L'Assomption de Marie

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Cet article est issu du Sources Vives n°95 : La Mère de Jésus.

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Qu’est-ce donc que ce «dogme», solennellement proclamé par l’Église à travers la Constitution apostolique Munificentissimus Deus, et qui engage notre vie chrétienne «dans la foi divine et catholique», au risque d’y «faire complètement défection si on osait volontairement nier ou mettre en doute ce qui est ainsi défini»[1] ?

On sait les réserves et les réticences que d’autres confessions chrétiennes ont pu exprimer à cet égard. Aussi n’est-il pas inutile de bien comprendre à partir de quoi un tel dogme a pu être proclamé et sur quelles bases spirituelles, scripturaires, patristiques et dogmatiques, il a pu être bâti. Toute une lumière peut jaillir de là, venant éclairer jusqu’au plus vif et au plus intime de nos vies. Comment en effet ne pas nous sentir directement concernés par ce qu’a pu vivre celle qui reste avant toutes choses notre sœur aînée ?


Le dogme de l’Assomption s’appuie tout d’abord sur une solide donnée doctrinale.

Dieu appelle tout être humain au partage de sa divinité. L’Écriture nous enseigne que, dès sa création, l’homme a été fait à son image et comme sa ressemblance (Gn 1,26). Cette intention originelle reste bien notre destination ultime. Et elle demeure universelle. Oui, Dieu a créé l’homme incorruptible, affirme le livre de la Sagesse ; il en a fait une image de sa propre nature (2,23). On est donc déjà dans la droite ligne de la Révélation biblique en disant que Marie, que toute une tradition se plaît à appeler la Nouvelle Ève, au terme de sa course, est pleinement glorifiée, dans son âme et dans son corps, comme image et ressemblance de Celui qui l’a créée. L’apôtre Pierre lui-même ne nous rappelle-t-il pas que nous devons devenir participants de la nature divine (2 P 1,4) ? Ainsi sommes-nous tous transformés en image toujours plus glorieuse, comme il convient à l’action du Seigneur qui est Esprit (2 Co 3,18).

Affirmer que Marie est glorifiée dans son âme et dans son corps, elle que Dieu a comblé de grâce et que l’Esprit a couverte de son ombre (Lc 1,28.35), n’est donc pas en contradiction avec la foi chrétienne. Elle la montre simplement arrivée à son terme. Au terme où il est dit que nous entrerons alors de toute notre plénitude dans toute la plénitude de Dieu (Ep 3,19).

Il n’en reste pas moins que le péché a tout gauchi. C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde, dit encore le livre de la Sagesse (2,24). L’apôtre Paul y fait écho en précisant même que si le péché est entré dans le monde et, par le péché, la mort, ainsi la mort a passé en tous les hommes du fait que tous ont péché (Rm 5,18). Hors d’un Dieu rédempteur, nul homme ne peut donc être sauvé.

Du fait de l’Immaculée Conception

C’est ici que le dogme de l’Immaculée Conception, défini par l’Église en 1854, vient au devant de celui de l’Assomption. Première rachetée, par la Rédemption elle-même de son Fils, inscrivant, une fois pour toutes et dans la plénitude des temps, un salut qui vaut pour tous et pour tous les temps, Marie a bénéficié de la grâce de naître sans péché. Elle ne pouvait qu’être toute pure, celle en qui a voulu prendre chair le Dieu trois fois saint. Il est donc juste et bon que l’Église puisse affirmer, dans la lumière de sa foi chrétienne, éclairée par l’Écriture Sainte [2] que «la Vierge Marie, ayant vaincu le péché par son Immaculée Conception, de ce fait n’a pas été sujette à la loi de demeurer dans la corruption du tombeau, et n’a pas dû non plus attendre jusqu’à la fin du monde, la rédemption de son corps»[3].

À partir du moment où l’on sait que notre mort, telle qu’elle est, est la conséquence directe du péché, il est clair que l’on peut dire qu’elle en a été victorieuse par la grâce de l’unique Sauveur, celle qui n’a commis aucun péché. En toute logique de notre foi chrétienne.

De son intime union au Rédempteur

De la même manière, on peut dire qu’en proclamant Marie Mère de Dieu (puisqu’elle est mère de Jésus Christ qui est, personnellement et indissociablement, homme et Dieu puisque Dieu-fait-homme), la théologie la plus sûre peut postuler que le Seigneur s’est plu à l’associer jusqu’au bout au partage ultime de sa gloire. Vivant parfaitement en «compagne du Christ», comme le montrent les Évangiles [4], on peut dire que «la Mère de Dieu, ayant vécu dans l’union la plus étroite avec son Fils, a partagé toujours son sort». L’Église peut donc affirmer : «Puisque notre Rédempteur est le Fils de Marie, il ne pouvait certainement pas ne pas honorer sa Mère très aimée. Or, il pouvait la parer d’un si grand honneur qu’il la garderait exempte de la corruption du tombeau». Et Pie XII de conclure : «Il faut donc croire que c’est ce qu’il a fait en réalité»[5].

