Les dix clés de la prière

Prier comme un enfant

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Nous pouvons alors prier comme un enfant. Car si nous ne devenons pas comme de petits enfants, nous n’entrerons pas dans le Royaume des cieux (Lc 18,15-17). Or, le Royaume des cieux c’est la Maison du Père. Prier Dieu qui est Notre Père exige donc qu’on lui parle et qu’on l’écoute, qu’on le supplie et qu’on l’aime, en un mot qu’on le prie comme un enfant. La prière, dès lors, n’est pas quelque chose de compliqué. Certes, elle n’est jamais facile. Mais elle est toujours simple. Le Seigneur se plaît à être loué par des lèvres d’enfants, de tout-petits (Ps 8,3). On n’entre vraiment dans le Royaume de la prière et donc de l’intimité avec Dieu qu’en retrouvant un cœur d’enfant (Mt 18,3) ; car notre Dieu est avant tout notre Père (Jn 20,17). Et ce qu’il cache aux savants et aux puissants, il se plaît à le révéler aux tout-petits (Mt 11,25).

Nous n’obtiendrons le Royaume des cieux qu’en y croyant de toute notre foi d’enfant (Mc 10,14). Nous ne toucherons le cœur de notre Père qu’en le priant de tout notre amour d’enfant. Le psalmiste déjà l’avait bien compris en écrivant : Seigneur, je n’ai pas le cœur fier ni le regard hautain. Je n’ai pas pris un chemin de grandeurs ni de prodiges qui me dépassent. Non, je tiens mon âme en paix et silence, je la tiens en moi comme un enfant contre sa mère (Ps 131,1-2). Une telle prière ne peut effectivement que toucher au plus profond la tendresse de Dieu que l’Écriture elle-même compare à des entrailles de miséricorde (Os 11,8). Faisons-nous vraiment devant Dieu une âme d’enfant, et nous sentirons vite posé sur nous le regard de Celui que l’on ose appeler Abba.

Dans un monde où chacun s’efforçait, à l’écoute de maintes écoles de spiritualité, «d’élever son âme vers Dieu», par le rude labeur de l’oraison, du sacrifice et de la volonté, Thérèse de Lisieux découvrit un jour l’étroit passage par «la petite voie d’enfance». Et, à partir de ce jour-là, elle put avancer, malgré sa faiblesse, grâce à sa petitesse, à l’exemple de l’Enfant Jésus, «à pas de géant», vers la maison du Père. Elle en avait trouvé la clef.

Or, tous, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu (1 Jn 3,2). Dès maintenant, l’Esprit en personne se joint à notre esprit pour attester que nous sommes enfants de Dieu (Rm 8,16). Et la preuve que nous sommes des fils, c’est que Dieu a envoyé en nos cœurs l’Esprit de son Fils qui dit : Abba, Père ! (Ga 4,6). Qu’attendons-nous donc pour entrer par une prière filiale, dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu (Rm 8,21) et pour oser enfin dire au Très Haut : «Papa» ? Croyons-nous vraiment qu’il se fâchera ?

Laissons tomber nos masques ! Ne jouons plus aux grands. Ne courons pas partout en quête de compensations du fait de nos frustrations affectives. Croyons à la tendresse du Père. Il est là, qui veut nous prendre dans ses bras ; nous élever comme un nourrisson contre sa joue (Os 11,3-4). N’écoutons pas le Malin nous dire que cela n’est plus de notre âge ou n’est pas digne de nous. Acceptons enfin de renaître à nouveau (Jn 3,4-7), de nous laisser aimer par le Père qui lui-même nous aime (16,27) ; par le Fils qui, lui aussi, nous dit : mes petits enfants (13,33 ; 21,5) ; et par l’Esprit qui, pour ne pas être en reste, ne nous laisse pas orphelins en nous prenant sous sa défense maternelle (14,16-18). Sinon, nous ne passerons jamais l’obstacle des fausses peurs, des illusions et des doutes. La troisième clef de la prière consiste vraiment à prier avec un cœur d’enfant. D’enfants de Dieu, s’entend, car nous le sommes (1 Jn 3,1) !

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