Premier dimanche de l'Avent

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Comme le temps pascal, le temps de l’Avent commence dans la nuit. C’est la veille au soir, en effet, par le chant des vigiles, que nous entrons dans le premier dimanche de l’Avent – qui est aussi le premier jour d’une nouvelle année liturgique.


En ce premier matin de l’Avent, tout est donc neuf, libre, vierge, comme pour mieux signifier que seul un cœur disponible, un cœur nouveau, pourra vraiment accueillir le «soleil levant qui vient nous visiter» (Lc 1,78). Mais cette nouveauté commence de façon silencieuse et cachée, dans la nuit. L’Avent ne cesse d’osciller entre ces deux couleurs : le mauve de la nuit et l’or de la royauté que nous attendons dans la personne du Messie.

 

On assimile souvent – non sans raison – le temps de l’Avent à celui de l’attente. Le Carême serait le temps de l’effort, l’Avent, celui de la joie ; le Carême, celui de la pénitence, l’Avent, celui de l’espérance. Mais tous les textes de l’eucharistie de ce dimanche nous invitent à une vision plus nuancée des choses : si l’attente nous fait nous écrier avec le psalmiste, dès l’ouverture de la célébration : «Vers toi, Seigneur, j’élève mon âme. Mon Dieu, je compte sur toi ; je n’aurai pas à en rougir. De ceux qui t’attendent, aucun n’est déçu» (Ps 24,1-3, antienne d’ouverture), nous n’en sommes pas moins appelés à «aller avec courage sur les chemins de la justice, à la rencontre du Seigneur» (oraison). Le mot clé de ce dimanche vient d’être cité : il s’agit de la «rencontre». Nous sommes en route vers une rencontre mystérieuse. Il s’agit donc à la fois de marcher et de veiller. Mais il faut encore se garder d’une perception trop intimiste de cette attente : notre désir est appelé à s’inscrire dans le désir de tous les peuples. La première lecture, au livre d’Isaïe, nous apprend que cette marche est une aventure collective : «Des peuples nombreux se mettront en marche et ils diront : ‘Venez, montons à la montagne du Seigneur, au Temple du Dieu de Jacob. Il nous enseignera ses chemins et nous suivrons ses sentiers’» (Is 2,3). C’est au pluriel que nous sommes invités à nous réjouir de suivre les chemins du Seigneur : «Quelle joie quand on m’a dit : ‘Nous irons à la maison du Seigneur !’» (Ps 121).

 

Mauve et or : «La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche», rappelle saint Paul dans la deuxième lecture (Rm 13,11-14). Pourtant, comme au temps de Noé, on mange, on boit, on se marie, on est au champ ou au moulin (Mt 24), la vie n’a pas changé en même temps que l’année liturgique... Il est même frappant de constater la continuité des textes liturgiques de ce premier dimanche avec ceux du dernier dimanche de l’année qui vient de s’achever. Mais l’évangile y invite avec force : «Tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra» (Mt 24,44), nous invitant à contempler dans un même regard et l’avènement promis du Fils de l’homme à la fin des temps, et son avènement passé dans la chair de notre humanité. Marcher vers Noël, ce n’est donc pas seulement répéter une attente plus ou moins imparfaite d’année en année, mais laisser grandir en nous le désir du Sauveur «jusqu’à ce qu’il vienne» !

 

«Cieux, répandez votre justice, que des nuées vienne le salut ! Jérusalem, Jérusalem, quitte ta robe de tristesse, et revêts la beauté de la gloire de Dieu ! Mets sur ta tête le diadème de gloire de l’Éternel. Car Dieu veut montrer ta splendeur partout sous le ciel : lève-toi, ô Sion, tiens-toi sur la hauteur ! Vois tes enfants du Levant au Couchant rassemblés : ils jubilent de joie car Dieu s’est souvenu» (Liturgie de l’Avent).


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