Membre d'une fraternité évangélique

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Membre d'une fraternité évangélique de Jérusalem, cela change la vie !

Pendant ma vie d’étudiante, j’ai été membre d’un groupe de prière rattaché au Renouveau charismatique. Cette expérience de vie et de prière a été pour moi essentielle car j’y ai découvert l’importance et la puissance de l’Esprit.

 

Puis la vie professionnelle m’a conduite ailleurs, à Paris, où dès mon arrivée j’ai appris qu’à l’église Saint-Gervais, des moines et des moniales «dans la ville» priaient. Sans hésiter, j’y suis venue, puis revenue très régulièrement, Saint-Gervais devenant peu à peu «mon» église. Mon entrée dans les Fraternités évangéliques de Jérusalem n’a donc pas été immédiate. Elle est passée après, bien après, ce besoin fort de venir à Saint-Gervais y retrouver le Seigneur, en communion avec les Fraternités monastiques.

 

Ce cheminement spirituel, à la fois dense et lent (il a duré près de 10 ans !) me paraît aujourd’hui avoir été une belle préparation à mon entrée dans les Fraternités évangéliques. D’abord parce que Saint-Gervais, avec ses fraternités monastiques, a été pour moi le nécessaire ré-équilibre dans cette grande ville que je découvrais : dehors le bruit, le stress, l’agitation ; dedans le silence, la paix, la contemplation. Du tapis de prière de cette belle église, assise parmi les fidèles, j’étais aspirée par le chœur, tout en blanc, tout en chant, tout en joie, des moines et des moniales, mon regard attiré par la croix de l’autel puis, au-dessus, par les vitraux avec Jésus et Marie, et tout en haut par le visage «infiniment bon» du Père, mains tendues vers ses enfants en prière : cette douce montée du regard, du cœur et de la prière de la terre vers le Père, avec laïcs et consacrés, à la suite du Christ et par l’intercession de Marie, a toujours été pour moi une préfiguration du chemin du Ciel.

 

Dans cette église en prière où la beauté et la profondeur des liturgies m’ont particulièrement aidée, peu à peu, j’ai senti le besoin de partager cette prière avec d’autres comme je l’avais fait alors étudiante. Ce partage, que je souhaitais dans cette famille de Jérusalem, m’a très vite été proposé par une moniale puis offert par une laïque, membre d’une fraternité évangélique. Immédiatement, j’ai senti combien cette fraternité d’accueil était le lieu que je recherchais secrètement en venant fidèlement à Saint-Gervais. Lieu de partage dans mon état de vie laïque car fait de laïques ; lieu de proximité spirituelle avec les moines et moniales qui sont pour moi autant de lampes allumées sur ma route ; lieu de vie fraternelle avec des hommes et des femmes que je reçois comme des frères et sœurs en Christ car nous communions à tout ce qui nous est commun : notre filiation au Père unique, notre fidélité au Christ unique, notre accueil de l’Esprit unique pour que nos vies de laïques soient des vies de témoins joyeux de Dieu.

 

Voilà bientôt 20 ans que je suis dans une fraternité évangélique de Jérusalem. J’y débranche les fils de l’a priori, du jugement, déposant «tout souci du monde» pour «aller à la rencontre du Seigneur». J’y suis évangélisée par les membres de ma fraternité lors de notre partage sur la Parole. Lieu de grande solidarité (nous ne sommes plus seuls quand des frères et sœurs nous sont donnés par le Christ), c’est aussi un lieu de discernement et de ressourcement grâce à la force de la prière commune. Discernement et ressourcement nécessaires dans cette ville «où tout ensemble fait corps» et dans le quotidien de nos vies où nous avons bien besoin de la présence fidèle du Christ pour vivre en enfants de Dieu.

 

Puisque Jésus n’est pas venu pour nous retirer du monde mais pour nous protéger du mal, c’est avec Son aide et le soutien des frères et sœurs qu’il m’a donnés dans cette grande famille de Jérusalem que je veux Lui plaire, là où il m’a placée.

Françoise