Mieux encore, à partir du moment où nous pouvons dire que Marie, Ève nouvelle, a été étroitement unie au Christ, Nouvel Adam, dans sa lutte contre les puissances du mal — et sa présence au pied de la croix montre qu’elle l’a été —, on peut aussi en déduire que «le combat commun de la bienheureuse Vierge et de son Fils devait se terminer par la glorification de son corps virginal»[6]. Ainsi a-t-elle enfin «obtenu comme suprême couronnement de ses grâces d’être gardée intacte de la corruption du sépulcre, en sorte que, comme son Fils l’avait été après sa victoire sur la mort, elle aussi a été élevée, dans son corps et dans son âme, à la gloire suprême du ciel»[7].

En toute logique dogmatique

Ne nous offusquons pas trop vite en criant au privilège indu ou à l’extrapolation des textes. Si nous acceptons la globalité de notre foi chrétienne, il y a dans notre foi en l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie à laquelle l’Église nous demande de croire sans réticences, une grande logique dogmatique fondée sur les meilleures bases doctrinales. Le Premier Testament déjà n’hésite pas à affirmer : Les âmes des justes sont dans la main de Dieu et nul tourment ne les atteindra. Aux yeux des insensés ils ont paru mourir... mais ils sont dans la paix. Ils ont aux yeux des hommes connu l’épreuve, mais leur espérance était pleine d’immortalité (Sg 3,1-4).

On comprend qu’animé de la même espérance, l’apôtre Paul ait osé écrire à son tour : Du moment que vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. Songez aux choses d’en haut, non à celles de la terre. Car vous êtes morts et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu. Quand le Christ sera manifesté, lui qui est votre vie, alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui pleins de gloire (Col 3,1-3).

La Vierge Marie n’est donc pas une exception. Elle est tout simplement la première. La première arrivée. Son Assomption, en son âme et en son corps, préfigure la nôtre, attendue en espérance. Croire à cela est bien dans la droite ligne de notre entière foi chrétienne. Le Concile Vatican II ne pouvait donc que reprendre clairement cette affirmation de l’Église en redisant : «La Vierge immaculée, préservée intacte de toute souillure de la faute originelle, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée avec son corps et son âme, à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme Reine de l’univers, pour être plus pleinement conformée à son Fils, le Seigneur des Seigneurs, vainqueur du péché et de la mort»[8].

On objecte souvent, dans certains milieux protestants, que l’Église catholique tire parfois ses dogmes beaucoup plus de la spéculation dogmatique que des textes bibliques. Que peut-on dire à ce sujet du dogme de l’Assomption ? Je crois qu’on peut affirmer, sans crainte, qu’il s’appuie également sur de bonnes données scripturaires.

On a déjà vu combien la Bible nous enseigne que Dieu, dans la Toute Puissance de son amour et dans la fidélité de ses promesses et de ses dons qui sont sans repentance, nous invite tous au partage de sa gloire (Ps 139,24). C’est bien pour l’immortalité qu’il nous a créés. Dès le protévangile, une inimitié entre le serpent et la femme, entre son lignage et le sien est déjà annoncée (Gn 3,15). Dès le Premier Testament, la résurrection des corps est déjà affirmée [9].

Tous promis à la Résurrection

Mais ce n’est qu’avec la venue sur terre du Verbe de Dieu incarné que l’humanité apprend, émerveillée, qu’à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu (Jn 1,12). Car, nous dit Jésus, la volonté de celui qui m’a envoyé est que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour (6,39). Quelle foi ne peut-on en effet accorder à celui qui ressuscite le fils de la veuve de Naïm, la fille de Jaïre et son ami Lazare ! Quelle promesse dès lors n’est-elle pas la nôtre, quand il nous dit qu’étant fils de Dieu, nous sommes fils de la résurrection et qu’ayant été jugés dignes d’avoir part à l’autre monde, on ne peut plus mourir (Lc 20,35-36) ?

Il n’en reste pas moins que nous devrons encore tous passer par la mort puisque nous sommes tous porteurs et coupables de ce péché qui nous voue à la mort (Rm 7,14-23). Là pourtant ne s’arrêtent pas les promesses du Christ. Si nous écoutons attentivement ses paroles rapportées par l’Évangile, nous ne manquons pas d’être surpris. En vérité, en vérité je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle. Notons bien le présent d’une éternité déjà donnée. Il n’est pas soumis au jugement, mais il est déjà passé de la mort à la vie. Notons plus encore le passé signifiant l’accomplissement d’une pâque déjà vécue. Quelle puissance le Seigneur n’accorde-t-il pas à cette écoute de sa parole doublée d’une parfaite foi en lui et en celui qui l’a envoyé (Jn 5,24) !

Par la puissance de la Parole éternelle

Mais il y a mieux encore. Dans sa controverse avec les juifs incrédules, au cœur même de la Ville Sainte, au milieu du Temple (Jn 8,2.59), Jésus proclame : En vérité, en vérité je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne verra jamais la mort (8,51). On se récrie en le traitant de possédé. Mais Jésus redit de plus belle : En vérité, en vérité je vous le dis, si quelqu’un garde ma parole, il ne goûtera jamais la mort (8,52). Quelle promesse le Fils de Dieu ne lance-t-il pas ici, à l’adresse de quiconque saurait parfaitement garder sa parole ! Cette parole écoutée, gardée et pratiquée dont il dit aussi, explicitement, qu’elle donne de devenir en vérité et son frère et sa sœur et sa mère [10].

