Les dix clés de la prière

Prier au nom de Jésus

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La deuxième clef de la prière nous conduit à prier au nom de Jésus. Nous nous heurtons souvent, dans nos oraisons, au sentiment de n’être pas entendus ou mal exaucés. Nous demandons sans recevoir ; nous cherchons sans trouver ; et nous frappons à la porte sans qu’on nous ouvre (Mt 7,7-8 ; 13,13-15). C’est que, là aussi, nous butons sur une impasse. Vous demandez et vous ne recevez pas parce que vous demandez mal, nous dit saint Jacques (4,3). Il faut nous adresser, pour pouvoir passer, au Christ notre pâque (1 Co 5,7).

Nous chercherions en effet volontiers toute une série de chemins détournés et plus ou moins spécieux pour nous conduire à grand renfort de techniques ou de sensations à on ne sait trop quelle impression euphorisante ou méditation transcendentale. La réponse de Jésus est ferme et limpide. Entrez par la porte étroite. Car large et aisé est le chemin qui mène à la perdition et il en est beaucoup qui le prennent. Mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie et il en est peu qui le trouvent (Mt 7,13-14). Ce chemin existe pourtant et cette porte est connue. L’un et l’autre ont pour nom Jésus qui a justement dit : Je suis la Porte (Jn 10,9) et Je suis le chemin (14,6). Voilà par où, par qui, la prière doit également passer. C’est bien le Christ aussi qui en a la clef (Mt 16,18 ; Ap 1,18).

Jusqu’ici vous n’avez rien demandé en mon nom, nous est-il reproché. Demandez et vous recevrez, et votre joie sera parfaite (Jn 16,24). Voilà ce qu’il ne faut, en second, jamais oublier. Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, pour que le Père soit glorifié dans le Fils (14,13). Car le Père ne peut rien refuser à quiconque le prie au nom du Bien-aimé. Qui a le Fils a la vie et qui n’a pas le Fils n’a pas la vie (1 Jn 5,12). Mais prions-nous réellement au nom du Christ ?

Pour prier comme il faut, il ne suffit pas d’être attentif, fervent, généreux, zélé ou persévérant. Il faut prier au nom du Fils de Dieu (1 Jn 5,1.10.13). Nous demander constamment si ce que nous disons, recherchons ou attendons dans notre prière, c’est bien au nom de Jésus que nous le faisons. C’est-à-dire conformément à ses commandements et selon la volonté du Père (Mt 6,10) ; cette volonté dont Jésus était lui-même entièrement nourri (Jn 4,34). «Demande- toi à chaque instant ce que ferait Jésus et fais-le, écrit frère Charles. C’est ta seule règle, mais ta règle absolue.» Comment ne pas être exaucé en effet, quand on est comme un fils dans le Fils, sous le regard du Père ? «Parle, Seigneur, en mon cœur, dit Guigues le Chartreux, pour que mon cœur te parle.»

Si oui, alors nous pouvons être sûrs que notre prière «passera» et sera entendue. Si vous demandez quelque chose en mon nom, nous dit le Christ, je le ferai. Et il ajoute : Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements et je prierai moi-même le Père (Jn 14,14-15). Voilà la clef ! En priant en lui, nous prions à travers lui. Nous devenons fils dans le Fils. Notre prière rejoint la sienne et la sienne se fait la nôtre. Ce n’est plus nous qui prions, c’est Jésus qui prie en nous (Ga 2,20). Comment ne serions-nous pas entendus ? Par la prière, nous découvrons, dans sa plénitude radieuse, la Divinité venue rejoindre dans la chair notre propre humanité pour la transfigurer (Ph 3,20-21). Comment le Père qui lui-même nous aime, parce que nous aimons son Fils (Jn 16,27) en qui alors, nous aussi, nous sommes un (14,20-21), ne nous accorderait-il pas toute faveur ?

Nous prions alors véritablement au nom de Jésus. Nous prions comme Jésus. Nous prions Jésus, le grand prêtre compréhensif et compatissant, capable de venir en aide à ceux qui sont éprouvés. Nous prions celui qui ne peut que nous exaucer car il a tout goûté de notre condition humaine en devenant en tout semblable à nous (He 2,17-18). Nous prions en disant : «Jésus». Et c’est la suprême prière. Car il est autant revêtu de toute-puissance divine qu’habité d’une infinie bonté pour ceux qu’il n’a pas honte de nommer ses frères, car le sanctificateur et les sanctifiés forment un seul tout (2,11). Alors, par ce seul nom nous sommes sauvés (Ph 2,10). Car il est la porte, celui qui est aussi notre clef, au terme de la route.

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