Intervention de frère Pierre-Marie et sœur Marie

24-04-2009

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À Groß Sankt Martin, le 18 avril 2009


Fr. Pierre-Marie
Ces paroles tirées du Livre des Actes des Apôtres nous décrivent sobrement mais très éloquemment, la vie de la première communauté chrétienne de Jérusalem (Ac 2,42-47). Elles sont particulièrement parlantes pour nous tous en ce jour. Elles sont bien dans la ligne en effet de ce que nous célébrons et inaugurons ensemble ce soir : les débuts de la première communauté monastique de Jérusalem en la basilique Groß Sankt Martin de Cologne. Cette église si providentiellement dédiée à saint Martin, franco-allemand et père des moines d’Occident.

Sr Marie
Puissent nos deux premières communautés monastiques de Jérusalem, établies ici, comme à Strasbourg sur la rive gauche du Rhin – un fleuve qui n’est plus frontière, mais trait de communion –, vivre à l’exemple de cette première communauté de la ville dont nous portons le nom : Ieroushalaïm, une cité singulière au nom pluriel. Oui, puissent-elles vivre au cœur de cette capitale bénie de la Rhénanie, dans la joie rayonnante de la vie fraternelle, l’assiduité à la Parole de Dieu et aux prières, la fraction quotidienne du pain, la méditation des Écritures et l’accueil vécu dans l’allégresse et la simplicité du cœur !

Fr. Pierre-Marie
La date de ce dimanche de Quasimodo, dont nous célébrons les premières vêpres, est hautement significative, tant au plan spirituel qu’ecclésial, œcuménique et même politique. Et nous ne l’oublierons pas dans nos prières.


C’est tout d’abord en effet, dans l’Église universelle, le fête de la Miséricorde Divine. Elle nous rappelle que le moine est un témoin de cette miséricorde de Dieu en sa vie et que nous devons tous nous montrer miséricordieux comme notre Père du ciel est miséricordieux.

Sr Marie
C’est ensuite, et cela reste, le dimanche de Quasimodo, in albis, où nous sommes tous comme des nouveaux nés. Jour où traditionnellement en Allemagne, semble-t-il, se célèbrent la fête des premières communions. Puissions-nous vivre en fidèles célébrants et adorateurs de l’Eucharistie.

C’est aussi la date anniversaire de l’élection de Benoît XVI. Moines et moniales, chrétiens, nous nous réjouissons de la désignation de ce pape allemand, lui qui est père de l’Église du Christ dont nous sommes les fils et les filles. Comme l’ont si bien dit les deux saintes Thérèse, de Lisieux et d’Avila : «Ma vocation, enfin je ‘lai trouvée : dans l’Église de Cologne, ma mère, je serai l’amour !» Car «je suis fille de l’Église.»

Fr. Pierre-Marie
Plus précisément encore, et sur un autre registre (mais rien de ce qui est humain ne nous est étranger), le 19 avril a été le jour de la condamnation à mort de Dietrich Bonhoeffer. Sa mémoire nous rappelle la vocation œcuménique des Fraternités Monastiques de Jérusalem et qu’il faut savoir donner sa vie pour le Christ. C’est aussi la date marquant l’insurrection du ghetto de Varsovie qui nous invite à prier pour la paix et la pleine réconciliation entre les peuples de l’Europe, à un an de notre prochaine fondation, à Warsawa. Et, à un ou deux jours près, c’est aussi la date de la profession monastique d’Edith Stein, sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix, au Carmel de Cologne. Et c’est enfin le jour anniversaire du retour à Dieu du chancelier Conrad Adenauer, grand artisan avec le Général de Gaulle du rapprochement franco-allemand et ancien maire de Cologne.

Sr Marie

Et ce sera, dans l’histoire de l’Église de Cologne, le jour anniversaire de la fondation des Fraternités Monastiques de Jérusalem, à Groß Sankt Martin. Merci, Éminence, de nous avoir appelés dans cette ville aux saints innombrables dont vous êtes le Cardinal Archevêque ! Il y a eu tout juste huit ans, cette semaine,
que votre délégué, Mgr Manfred Melzer, est venu nous contacter en compagnie du P. Koch. Il n’a pas été trop de ces huit années pour bien préparer les douze pierres vivantes que voici, et rendre disponible la maison si bien aménagée que vous nous affectez. Elle représente pour nous une belle nouveauté architecturale : bâtie de fer, de verre et de béton, si adaptée à notre style de monachisme citadin !

Fr. Pierre-Marie

Et merci plus encore, Monsieur le Cardinal, pour l’affectation de cette merveilleuse maison de prière de la basilique Groß Sankt Martin. Puissions-nous y accueillir, dans la ferveur, la paix et la joie, matin, midi et soir, et aux vigiles des fêtes, tous ceux et celles qui, Rhénans en tête, voudront bien venir y louer avec nous notre Père et notre Dieu, dans la lumière de l’Esprit et celui qui demeure à jamais pour nous : Notre grand Dieu et Seigneur Jésus-Christ (Tt 2,13).


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