Le Carême de la joie

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Cet article est un condensé de l'article de frère Antoine-Emmanuel qu'on pourra retrouver dans le Sources Vives n°109 : Le temps pascal

 


 

«Les cinquante jours à partir du dimanche de la Résurrection  jusqu’à celui de Pentecôte sont célébrés dans la joie et l’exultation, comme si c’était un jour de fête unique, ou mieux ‘un grand dimanche’» (Normes Universelles de l’année liturgique du Missel Romain, 22).

 

Un Père de l’Église, Asterius Sophiste, parle de la Sainte Nuit de Pâques comme de la «nymphagogue» de l’Église, c’est-à-dire comme de celle qui conduit l’Épouse à l’Époux : «Ô nuit, désir de tout l’an, ô nuit, nymphagogue de l’Église, ô nuit, mère des néophytes, ô nuit en laquelle l’Héritier introduit l’héritière en l’héritage». La liturgie pascale est bien cela : elle conduit les enfants de l’Église à la rencontre de l’Époux, elle les introduit en son héritage, et cet héritage n’est autre que la joie pascale. Car Pâques est joie, joie pure, joie véritable, joie définitive. «L’Exsultet pascal, écrit Paul VI, chante un mystère accompli au-delà même des espérances prophétiques : dans l’annonce joyeuse de la Résurrection, la peine de l’homme elle-même est transfigurée, et la plénitude de la joie jaillit de la victoire du Crucifié, de son Cœur transpercé, de son Corps glorifié, et illumine les ténèbres des âmes : Et nox illuminatio mea in deliciis mieis, Et la nuit même est lumière pour ma joie».


Mais une nuit suffira-t-elle pour que les baptisés se laissent envahir jusqu’au profond de l’âme par cette plénitude de joie jaillie de la victoire du Crucifié ? Une apparition a-t-elle suffi aux apôtres pour renoncer à toute amertume, toute culpabilité et toute tristesse et pour embrasser l’Évangile de la Résurrection de tout leur cœur, de toute leur âme et de toute leur force ? Certes non ! L’homme a besoin de temps ; le temps est son grand allié. Le printemps de l’âme est semblable à celui de la nature, il ne se déploie que peu à peu, multipliant couleurs et parfums, diffusant joie et allégresse.


L’Évangile, comme les Actes des Apôtres, nous montre bien cette nécessité d’un temps pour entrer dans la joie. Jésus, qui se manifeste vivant dans sa résurrection au jour de Pessah, lui, principe et prémices de l’humanité nouvelle, conduit les siens, cinquante jours durant, vers le jour de la fête des moissons, Shavouot, où, par l’effusion de l’Esprit, les apôtres seront comme ivres de joie. Manquait-il quelque chose au jour de Pâques ? Non ! En ce jour-là, tout nous est déjà donné ; Jésus en sa mort glorieuse a tout accompli, mais tout reste à accomplir — c’est-à-dire à accueillir — en nous. Pâques est déjà plénitude de joie : joie de Jésus puisqu’il est parti vers le Père et que tel est le motif de sa joie comme il l’avait fait comprendre aux apôtres (Jn 14,28) ; joie du Père lui-même qui accueille enfin en son sein l’humanité réconciliée en son Fils, Premier-né d’une multitude de frères ; joie de l’Esprit Saint qui est en personne la joie partagée du Père et du Fils qui exultent et dansent avec des cris de joie (So 3,17).


Tout est donné et rien ne manque. Mais comment les disciples accueillent-ils cette plénitude de joie pascale ? Les quatre Évangiles sont unanimes dans l’évocation d’un climat de doute, de peur, voire d’effroi. Luc évoque le visage sombre des disciples d’Emmaüs, Jean nous montre les larmes de Marie de Magdala, Matthieu parle du doute des Douze rassemblés sur la montagne de Galilée, et Marc n’a pas même une seule mention de la joie pascale. Il y a, certes, des éclairs de joie chez Matthieu, Luc et Jean, mais, à y regarder de près, il s’agit d’une joie bien fragile : chez Matthieu, la joie est mêlée de crainte ; chez Luc, la joie semble étouffer la foi ; chez Jean, la joie est inquiète et Jésus doit renouveler son salut porteur de paix et de miséricorde.


Qu’en est-il alors de la parole de Jésus : Je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie, et votre joie, nul ne vous l’enlèvera (Jn 16,22) ? Le seul jour de Pâques ne suffit pas pour que la joie divine envahisse le cœur des disciples et transfigure leur existence. Il faudra bien quarante jours — le temps d’un exode — pour passer de la liberté offerte à la liberté accueillie, de la joie donnée à la joie reçue. Il faudra même cinquante jours pour que les disciples accueillent la joie bien particulière promise par Jésus qui a deux traits distinctifs : elle habite le cœur et nul ne pourra l’enlever.