Le sommet de la Révélation en ce domaine est atteint quand Jésus, à l’heure même de ressusciter Lazare, pourtant mort depuis quatre jours déjà, proclame : Je suis la Résurrection et la Vie. Qui croit en moi, fût-il mort, vivra. Et il ajoute, de manière stupéfiante : Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. C’est bien à chacun de nous que s’adresse, comme à Marthe, l’interrogation du Seigneur : Crois-tu cela ? (Jn 11,25-26). Jamais Jésus n’est allé aussi loin dans ses promesses de vie éternelle.

Si donc quelqu’un, réellement, vit et croit parfaitement en lui, non seulement il vivra, parce qu’il ressuscitera, mais encore il ne mourra jamais ! Avons-nous jamais véritablement pris la mesure de telles paroles de Vie de la part de Celui qui est le Seigneur de la gloire (1 Co 2,8) ?

Celle qui a parfaitement vécu et cru

Que pouvons-nous en conclure par rapport à la Vierge Marie ? Tout simplement ceci : elle a parfaitement écouté la parole de Dieu et cru sans réserve à Celui qui a envoyé son Fils dans le monde (Lc 1,38). Elle est donc, comme promis, passée de la mort à la vie, ayant déjà en elle la vie éternelle (Jn 5,24). Elle a parfaitement gardé la parole de Jésus, elle dont toute la vie n’a été qu’un pur fiat, disant elle-même aux hommes : Faites tout ce qu’il vous dira (Jn 2,5). Comme le Seigneur l’a dit, elle n’a donc jamais vu, ni même jamais goûté de la mort. Elle l’a simplement traversé comme une pâque vers l’éternité. Elle a parfaitement vécu et cru en lui, Jésus, qui a dit : Je suis la Résurrection et la Vie. Au nom même de Sa parole, elle a connu la réalisation de la promesse du Christ disant : Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.

Si l’on veut donc des appuis scripturaires pour fonder la définition du dogme de l’Assomption de la Vierge, en voilà au cœur même de l’Évangile !

En relisant, à cette lumière, ce que l’apôtre Paul nous dit du mode de notre propre résurrection, on comprend ce qu’a pu vivre Marie en passant de cette vie corruptible, où elle ne pouvait tomber, pour n’avoir jamais péché, à l’incorruptibilité ; et de cette vie mortelle, où elle ne pouvait sombrer, pour avoir toujours été de plain pied avec la grâce divine et avoir été sans cesse ouverte aux valeurs d’éternité, à l’immortalité (1 Co 15,53).

Des précédents éloquents

Non sans audace le Premier Testament nous ouvre déjà à cette perspective quand il nous laisse entendre que le patriarche Hénok fut enlevé par Dieu (Gn 5,24), en sorte qu’il ne vit pas la mort, et on ne le trouva plus (He 11,5) ; que le prophète Élie fut emporté sur un char de feu et monta au ciel dans un tourbillon (2 R 2,11) ; cependant que certains textes du judaïsme nous laissent à entendre que Moïse lui-même fut enlevé par l’Éternel et qu’en tout état de cause, jusqu’à ce jour, nul n’a connu son tombeau (Dt 34,6).

À l’adresse de tous les justes, dont saint Paul écrit à son disciple Tite que, sauvés par la grâce du Christ, ils obtiennent déjà en espérance l’héritage de la Vie éternelle (3,7), les promesses sont encore plus claires, à l’autre extrémité des Écritures Saintes, dans l’Apocalypse, le dernier livre de la Bible. Reste fidèle jusqu’à la mort et je te donnerai la couronne de vie, est-il dit par le Christ à l’Église de Smyrne (Ap 2,10). Le vainqueur, je le ferai colonne dans le Temple de mon Dieu, est-il promis à l’Église de Philadelphie (3,12). Je lui donnerai de prendre place auprès de moi sur mon trône, comme moi-même après ma victoire, j’ai pris place auprès de mon Père sur son trône, est-il déclaré à l’Église de Laodicée (3,21).

Que ne devrait-on dire à l’adresse de cette Femme — une Femme ! — enveloppée de soleil, la lune sous ses pieds et douze étoiles couronnant sa tête, que le visionnaire de l’Apocalypse décrit comme un signe grandiose apparu dans le ciel (12,1) ? On peut y voir bien sûr la figure de l’Église. Pourquoi pas ? Mais la liturgie ne se trompe pas non plus en voyant, depuis toujours, dans cette mère de l’Enfant mâle, la propre mère du Fils, ce Fils du Père qu’à la plénitude des temps, Dieu envoya en le faisant naître d’une femme (Ga 4,4), la bienheureuse Vierge Marie, montée au ciel, conformément aux promesses du Christ et à ses paroles de vie éternelle.

C’est bien sur l’Écriture qu’est également fondée la définition du dogme de l’Assomption !

Les Pères de l’Église et les théologiens ne s’y sont pas trompés qui, au long des siècles et dans une belle continuité, n’ont eu de cesse de dire leur foi en la glorification de Marie en son âme et en son corps, dès la fin de son séjour sur la terre.

