Semaine de prière pour l'unité - Thème 2013

Que nous demande le Seigneur ? (cf. Mi 6,6-8)

À l’occasion de son centenaire, le Mouvement des Étudiants chrétiens de l’Inde (SCMI) a été invité à préparer le matériel de la Semaine de prière pour l’unité 2013, et a associé la Fédération universitaire catholique indienne et le Conseil national des Églises en Inde à cette préparation. En dépit de progrès fantastiques survenus au XXe siècle, les Églises de l’Inde ont conservé les divisions doctrinales héritées d’Europe et d’ailleurs. La désunion des chrétiens indiens, à l’intérieur même des Églises et entre elles, est encore accentuée par le système des castes. Celui-ci, tout comme l’apartheid, le racisme ou le nationalisme, représente un gros défi pour l’unité des chrétiens en Inde, et par consé- quent pour le témoignage éthique et ecclésial de l’Église, en tant qu’unique Corps du Christ. La question des castes, en ce qu’elle divise l’Église, est donc une question doctrinale aiguë. C’est dans ce contexte que, cette année, la Semaine de Prière pour l’unité chrétienne nous invite à approfondir le texte biblique bien connu de Michée 6,6-8, en se concentrant sur la question «qu’attend de nous le Seigneur» qui en fait le thème principal.

Voir le document de préparation à la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens 2013

Pourquoi un thème de ce genre ?

Michée comparait ceux qui exploitent les pauvres par cupidité à ceux qui «mangent la chair de mon peuple...» (3,3). En rejetant des rituels et des sacrifices appauvris par le désintérêt pour la justice, Michée exprime ce que Dieu voudrait : une justice qui se situe au cœur de notre religion et de ses rituels. Son message est prophétique en un contexte où les discriminations envers les Dalits sont légitimées à partir de critères religieux et de notions de pureté ou d’impureté rituelles. La foi trouve ou perd son sens selon le rapport qu’elle entretient avec la justice. Dans la situation dalite actuelle, l’insistance de Michée sur l’aspect moral de notre foi nous invite à nous demander ce que Dieu attend vraiment de nous : nous en tenir à des sacrifices, ou marcher avec Lui dans la justice et la paix ?


Le chemin à suivre par le disciple du Christ implique nécessairement qu’il marche sur la voie de la justice, de la miséricorde et de l’humilité. La métaphore de la « marche » a été choisie comme lien entre les huit journées de prière parce qu’en désignant une activité vivante, intentionnelle et permanente, elle est porteuse du dynamisme qui caractérise le disciple chrétien. De plus, le thème de la 10e assem- blée du Conseil œcuménique des Églises qui se tiendra à Busan, en Corée, en 2013 – «Dieu de vie, conduis-nous vers la justice et la paix» – consonne avec l’image du Dieu-Trinité qui accompagne l’humanité et chemine dans l’histoire humaine en invitant tous les peuples à s’associer à sa propre marche.

 

Les huit sous-thèmes de la semaine qui évoquent divers types de marches nous permettent d’approfondir différentes manières pour le vrai disciple chrétien de marcher sur la route de la justice où se trouve la vie (Prov 12,28a).

1er jour : marcher en conversant

Nous réfléchissons à l’importance des pratiques du dialogue et de l’échange, en ce qu’ils permettent de surmonter les obstacles. Les aptitudes à la parole et à l’écoute sont reconnues comme essentielles, tant en œcu- ménisme que dans les luttes pour la libération des peuples de la terre. Cette authen- tique conversation peut nous permettre de mieux reconnaître le Christ.

2e jour : marcher avec le corps brisé du Christ

En reconnaissant la solidarité qui unit le Christ crucifié et les « peuples brisés » de la terre, comme les Dalits, nous cherchons nous-mêmes, comme chrétiens, à partager cette solidarité plus profon- dément. Ceci dévoile, en particulier, la relation entre eucharistie et justice, et invite les chrétiens à découvrir les modalités pratiques d’une vie eucharistique dans le monde.

3e jour : marcher vers la liberté

Nous sommes aujourd’hui invités à célébrer les efforts de toutes les communautés opprimées à travers le monde qui, comme les Indiens dalits, protestent contre tout ce qui asservit les êtres humains. Nous-mêmes, chrétiens engagés vers une plus grande unité, apprenons que l’élimination de tout ce qui sépare les êtres humains entre eux, est fondamentale pour parvenir à la plénitude de la vie, à la liberté dans l’Esprit.

4e jour : marcher en enfants de la terre

La prise de conscience de notre place dans la création de Dieu nous rapproche entre nous, car elle nous fait percevoir que nous dépendons aussi bien les uns des autres que de la terre. En tenant compte de l’urgence à prendre soin de l’environnement, et à parvenir à un vrai partage et à une justice vis-à-vis des biens de la terre, les chrétiens sont appelés à se comporter en témoins actifs, dans l’esprit de l’année jubilaire.

5e jour : marcher en amis de Jésus

Notre réflexion d’aujourd’hui porte sur les images bibliques de l’amitié et de l’amour humains, en ce qu’ils sont des modèles de l’amour de Dieu pour tout être humain. Si nous nous considérons comme les amis bien-aimés de Dieu, cela comporte des conséquences pour les relations au sein de la communauté de Jésus. Il ne peut y avoir de barrières d’exclusion dans l’Église, puisque c’est une communauté où tous sont également les amis bien-aimés de Jésus.

6e jour : marcher au-delà des barrières

Faire route avec Dieu, c’est marcher au- delà des barrières qui divisent ses enfants et leur font du mal. Les lectures bibliques de cette journée montrent diverses manières de surmonter les barrières humaines, et culminent dans l’enseignement de saint Paul qui nous dit : «Vous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n’y a plus ni Juif ni Grec ; il n’y a plus ni esclave ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme : car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus Christ» (Ep 3,27-28).

7e jour : marcher dans la solidarité

Marcher humblement avec Dieu, c’est cheminer dans la solidarité avec tous ceux qui luttent pour la justice et la paix. Cette marche a des conséquences non seulement sur les croyants individuels, mais aussi sur la nature et la mission véritables de l’ensemble de la communauté chrétienne. L’Église est appelée et rendue capable de partager la souffrance de tous, en prenant la défense et le soin des pauvres, des nécessiteux et des marginalisés. Tout ceci est implicite dans notre prière pour l’unité chrétienne de cette semaine.

8e jour : marcher en célébrant

Les textes bibliques de cette journée abordent la célébration, non pas au sens où il faudrait se réjouir que tout se soit bien passé, mais au sens de célébrer en signe d’espérance en Dieu et en sa justice. Pareillement, la célébration de la Semaine de Prière pour l’unité des chrétiens manifeste notre espérance que notre unité se réalisera lorsque Dieu le voudra et par les moyens qu’il voudra.


Ce que Dieu nous demande aujourd’hui, c’est de marcher sur le sentier de la justice, de la miséricorde et de l’humilité. Prendre ce chemin de disciple, c’est marcher sur la voie étroite du royaume de Dieu, et non pas d’emprunter l’autoroute des empires actuels. Lorsqu’on prend ce chemin de droiture, on s’expose aux ardeurs du combat, à l’isolement qui va de pair avec la contestation, et au risque encouru par la résistance «aux pouvoirs et aux dominateurs» (Ep 6,12). C’est particulièrement vrai lorsqu’en se prononçant ouvertement en faveur de la justice, on est conduit à être traités en fauteurs de troubles et en perturbateurs de la paix. Dans ce contexte, il nous faut bien comprendre que la paix et l’unité ne sont entières que lorsqu’elles sont fondées sur la justice.

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