L’Épiphanie

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Fêtée traditionnellement le 6 janvier, la solennité de l’Épiphanie évoque la venue des mages à Bethléem, pour adorer l’enfant. Mais, selon le sens même de son nom qui signifie en grec «manifestation», elle recouvre en fait bien d’autres mystères, comme le maintient la tradition de l’Orient chrétien, en particulier le baptême du Christ au Jourdain et sa venue aux noces de Cana où il accomplit son premier signe.

 

«Aujourd’hui, disait saint Pierre Chrysologue, au Ve s., les mages qui cherchaient un seigneur brillant dans les étoiles, le trouvent vagissant dans une crèche. Aujourd’hui, le Christ entre dans le sein du Jourdain pour y laver le péché du monde. Aujourd’hui, le Seigneur accomplit le premier des signes du ciel en changeant l’eau en vin.»

 

Il ne s’agit donc pas de s’émerveiller devant un conte de fées — des rois couvrant de présents un enfant pauvre ! — mais de rendre grâce pour la fête de l’universalité qu’est l’Épiphanie. Déjà les détails rapportés par l’évangéliste nous montraient que les figures étaient accomplies, mais aussi subtilement déplacées : ce n’est pas à Jérusalem qu’apparaît l’enfant, mais à Bethléem, «le plus petit des clans de Juda» ; à l’or qui manifeste sa royauté et à l’encens qui exalte sa divinité, les mages joignent un cadeau que n’avait pas annoncé le prophète : la myrrhe qui préfigure son ensevelissement et indique que la puissance de l’enfant se révèle dans son humilité, et jusqu’à l’offrande de sa vie.


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