Ce faisant, ils parlaient non seulement dans la ligne des données scripturaires, mais encore de toute une tradition de foi exprimée et vécue. En témoignent «les innombrables églises consacrées à Dieu en l’honneur de la Vierge Marie dans son Assomption», depuis les temps les plus anciens, tant en Orient qu’en Occident. En témoignent aussi les icônes, les images sacrées, les œuvres d’art et jusqu’à ce merveilleux bas-relief que nous avons donc la grâce de posséder à Saint-Gervais et devant lequel nous avons à présent la joie de prier. En témoigne également le rosaire marial qui, depuis des siècles, propose un de ses «mystères» à l’Assomption au ciel de la bienheureuse Mère de Dieu.

Toute une tradition liturgique

Plus parlant encore est ce qu’on pourrait appeler «l’argument liturgique» montrant de façon éclatante combien, tant en Orient qu’en Occident, les solennités liturgiques ont pu être célébrées en l’honneur de l’Assomption ou de la Dormition.

Dès l’époque carolingienne, le Sacramentaire d’Adrien le mentionne en disant : «Vénérable est pour nous, Seigneur, la fête de ce jour en lequel la Sainte Mère de Dieu subit la mort temporelle, mais cependant ne put être humiliée par les liens de cette mort, elle qui engendra de sa chair ton Fils, notre Seigneur». Plus tard le Sacramentaire gallican parle de «l’inexplicable mystère de l’Assomption de la Vierge, d’autant plus admirable qu’il est exceptionnel parmi les hommes». Quant à la liturgie byzantine qui aime, à ce propos, parler de Dormition, s’adressant directement à Marie, elle déclare : «Dieu, le Roi de l’univers, t’a accordé des dons qui dépassent la nature, car, de même qu’il te garda vierge parmi l’enfantement, de même il préserva ton corps de la corruption dans le tombeau et le glorifia par une divine translation»[11].

Ainsi peut-on relever toute une série de fêtes solennelles instituées en l’honneur de Marie montée au ciel, par des papes comme saint Serge Ier, saint Léon IV et saint Nicolas Ier, qui jalonnent en quelque sorte, au fil des siècles, cette constance dans la foi de l’Église à l’égard de ce que la définition dogmatique du pape Pie XII, en 1950, n’a fait en somme qu’entériner. Il n’est pas sans intérêt de noter combien cette foi s’enracine dans toute une tradition (bien antérieure à la Réforme) de l’Église indivise. Cette suite dans les siècles et cette unanimité entre l’Orient et l’Occident ne peuvent manquer d’impressionner. Si la «vox populi» est bien la «vox Dei», il importe de bien entendre ici la voix du peuple chrétien, chantant ainsi la gloire de la Mère du Christ.

La voix des Pères

Devant la vitalité d’une telle foi s’exprimant spontanément dans toute une liturgie, les Pères et les théologiens ne sont pas demeurés en retrait.

Ainsi saint Jean Damascène (= 754) interpelle la foi des fidèles : «Celle qui, pour tous, a fait jaillir la vraie vie, comment tomberait-elle au pouvoir de la mort ? Certes, comme fille d’Adam, elle se soumet à la sentence (de mort) portée contre son père, car son Fils, qui est la Vie même, ne s’y est pas dérobé. Mais, comme mère du Dieu Vivant, il est juste qu’elle soit élevée jusqu’à lui». Et il s’interroge : «Celle qui n’a commis aucun péché... comment le paradis pourrait-il ne pas la recevoir et le ciel ne pas lui ouvrir joyeusement ses portes ?» Il en conclut : «Il fallait que celle qui avait conservé sans tache sa virginité pendant l’enfantement, conservât son corps sans corruption même après la mort... Celle qui avait hébergé le Verbe de Dieu en son sein, ne pouvait qu’être logée dans la demeure de son Fils»[12].

Toujours au VIIIe siècle, saint Germain de Constantinople (= 733) écrit, lui aussi, plein d’enthousiasme : «Mère de Dieu, vraiment je te le redis avec action de grâces, ton Assomption ne t’a nullement éloignée des chrétiens... Comment la dissolution de la chair aurait-elle pu te réduire en cendre et poussière, toi qui as délivré l’homme de la ruine de la mort par l’Incarnation de ton Fils ?» Et il poursuit en toute logique : «La mère de la Vie devait elle-même demeurer avec la Vie ; la mort ne pouvait être pour elle qu’un sommeil, et l’Assomption comme un réveil pour la mère de la Vie». Et il conclut à son tour : «Ainsi, morte aux choses qui finissent, tu as émigré vers les demeures incorruptibles de l’éternité où Dieu réside. Tu as été corporellement sa demeure et maintenant c’est lui qui, en retour, est devenu le lieu de ton repos»[13].

Dans la même ligne, et toujours en Orient, saint Modeste de Jérusalem n’hésite pas à affirmer : «À titre de très glorieuse mère du Christ, l’auteur de la Vie et de l’Immortalité, Marie est vivifiée dans l’incorruptibilité éternelle de son corps, par celui-là même qui l’a ressuscitée du tombeau et l’a élevée jusqu’à lui de la manière que lui seul connaît»[14]. On comprend, relisant cela, toute la ferveur des chrétiens de Jérusalem à l’égard de la Dormition de la Vierge.

