Les frères de Jésus

Jésus avait-il des frères et des sœurs, des enfants de Marie et de Joseph ? Lorsqu'il est dit en Marc et Luc que «ta mère et tes frères sont dehors»...
Lorsqu'il est dit dans la lettre à Timothée, que Paul n'a rencontré que «Jacques, le frère du Seigneur»... de quel lien de parenté parle t-on ? La doctrine de la conception virginale est-elle vraie pour une période et donc, après, il n'est plus nécessaire de parler de la virginité de Marie ? Merci de votre réponse.

C’est une question dont discutent certains exégètes, surtout dans les Églises luthériennes et réformées. La position catholique et orthodoxe cependant est d’affirmer la virginité de Marie avant, pendant et après la naissance de Jésus (ce qui est symbolisé sur les icônes par trois petites étoiles sur son manteau et son voile), signe de son union totale à Dieu.

Les termes de frère et sœur en effet sont usités au Proche-Orient, traditionnellement et encore de nos jours, pour désigner aussi des cousins, voire l’ensemble de la parenté ou d’un clan. Des exemples de cet usage se trouvent dans l’Écriture (voir le livre de Tobie, particulièrement 7,9-10). Jésus lui-même  dit à Marie de Magdala, le matin de Pâques : «Va trouver mes frères et dis-leur…» (Jn 20,17), alors qu’il s’agit là, sans équivoque, de ses disciples.

On considère donc traditionnellement que Jacques, José, Jude et Simon, «frères de Jésus», dont l’Évangile fait mention (Mt 13,55 ; Mc 6,3) sont les fils de Cléophas et de Marie désignée comme étant «sœur de sa mère (c’est-à-dire de la mère de Jésus), femme de Clopas» (Jn 19,25) et «mère de Jacques le petit et de Joset» (Mc 15,40) ou «mère de Jacques» (Lc 24,10), citée parmi les femmes restées au pied de la croix et au tombeau. On peut remarquer d’ailleurs qu’ils ne sont jamais dits fils de Marie et que Jude lui-même, dans son épître, se qualifie de «serviteur de Jésus et frère de Jacques» (Jude 1).