La liturgie du jour
Messe
(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2020

AELF

  • Lecture du livre du prophète Isaïe

    Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ;
    il montera, il s’élèvera, il sera exalté !
    La multitude avait été consternée en le voyant,
    car il était si défiguré
    qu’il ne ressemblait plus à un homme ;
    il n’avait plus l’apparence d’un fils d’homme.
    Il étonnera de même une multitude de nations ;
    devant lui les rois resteront bouche bée,
    car ils verront ce que, jamais, on ne leur avait dit,
    ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler.

    Qui aurait cru ce que nous avons entendu ?
    Le bras puissant du Seigneur, à qui s’est-il révélé ?
    Devant lui, le serviteur a poussé comme une plante chétive,
    une racine dans une terre aride ;
    il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards,
    son aspect n’avait rien pour nous plaire.
    Méprisé, abandonné des hommes,
    homme de douleurs, familier de la souffrance,
    il était pareil à celui devant qui on se voile la face ;
    et nous l’avons méprisé, compté pour rien.
    En fait, c’étaient nos souffrances qu’il portait,
    nos douleurs dont il était chargé.
    Et nous, nous pensions qu’il était frappé,
    meurtri par Dieu, humilié.
    Or, c’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé,
    à cause de nos fautes qu’il a été broyé.
    Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui :
    par ses blessures, nous sommes guéris.
    Nous étions tous errants comme des brebis,
    chacun suivait son propre chemin.
    Mais le Seigneur a fait retomber sur lui
    nos fautes à nous tous.

    Maltraité, il s’humilie,
    il n’ouvre pas la bouche :
    comme un agneau conduit à l’abattoir,
    comme une brebis muette devant les tondeurs,
    il n’ouvre pas la bouche.
    Arrêté, puis jugé, il a été supprimé.
    Qui donc s’est inquiété de son sort ?
    Il a été retranché de la terre des vivants,
    frappé à mort pour les révoltes de son peuple.
    On a placé sa tombe avec les méchants,
    son tombeau avec les riches ;
    et pourtant il n’avait pas commis de violence,
    on ne trouvait pas de tromperie dans sa bouche.
    Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur.
    S’il remet sa vie en sacrifice de réparation,
    il verra une descendance, il prolongera ses jours :
    par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.

    Par suite de ses tourments, il verra la lumière,
    la connaissance le comblera.
    Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes,
    il se chargera de leurs fautes.
    C’est pourquoi, parmi les grands, je lui donnerai sa part,
    avec les puissants il partagera le butin,
    car il s’est dépouillé lui-même
    jusqu’à la mort,
    et il a été compté avec les pécheurs,
    alors qu’il portait le péché des multitudes
    et qu’il intercédait pour les pécheurs.

    – Parole du Seigneur.




  • Refrain psalmique : (cf. Lc 23, 46)

    Ô Père, en tes mains
    je remets mon esprit.

    En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ;
    garde-moi d’être humilié pour toujours.
    En tes mains je remets mon esprit ;
    tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.

    Je suis la risée de mes adversaires
    et même de mes voisins ;
    je fais peur à mes amis,
    s’ils me voient dans la rue, ils me fuient.

    On m’ignore comme un mort oublié,
    comme une chose qu’on jette.
    J’entends les calomnies de la foule :
    ils s’accordent pour m’ôter la vie.

    Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
    je dis : « Tu es mon Dieu ! »
    Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
    des mains hostiles qui s’acharnent.

    Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ;
    sauve-moi par ton amour.
    Soyez forts, prenez courage,
    vous tous qui espérez le Seigneur !




  • Lecture de la lettre aux Hébreux

    Frères,
    en Jésus, le Fils de Dieu,
    nous avons le grand prêtre par excellence,
    celui qui a traversé les cieux ;
    tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
    En effet, nous n’avons pas un grand prêtre
    incapable de compatir à nos faiblesses,
    mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses,
    à notre ressemblance, excepté le péché.
    Avançons-nous donc avec assurance
    vers le Trône de la grâce,
    pour obtenir miséricorde
    et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

    Le Christ,
    pendant les jours de sa vie dans la chair,
    offrit, avec un grand cri et dans les larmes,
    des prières et des supplications
    à Dieu qui pouvait le sauver de la mort,
    et il fut exaucé
    en raison de son grand respect.
    Bien qu’il soit le Fils,
    il apprit par ses souffrances l’obéissance
    et, conduit à sa perfection,
    il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent
    la cause du salut éternel.

    – Parole du Seigneur.