La voix des moines et des docteurs

En écho à ces affirmations de foi de l’Orient chrétien, l’Église d’Occident n’est pas demeurée en reste. On connaît les fameux sermons de saint Bernard sur l’Assomption : «S’il est pour toute chair un temps pour parler, s’écrie-t-il, c’est bien aujourd’hui où la Mère du Verbe fait chair est enlevée aux cieux... La piété ne souffre pas que nous taisions aujourd’hui la gloire de Marie». Ce qui ne l’empêche pas de conclure, plein de sagesse à l’égard de la gloire qui n’a sa source qu’en Dieu : «Il me paraît encore plus prodigieux de voir le Fils de Dieu s’abaisser jusqu’à nous que de voir la Mère de Dieu exaltée aujourd’hui jusqu’à lui par pure grâce»[15]. C’est bien par la seule puissance de Dieu et pour sa gloire que Marie, en effet, a été par lui gracieusement exaltée.

Guerric d’Igny, de son côté, peut dès lors proclamer à son tour : «Pendant neuf mois, le Christ a habité en elle ; pendant de nombreuses années, il a habité avec elle... Maintenant, en elle et avec elle à tout jamais, il la rassasie de la gloire de la bienheureuse vision»[16].

Si nous interrogeons à présent ceux à qui l’Église a donné le titre de docteurs, que lisons-nous ? «Vous savez clairement que la Vierge Marie a été élevée au ciel dans son corps», proclame saint Antoine de Padoue. «De la même façon que Jésus Christ est ressuscité en triomphant de la mort et est monté à la droite du Père, ainsi pareillement est ressuscitée aussi l’Arche de sa sainteté, lorsque la Vierge Marie a été élevée dans la demeure céleste»[17].

«Il est clair que la bienheureuse Mère de Dieu a été élevée en son âme et en son corps au-dessus du chœur des anges», s’exclame saint Albert le Grand. «Et nous croyons que cela est vrai de toutes façons»[18].
Bien que n’en parlant qu’incidemment, saint Thomas d’Aquin ne cesse de maintenir que «le corps de Marie a été élevé au ciel avec son âme»[19].

«Dieu n’a permis en aucune façon que le corps de Marie fut réduit à la corruption ou tombé en cendres», s’écrie saint Bonaventure. «Il est donc évident que c’est en son âme et en son corps qu’elle se trouve au ciel : sans quoi elle n’aurait pas la jouissance béatifique achevée»[20].

La voix des théologiens

On pourrait citer encore bon nombre de saints théologiens, comme saint Bernardin, saint François de Sales ou saint Pierre Canisius, pour appuyer, de leurs arguments, la foi en l’Assomption. On comprend, voyant cela, que, lorsque le pape Pie XII, en 1946, a lancé son enquête préalable auprès de tous les évêques de la catholicité [21], ce soit dans une quasi unanimité que les réponses ont afflué vers Rome, dans le sens de l’approbation d’une définition dogmatique. Un siècle durant, les demandes n’avaient cessé de se faire pressantes pour appuyer une telle démarche. Ce faisant, l’Église catholique ne s’écarte pas de l’orthodoxie, mais la rejoint tout au contraire au plus fervent de sa foi. L’Orient chrétien se plaît tellement à magnifier la Mère de Dieu !

Au bout du compte, cette convergence impressionnante de toute une tradition où piété populaire, liturgie, Pères, docteurs, mystiques, théologiens se retrouvent dans une quasi unanimité, ne peut manquer de frapper. La foi des fidèles ne s’y est pas trompée, qui, aujourd’hui encore, chaque 15 août, fête solennellement l’Assomption de Marie. Du parvis de Notre-Dame, noir de monde, à la Domerie de Notre-Dame d’Aubrac où les foules se pressent pour la chanter, partout sur la terre, au cours de chaque été de l’hémisphère nord, toute une chrétienté se rassemble pour louer la Mère de Dieu devenue Mère des hommes et pour la glorifier.

Aussi est-ce en toute assurance et sans crainte de se tromper que l’Église a pu décréter, le 1er novembre 1950, en la personne du successeur de Pierre : «Nous proclamons, déclarons et définissons que c’est un dogme divinement révélé que Marie, l’Immaculée Mère de Dieu, toujours vierge, à la fin de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps, à la gloire céleste» [22]. Nous n’avons plus qu’à donner à cette solennité la pleine joie de notre foi.

Ainsi bâtie sur de solides bases scripturaires, fondée sur de profondes assises théologiques, soutenue par les multiples appuis de toute une tradition chrétienne, l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie devient une réalité d’une infinie richesse pour nos vies spirituelles. Le quotidien de nos existences en est tout éclairé. L’espérance de nos âmes en est raffermie. La route de nos vies en est toute réjouie. Dans l’Assomption de Marie, toute l’humanité peut se sentir concernée.

Au cœur de notre foi chrétienne

Quelle est notre espérance en effet ? La vie éternelle. Quel est notre destin par-delà la fin de cette existence ? La résurrection d’entre les morts. Quel est le but ultime de notre route ? Prendre place auprès du Christ dans le Royaume des cieux. Voilà le sens des promesses de Dieu et l’objet essentiel de notre foi chrétienne.

