci, depuis 10 ans déjà. Mais nous voulons avec grande foi, espérance, persévérance, confiance dans la promesse du Seigneur prier pour l'avenir de cette communauté à Bruxelles et aussi prier pour l'avenir spirituel, ecclésial de l'ensemble des Fraternités monastiques de Jérusalem.

«Tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l’obtiendrez.» (Mt 21,22) «Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira» (Mt 7,7). Jésus a dit et fait tout ce qui pouvait convaincre de la fécondité et de l'efficacité de la prière de demande. Faisons lui confiance. Ne retirons pas un iota de l'affirmation de Jésus. Toutes nos prières seront exaucées. Beaucoup déjà en ce monde... toutes, quelles qu'elles soient, en ce monde qui vient. Nous allons d’ailleurs le chanter au moment de l’offertoire : «Le Christ va se manifester parmi nous. Celui qui est, qui était et qui vient. Dieu parmi nous, va planter sa tente». Amen.

Homélie de Mgr Kockerols

Chers frères et sœurs des Fraternités monastiques, vous avez commencé les festivités de votre 10ème anniversaire par le chant des Vigiles. Notre archevêque a présidé l'eucharistie ce matin. Il m'a dit combien il avait été ému. Vous avez entendu cet après-midi le P. Delfieux, votre fondateur, dialoguer avec le Cardinal et vous rappeler leur attentes mutuelles. Que pourrais-je encore ajouter pour conclure ?

Dans l'Évangile lu ce soir (Luc 24,44-53), je trouve trois exigences qui me semblent essentielles à votre mission. Je vais donc me contenter de souligner ce que saint Luc écrit dans la finale de son évangile. Il y a là les ultimes instructions formulées par le Christ, juste avant son Ascension. Après cela on ferme le livre et on essaie de vivre l'Évangile. Si c'est ainsi que le livre se termine, si c'est ainsi que la journée se termine, c'est aussi l'éternel commencement de l'Église et  vous avez mission d'y donner corps.

Il y a là une triple mission. D'abord, celle de scruter les Écritures, d'entrer comme Jésus le fait avec ses disciples dans leur intelligence, ou plus exactement de vous laisser ouvrir votre intelligence par l'Esprit du Seigneur. Non pas pour grandir en savoir, mais pour grandir plus profondément dans le mystère du Christ et de sa Pâque. Faites-le, non seulement en votre nom personnel, mais au nom de toute l'Église et de tous ceux qui cherchent Dieu.

Ensuite le Ressuscité envoie ses disciples proclamer la Bonne Nouvelle à toutes les nations, aux limites du monde... Les limites du monde pour vous se trouvent à St-Gilles. St-Gilles, vous l'avez éprouvé au fil des années, est une situation «limite». C'est donc là que vous avez à témoigner, c'est donc là que vous avez à proclamer la conversion et le pardon des péchés. N'allez pas chercher ailleurs. Le carrefour des nations, vous y êtes. Votre vie de prière, en silence, au cœur de la ville, rend témoignage.

Enfin votre mission se trouve dans l'ultime verset de l'Évangile : «Ils étaient sans cesse dans le temple à bénir Dieu». Votre mission est, à nouveau au nom de l'Église, de tout ramener au Seigneur, de tout lui présenter dans l'action de grâce, dans la louange, dans la bénédiction. De tout orienter vers Lui, vers le Bien, vers le Vivant... D'être signe, avec un pied – et plus qu'un pied – dans la Jérusalem céleste.

Si on fête vos 10 ans à Bruxelles, ce n'est pas pour vous demander de changer, c'est pour vous demander de continuer à répondre à cette triple mission... Comme vous le savez, dans l'Église, une mission est toujours une grâce. Celle qui reçut mission d'enfanter le Sauveur a reçu cette grâce. Elle fut comblée de grâce mais aussi chargée de mission. Que la mission que Jésus vous confie soit pour chacun de vous, au plus profond de votre cœur, une grâce. Le Seigneur vous entraîne, le Seigneur vous a saisi. Il continue à vous saisir. C'est Lui qui vous conduit.

Heureux anniversaire à vous. Oui, heureux sommes-nous ici dans l'Église de Bruxelles de vous avoir au cœur de la ville. Rendons grâce ensemble et soyez certains que nous comptons sur vous.


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