  • Acclamation : (cf. Ph 2, 8-9)

    Le Christ s’est anéanti,
    prenant la condition de serviteur.

    Pour nous, le Christ est devenu obéissant,
    jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
    C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
    il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.
    Le Christ s’est anéanti,
    prenant la condition de serviteur.

    La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean

    Indications pour la lecture dialoguée : les sigles désignant les divers interlocuteurs sont les suivants :
    X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.

     

    L. En ce temps-là,
    après le repas,
    Jésus sortit avec ses disciples
    et traversa le torrent du Cédron ;
    il y avait là un jardin,
    dans lequel il entra avec ses disciples.
    Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi,
    car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.
    Judas, avec un détachement de soldats
    ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens,
    arrive à cet endroit.
    Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.
    Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver,
    s’avança et leur dit :
    X « Qui cherchez-vous? »
    L. Ils lui répondirent :
    F. « Jésus le Nazaréen. »
    L. Il leur dit :
    X « C’est moi, je le suis. »
    L. Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
    Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis »,
    ils reculèrent, et ils tombèrent à terre.
    Il leur demanda de nouveau :
    X « Qui cherchez-vous? »
    L. Ils dirent :
    F. « Jésus le Nazaréen. »
    L. Jésus répondit :
    X « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis.
    Si c’est bien moi que vous cherchez,
    ceux-là, laissez-les partir. »

    L. Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite :
    « Je n’ai perdu aucun
    de ceux que tu m’as donnés. »
    Or Simon-Pierre
    avait une épée ; il la tira,
    frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite.
    Le nom de ce serviteur était Malcus.
    Jésus dit à Pierre :
    X « Remets ton épée au fourreau.
    La coupe que m’a donnée le Père,
    vais-je refuser de la boire ? »

    L. Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs
    se saisirent de Jésus et le ligotèrent.
    Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père
    de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là.
    Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil :
    « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »

    Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus.
    Comme ce disciple était connu du grand prêtre,
    il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.
    Pierre se tenait près de la porte, dehors.
    Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre –
    sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte,
    et fit entrer Pierre.
    Cette jeune servante dit alors à Pierre :
    A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? »
    L. Il répondit :
    D. « Non, je ne le suis pas ! »
    L. Les serviteurs et les gardes se tenaient là ;
    comme il faisait froid,
    ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer.
    Pierre était avec eux, en train de se chauffer.
    Le grand prêtre interrogea Jésus
    sur ses disciples et sur son enseignement.
    Jésus lui répondit :
    X « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement.
    J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple,
    là où tous les Juifs se réunissent,
    et je n’ai jamais parlé en cachette.
    Pourquoi m’interroges-tu ?
    Ce que je leur ai dit, demande-le
    à ceux qui m’ont entendu.
    Eux savent ce que j’ai dit. »

    L. À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus,
    lui donna une gifle en disant :
    A. « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »
    L. Jésus lui répliqua :
    X « Si j’ai mal parlé,
    montre ce que j’ai dit de mal.
    Mais si j’ai bien parlé,
    pourquoi me frappes-tu ? »

    L. Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.

    Simon-Pierre était donc en train de se chauffer.
    On lui dit :
    A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? »
    L. Pierre le nia et dit :
    D. « Non, je ne le suis pas ! »
    L. Un des serviteurs du grand prêtre,
    parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille,
    insista :
    A. « Est-ce
    que moi, je ne t’ai pas vu
    dans le jardin avec lui ? »
    L. Encore une fois, Pierre le nia.
    Et aussitôt un coq chanta.

    Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire.
    C’était le matin.
    Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire,
    pour éviter une souillure
    et pouvoir manger l’agneau pascal.
    Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda :
    A. « Quelle accusation portez-vous
    contre cet homme ? »
    L. Ils lui répondirent :
    F. « S’il n’était pas un malfaiteur,
    nous ne t’aurions pas livré cet homme. »
    L. Pilate leur dit :
    A. « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le
    suivant votre loi. »
    L. Les Juifs lui dirent :
    F. « Nous n’avons pas le droit
    de mettre quelqu’un à mort. »
    L. Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite
    pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.
    Alors Pilate rentra dans le Prétoire ;
    il appela Jésus et lui dit :
    A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
    L. Jésus lui demanda :
    X « Dis-tu cela de toi-même,
    Ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »

    L. Pilate répondit :
    A. « Est-ce que je suis juif, moi ?
    Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi :
    qu’as-tu donc fait ? »
    L. Jésus déclara :
    X « Ma royauté n’est pas de ce monde ;
    si...