Or, Marie, notre sœur aînée et notre mère, créature humaine comme nous et première rachetée du Christ Sauveur, est déjà parvenue au terme. Celle qui a tout connu de notre condition humaine est arrivée à ce qui est l’aboutissement et le couronnement promis de tous nos cheminements sur la terre. Quelle espérance pour nos vies et quel réconfort pour nos âmes ! Comme le dit magnifiquement Guerric d’Igny : «Figure de l’Église, Marie est la mère de tous ceux qui renaissent à la Vie. En mettant la Vie au monde, elle a fait naître d’une certaine manière à une vie nouvelle tous ceux qui devaient trouver leur vie dans cette Vie... Maintenant, nous habitons à l’abri de la Mère du Très-Haut, nous demeurons sous sa protection, à l’abri de ses ailes. Plus tard, nous partagerons sa gloire et nous serons réchauffés en son cœur»[23].

Notre foi chrétienne nous enseigne en effet que nous sommes tous appelés à ressusciter à l’appel de sa voix (Jn 5,30). Et elle nous précise bien que cette résurrection concerne l’homme dans sa totalité, dans notre âme et dans notre corps. «Ainsi l’exemple de notre chef, le Christ, proclame le IIe Concile de Tolède, nous fait confesser qu’il y a une véritable résurrection de la chair pour tous les morts». Et il précise bien : «Nous ne croyons pas que nous ressusciterons dans un corps aérien ou dans quelque autre espèce de chair, mais dans cette chair avec laquelle nous vivons, nous existons et nous mourrons»[24]. Nous vivons «pour être ressuscités par Dieu au dernier jour dans la chair dans laquelle nous vivons maintenant et dans la forme dans laquelle le Seigneur est ressuscité», répète à l’envi toute la tradition de l’Église [25].

Tous appelés à être un jour glorifiés

Ainsi, de partout, est-il affirmé que, de même que «la glorification de la Tête mystique du Corps du Christ est un renvoi à la gloire à venir de ses membres», de même l’homme recevra sa récompense pour ce qu’il aura fait dans son corps [26]. Du premier Credo des Apôtres au dernier Concile de Vatican, toute la foi de l’Église reprend donc ce que Jésus a si clairement révélé par sa vie et par son Évangile.

Quel dynamisme donc pour nos vies que de savoir que, non seulement l’accès à la béatitude nous est ouvert depuis l’Ascension du Christ, mais encore que l’assurance nous en est donnée par l’Assomption de notre propre Mère, la Vierge Marie ! Celui qui a donc glorifié au ciel sa mère en son corps et en son âme, conformera aussi notre corps à son corps de gloire. Puissions-nous donc lui devenir conforme dans la mort, afin de parvenir, si possible, à ressusciter d’entre les morts. Saint Paul peut alors affirmer, plein d’assurance : Il transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire, avec cette force qu’il a de pouvoir se soumettre tout l’univers (Ph 3,10...21).

Comment, dans cette perspective ne pas entendre l’exhortation du dernier concile de notre Église quand il nous dit : «Que tous les chrétiens adressent à la Mère de Dieu et à la Mère des hommes d’instantes supplications, afin que celle qui, par sa prière, a assisté les débuts de l’Église, maintenant qu’elle est exaltée au ciel, au-dessus des anges et de tous les bienheureux, intercède encore auprès de son Fils, dans la communion de tous les saints, jusqu’à ce que toutes les familles des peuples, qu’elles soient parées du nom de chrétien ou qu’elles ignorent encore leur Sauveur, aient le bonheur de se rassembler dans la paix et la concorde, dans l’unique peuple de Dieu, pour la gloire de la très sainte et indivisible Trinité»[27].

On ne saurait ouvrir les perspectives du salut à plus d’universalité et de largesses. C’est bien de tous les hommes que Marie est la Mère en effet. Comment donc ne pas espérer que tous ses enfants puissent être un jour, avec elle et comme elle, rassemblés dans la Gloire ?

Puisse donc le Père de la gloire illuminer les yeux de notre cœur, pour nous faire voir quelle espérance nous ouvre son appel, quels trésors de gloire renferme son héritage parmi les anges et les saints, auprès de celle qui est la Reine des anges et des saints (Ep 2,17-18) ! Comme nous devons donc l’aimer et le respecter ce corps que Dieu nous a donné puisqu’il est promis, lui aussi, au partage de sa gloire ! C’est par lui, avec lui et en lui, et c’est aussi pour lui, que nous sommes appelés à nous sanctifier. L’Écriture le dit sans détours : notre corps est un temple du Saint Esprit. Voilà pourquoi le corps est pour le Seigneur et le Seigneur est pour le corps... Glorifions donc Dieu dans notre corps ! (1 Co 6,13-20).

Tout cela nous amène, pour conclure, à nous demander ce qu’a pu être, très concrètement, ce que l’Orient appelle la Dormition et que l’Occident nomme l’Assomption de Marie.

Une vraie mort, mais pas mortelle

Les textes sont à la fois très explicites et très discrets à ce sujet. Aucun ne dit que Marie n’a pas connu la mort ni achevé la course de sa vie sur la terre. Pas plus que Jésus qui n’a pas voulu en faire l’économie. Marie, co-rédemptrice si l’on peut dire, l’a suivi jusque dans le don ultime de sa vie, achevant en sa chair ce qui manque à la Passion du Christ, pour son Corps qui est l’Église (Col 1,24). Si Jésus a pu dire : Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne, et a offert jusqu’au bout son libre et sublime sacrifice pour la vie du monde (Jn 6,51 ; 10,18), Marie, elle, a pu dire avec l’apôtre : Ainsi la mort fait son œuvre en nous et la vie en vous (2 Co 4,12).

