Deuxième dimanche de l'Avent

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La promesse et le passeur. C’est peut-être ainsi que l’on pourrait intituler ce deuxième dimanche de l’Avent. La promesse, c’est le Royaume, ni plus ni moins. Le Royaume instauré par la présence du Messie, celui sur qui «repose l’esprit du Seigneur», comme le prophétise Isaïe dans la première lecture (Is 11,2).

 

 

Célébrer le mystère de l’Incarnation, ce n’est pas uniquement se pencher avec tendresse vers l’enfant de la crèche, mais affirmer notre foi et notre espérance en l’avènement du règne de Dieu, règne de justice et de paix, véritable monde nouveau où «le loup habitera avec l’agneau» et «sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main» (Is 11,8-10). Cette image est reprise comme en écho par le psaume qui prophétise l’avènement d’un roi grâce à qui «fleurira la justice, grande paix jusqu’à la fin des lunes» (Ps 71,7).

 

La perspective de ce dimanche, dans la droite ligne du premier dimanche de l’Avent, est donc résolument universaliste : Dieu vient pour le monde entier, sa connaissance «remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer» (Is 11,9) ; il vient non seulement pour ceux à qui s’adresse en premier la promesse, «en raison de la fidélité de Dieu», comme l’explique saint Paul (Rm 15,8), mais encore pour les païens, «en raison de la miséricorde de Dieu» (15,9). Vraiment, «tout homme verra le salut de Dieu» (Lc 3,6 ; verset de l’alleluia).

 

La promesse est là. Du côté de Dieu, tout est accompli. Il ne reste plus qu’à nous laisser inviter. Le Royaume ne se donne qu’à ceux qui le désirent. Dans la Bible, le désir du Royaume est souvent caché derrière un autre mot : conversion. Aujourd’hui nous l’entendons, non sans vigueur, résonner dans la bouche d’une figure centrale du temps de l’Avent : Jean le Baptiste, le précurseur, le passeur, celui qui proclame dans le désert : «Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche !» (Mt 3,2). Dieu laisse à l’homme la liberté de le désirer. C’est dans cette orientation de notre désir que consiste la conversion, bien plus qu’en une série d’efforts plus ou moins couronnés de succès. «Nous ne pouvons pas invoquer nos mérites, nous fait dire la prière sur les offrandes, viens par ta grâce à notre secours.» En ce dimanche, par la voix du Baptiste, nous sommes invités à la vérité. Il ne suffit pas de s’être mis en route, encore moins de se satisfaire du chemin parcouru, mais de «produire un fruit qui exprime notre conversion», c’est-à-dire «un fruit digne du repentir» (Mt 3,8).

 

«Cieux, répandez votre justice, que des nuées vienne le salut ! Console-toi, console toi, ô mon peuple, car bientôt viendra ton Sauveur et ton Roi. Pourquoi te laisses-tu consumer par la tristesse ? Parce que ta douleur t’a repris ? Je te sauverai, ne crains pas ! Car je suis ton Sauveur, ton Seigneur et ton Dieu, le Saint d’Israël, ton Berger, ton Rédempteur» (Liturgie de l’Avent).


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