Quatrième dimanche de l'Avent

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Voici que la jeune femme est enceinte, elle enfantera un fils et on l’appellera Emmanuel, c’est-à-dire ‘Dieu avec nous’» (Is 7,14 ; Mt 1,23). Toute la liturgie de ce quatrième dimanche de l’Avent tourne autour de cet oracle du prophète. Lu dans la première lecture, repris dans l’évangile, il est aussi chanté comme verset alleluiatique et encore redit après la communion.

 

L’horizon du salut universel se resserre aujourd’hui en un point précis de l’histoire et du temps : la sainte famille de Nazareth : Marie, objet de la prophétie, Joseph, l’homme juste à qui l’ange apparaît en songe, et celui qui doit venir et reçoit déjà un double nom : Jésus, c’est-à-dire «le Seigneur sauve» ; et, dans l’obéissance à l’Écriture, «Emmanuel», c’est-à-dire «Dieu avec nous».

 

Ce quatrième dimanche de l’Avent tranche avec les trois premiers : on a l’impression de retrouver enfin du connu, l’atmosphère douce et familiale de Noël ; la crèche est déjà dessinée, il ne manque plus que l’âne et le bœuf et tout y sera. En réalité, la liturgie fait bien davantage que de se rendre enfin à l’évidence tant attendue de la crèche. Déjà, le troisième dimanche citait dans l’évangile une partie du contenu de la première lecture (ou d’un texte parallèle du prophète Isaïe), à propos des signes du Royaume. L’évangile de ce dimanche le fait de façon encore plus explicite, avec le verset d’Isaïe 7,14 déjà cité, en introduisant en plus une notion capitale de l’écriture néotestamentaire : celle d’accomplissement. «Tout cela arriva, explique le narrateur au sujet de la conception miraculeuse de Jésus, pour que s’accomplît la parole du Seigneur prononcée par le prophète : ‘Voici que la Vierge concevra’» (Mt 1,22-23). Le «connu» doit être compris à la lumière d’un «connu» plus ancien : la foi d’Israël à qui est adressée la promesse.

 

C’est là le vrai sens de l’attente propre à l’Avent. La réponse divine ne tombe pas du ciel, comme une solution magique à la détresse de l’homme ; elle monte des profondeurs d’une prière qui a commencé dans le cœur d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, et est toujours demeurée sur les lèvres d’Israël comme le désir de cette «bonne nouvelle que Dieu avait déjà promise par les prophètes dans ses saintes Écritures» (Rm 1,2). Il faut donc accueillir la venue du Fils non seulement «selon l’Esprit», c’est-à-dire comme le don gratuit de Dieu aux hommes, mais encore «selon la chair», c’est-à-dire comme le fruit attendu de la tige de Jessé, car il est «né de la race de David» (Rm 1,3-4).

 

Loin de trancher avec les trois premiers dimanches, ce quatrième dimanche est plutôt leur conséquence : les promesses de salut universel adressées au peuple juif par la bouche des prophètes trouvent leur accomplissement dans l’événement de Noël. Il n’y a rien de triomphal : un homme et une jeune femme se préparent à accueillir un enfant – quoi de plus simple en apparence ? – mais cet enfant est l’objet même de la promesse : Dieu sauve en devenant Dieu avec nous.

 

«En toi, ô Vierge d’Israël, s’est accomplie l’alliance. Tu mets au monde le salut qu’annoncent les prophètes : Voici la Vierge concevra ; l’enfant qui naîtra d’elle est ‘Dieu avec les hommes’» (Liturgie de l’Avent).


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