À bien méditer les textes de la Passion, je pense même personnellement que l’on pourrait dire que Jésus a tellement vécu sa mort qu’il est mort deux fois : une première fois, dans la tristesse et l’angoisse, à Gethsémani, brisé jusqu’à la sueur de sang ; et une seconde fois, sur la croix, en disant : Père, je remets mon Esprit entre tes mains. Il l’a subie à Gethsémani et il l’a offerte sur la croix. Il est bien, à ce titre, le premier-né d’entre les morts (Col 1,18). Marie, de même, est morte de douleur au Calvaire, un glaive de souffrance lui perçant le cœur (Lc 2,35) ; et elle a fait l’offrande ultime de toute sa vie, le jour où elle a quitté cette terre, pour se remettre entre les mains du Père.

Aucun reste dans aucun tombeau

Qu’y a donc été cet adieu ultime de Marie à l’ici-bas de notre vie ? Nous l’avons vu. Le Nouveau Testament est aussi discret sur ce sujet qu’il l’est sur la façon dont Jésus s’est relevé du tombeau. Mais, dès l’abord, toute une tradition s’est plu à vénérer sa glorification. Au demeurant, il n’existe nulle part, pas plus à Éphèse qu’à Jérusalem, un tombeau où l’on vénère les restes de la Vierge. Il est clair que, si c’était le cas, les fidèles n’auraient pas manqué d’en faire un lieu d’extraordinaire pèlerinage. Pensez ! les reliques de la plus sainte de tous les saints !

Mais non ! Le corps de Marie n’est plus nulle part sur cette terre. Vingt siècles durant, éclairée par la lumière de l’Écriture, portée par la grâce de l’Esprit, et avec la constance que l’on a vu, toute la Tradition de l’Église a médité sur ce fait. Et elle en a conclu ce que l’on sait. Sa mort a été comme un sommeil. Mieux encore, car cela a été quelque chose d’unique en son genre : une Dormition. Mais il y a eu aussi un éveil. Et ce réveil a pris le nom d’Assomption.

Plus explicites encore, les textes de l’Église nous disent que Marie a alors «émigré vers les demeures célestes», qu’elle a été «enlevée au ciel» ; qu’elle s’est trouvée «élevée dans la demeure céleste» ; littéralement, «emportée jusqu’auprès de Dieu de la manière que lui seul connaît».

«La vie de Marie s’est terminée par son retour à la Maison de Dieu.» Mais, s’interroge Karl Rahner, «faut-il dire qu’elle est terminée ? Il fallait que ce qu’elle avait de transitoire tombât au pouvoir de la mort ; mais seulement pour qu’apparût au grand jour ce qu’elle avait d’éternel, cette lumière éternelle née de mille feux allumés en elle par chacun des moments de son existence». Et le grand théologien allemand de conclure : «C’est ainsi que toute l’existence de Marie est entrée dans l’éternité... Rien de sa vie ne s’est perdu, tout pour elle continue à vivre, tout est assumé dans la plénitude éternelle de son âme entrée dans la patrie bienheureuse»[28].

Et quel beau confirmatur à tout cela, dans le fait même de toutes ces apparitions de Marie, vis-à-vis desquelles l’Église, à maintes reprises, n’a pas hésité à proclamer sa foi. Tant de voyants l’ont contemplée ! Tant de miracles, à la suite de ces apparitions de la Vierge, avec son corps glorifié, se sont produits. Tant de grâces ont été données. Qui, désormais, se disant fils de l’Écriture et de la Tradition, oserait douter encore de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie ?

Ce qui est donc sûr, c’est que son corps, déjà glorifié par son Immaculée Conception, virginal, tout entier engagé avec elle, la Comblée de grâce, dans sa lutte contre les puissances du mal, n’a connu ni la corruption ni la réduction en cendres. Que s’est-il alors passé ? Qu’est-il concrètement devenu ?... Ces questions sont certes légitimes. Mais elles relèvent finalement plus de notre curiosité que de la lumière de notre foi. Ne nous suffit-il pas de saisir l’essentiel, à savoir que Marie a vécu alors ce qu’a vécu le Christ, son Fils, notre Seigneur, au terme de son séjour sur la terre ?

Le dogme défini le 1er novembre 1950 nous dit tout quand il proclame simplement que «Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste».

Qu’en ressort-il pour nos propres vies ? Une immense lumière pour ce qui est du terme ultime de notre existence. Nous mourrons tous en effet. Mais nous serons tous transformés. La mort n’est pas une fin, elle est une pâque. Elle n’est pas un anéantissement, elle est un sommeil. Jésus l’a redit à l’envi29. Si quelqu’un vit et croit en moi, il ne mourra jamais (Jn 11,26). Il passera de cette vie à l’autre vie. Il sera élevé avec le Christ au ciel. Il sera conformé à son corps de gloire. Ceux qui se sont endormis avec Jésus, Dieu les amènera avec lui, affirme l’Écriture (1 Th 4,14). Quelle espérance pour nos âmes !

Porteurs, comme Marie, de cette Parole de Dieu qui est Vie éternelle, nourris de l’Eucharistie qui est déjà en nous germe d’immortalité (Jn 6,54), nous pouvons avancer, pleins de foi, sur les pas de la Vierge. «Elle brille comme un signe d’espérance assurée et de consolation devant le peuple de Dieu en marche»30. Stella matutina ! À nous aussi le Seigneur a promis de nous donner un jour l’Étoile du Matin (Ap 2,28). La glorification corporelle de Marie anticipe celle de tous les saints. Tous les saints précisément célébrés chaque 1er novembre, jour où le dogme de l’Assomption a été proclamé. Ce jour où nos Fraternités Monastiques de Jérusalem sont nées et qui veulent être aussi pour cela, plus que jamais, consacrées à la Vierge Marie, Notre-Dame de la Dormition et Notre-Dame de l’Assomption. Une Dormition et une Assomption vécues, voici vingt siècles, au cœur de la Ville Sainte.

 


 
1. Denzinger, Symboles et Définitions de la Foi, 3903, Cerf, Paris, 1996.
2. Cf. Lc 1,26-38 ; Jn 17,24 ; Ep 1,3-4.
3. Munificentissimus Deus (MD), Ens. Pont., Desclée, 1958, n°485.
4. Cf. Lc 1-3 ; Jn 2,1-11 ; Lc 8,19-21 ; Jn 19,25-27.
5. MD n°518.
6. MD n°519.
7. MD n°520.
8. Lumen Gentium n°59.
9. Cf. Dt 32,39 ; 1 S 2,6 ; Sg 16,13 ; 2 M 7,9-14 ; Ps 70,20 ; 53,10 ; Ez 37 ; Jon 2,7.
10. Cf. Mt 12,50 ; Mc 3,35 ; Lc 8,21 ; 11,27-28.
11. Liber Pontificalis ; cité in MD n°500.
12. S. Jean Damascène, Homélie pour la Dormition II, 3, 14, PG 96, 723-726.
13. S. Germain de Constantinople, Homélie pour la Dormition, PG 98, 346-347.
14. S. Modeste, Dormition de la bienheureuse Vierge Marie n°14.
15. S. Bernard, 4e Sermon sur l’Assomption, Seuil, 1953, p. 1003.
16. Guerric d’Igny, Sermon I pour l’Assomption 1,2, PL 185, 187.
17. S. Antoine de Padoue, Serm. In Assump. B.V.M.
18. S. Albert le Grand, Mariale, q. 132.
19. MD n°511.
20. S. Bonaventure, Sur le Cantique 8,5.
21. Lettre du 1er mai 1946.
22. Textuellement : «Definimus divinitus revelatum dogma esse : Immaculatam Dei param semper Virginem Mariam, expleto terrestris vitæ cursu, fuisse corpore et anima ad cœlestem gloriam assumptam.»
23. Guerric d’Igny, Sermon I pour l’Assomption 4,6, PL 185, 189.
24. IIe Concile de Tolède, Denzinger, 540.
25. Cf. Professions de foi de Damase, Denzinger 72 ; d’Athanase, Denz. 76 ; d’Honorius Ier, Denz. 485 ; de Léon IV, Denz. 684 ; d’Innocent III, Denz. 797 ; Concile de Latran, Denz. 801, etc.
26. Lumen Gentium n°48.
27. Lumen Gentium n°69.
28. K. Rahner, L’Homme au miroir de l’année chrétienne, Mame, 1966, p. 225.

 

Au fil de la liturgie

Agenda liturgique

Florence  Du 26 au 28 mai 2017

Ritiro per laici - dal 26 al 28 maggio all'eremo di Lecceto

Da venerdì 26 maggio (sera) a domenica 28 è proposto un ritiro spirituale per laici all'Eremo di Lecceto (Malmantile-Firenze) sul tema: 

 

"Attingere al cielo in mezzo a noi: la Spiritualità di Comunione nell'oggi della Chiesa e dell'Umanità"

 

Due giorni aperti a tutti, per approfondire insieme lo "Spirito di Comunione" in un clima di silenzio, preghiera, ma anche condivisione e dialogo fraterno.

 

Ci aiuterà Michel Vandeleene, focolarino, psicologo, teologo.

Lieu : Lecceto (Malmantile)

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Bruxelles  Le 27 mai 2017

Pas de laudes ni de vêpres à Saint-Gilles

Le samedi 27 mai, seule l'Eucharistie sera célébrée à Saint-Gilles à 12h30.


Bruxelles  Le 28 mai 2017

Pas de vêpres à Saint-Gilles


Cologne  Le 2 juin 2017

Rosenkranzgebet

An jedem ersten Freitag im Monat laden wir herzlich im Anschluss an die Abendmesse zum gemeinsamen Rosenkranzgebet ein, um die Anliegen der Kirche und unsere persönlichen Anliegen der Gottesmutter anzuvertrauen.

Horaire : 19h25

Lieu : Kirche Groß Sankt Martin


Mont-Saint-Michel  Du 2 au 5 juin 2017

We jeunes à la Pentecôte

Attendre et recevoir l'Esprit Saint  avec d'autres jeunes et les frères et sœurs de Jérusalem! Liturgie, Lectio, vie fraternelle pour un week-end au Souffle de l'Esprit au Mont Saint-Michel.

Adressé aux : 18-35 ans

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