Il faut une semaine de semaines pour recréer les cœurs dans la joie. Il ne suffit pas d’avoir trouvé la perle précieuse au jour de Pâques, il faut tout un temps pour s’employer à vendre tout ce que l’on possède de manière à pouvoir acheter cette perle inégalée (Mt 13,45-46). Les «sept semaines de la Sainte Pentecôte»4 nous sont données pour vendre, pour nous séparer de tout ce qui ternit et flétrit la joie. Ainsi l’onction de joie, qui remplace le vêtement de deuil (Is 61,3), pénètre en nous jusqu’à irriguer les recoins les plus secrets et plus hostiles à la joie de notre être. «Le saint, écrit Olivier Clément, est un homme consumé par la joie pascale». Le temps pascal est temps de l’Esprit qui «recrée dans la joie tout ce qu’il effleure», comme le disait le pape Paul VI... et cette nouvelle création dure sept semaines !


Il faut donc un «Carême de la joie» pour convertir les cœurs à la joie : «Une fois le carême terminé, écrit Louis Évely, il reste à faire la plus grande mortification, le plus grand renoncement, celui que tous les autres renoncements doivent préparer et qui prouvera leur authenticité : il faut faire à Dieu le sacrifice d’être heureux ! Et pas le sacrifice d’être malheureux ! Donner à Dieu la joie de nous voir heureux à cause de Lui. Lui dire : ‘Tu as fait assez pour nous, tu nous as suffisamment aimés et tu as assez souffert pour moi pour que je puisse te donner au moins la compensation de me voir heureux. Heureux dans la foi, heureux dans la confiance, heureux de toi’. Vivre tellement de Dieu, être tellement unis à Lui et liés à Lui que, lorsque nous nous examinons, nous ne trouvions rien en nous qui soit plus vivant que Sa joie».


Que fait plus précisément Jésus pour nous tout au long de ce «grand dimanche»10 ? Il nous attire dans sa joie, par sa présence, par sa parole, par son souffle et par son Eucharistie.


La première joie typique du temps pascal est en effet l’expérience de la présence de Jésus ressuscité. Parce qu’il «ne cesse de venir vers nous» (F.-X. Durrwell), le Ressuscité est avec nous. Le drame du corps absent et introuvable cède la place à la joie du corps glorieux qui, en tout lieu et en tout moment, nous offre sa présence aimante et miséricordieuse. Le cierge pascal qui, pendant cinquante jours, demeure au cœur de nos assemblées, en est le signe éloquent, «expression symbolique de la joie festive et ininterrompue de Pâques». La liturgie nous dévoile la présence de Jésus qui demeure avec nous jusqu’à la fin des temps (Mt 28,20). Sa présence n’est pas mesurable à ce que nous en ressentons : elle est. Notre grande solitude existentielle, fruit du péché et cause de notre tristesse, est enfin rompue : il n’est pas bon que l’homme soit seul (Gn 2,18), et il ne le sera plus jamais. Celui par qui et vers qui nous avons été créés est Celui qui jamais ne nous abandonne.


Le temps pascal est aussi temps privilégié d’écoute de la Parole ; Jésus chemine avec les baptisés de Pâques, non pour soixante stades seulement, mais pendant quarante jours, leur interprétant dans toute les Écritures ce qui le concerne (Lc 24,27), ouvrant leur cœur à l’intelligence des Écritures (24,45). Dans les lectures quotidiennes que la liturgie nous offre, il nous est ainsi donné d’expérimenter à travers les Actes des Apôtres la Parole qui croît, et à travers le quatrième Évangile, la Parole qui est Esprit et Vie. Plus largement, que ce soit à travers les liturgies de la Parole, les catéchèses mystagogiques destinées aux néophytes ou à travers la lectio divina, le Ressuscité nous parle : «Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ?» (Lc 24,46).


Tout au long du temps pascal, l’Église fait aussi l’expérience que connurent les Apôtres dans la discrétion du Cénacle : celle de la première effusion de l’Esprit, au soir du premier jour de la semaine, quand Jésus souffla sur eux et leur dit : «Recevez l’Esprit Saint !» (Jn 20,22). Comme une brise légère, le souffle de Jésus parcourt l’Église des baptisés dans l’attente du vent impétueux de Pentecôte. C’est le souffle même de Jésus, l’haleine même du Ressuscité, qui est insufflé en nous comme au jour de la création du premier Adam : YHWH Dieu insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant (Gn 2,7). Un souffle nouveau, jour après jour, commence à nous habiter, une respiration nouvelle, une existence nouvelle libérée du péché et de la mort. Le temps pascal nous apprend à respirer, nous apprend à vivre de cette vie nouvelle qui est éternelle. Et non seulement ce souffle de miséricorde nous habite, mais il nous constitue pour les autres, ministres de réconciliation et donc ministres de la joie. Le baptême commence ainsi à porter son merveilleux fruit de miséricorde et de joie. Le temps pascal souligne la nouveauté baptismale de la vie chrétienne, en continuité avec la nouveauté du Ressuscité.


Le temps pascal nous attire dans la joie de Jésus en nous faisant donc goûter sa présence, entendre sa parole et connaître son souffle. Mais il y a plus : la liturgie du temps pascal nous donne d’accueillir le Corps même du Ressuscité livré entre nos mains. Les disciples d’Emmaüs, au terme d’une longue liturgie de la Parole, avaient certes le cœur brûlant, mais ils étaient encore incapables de reconnaître le Ressuscité. À eux, comme à nous, Jésus se donne à reconnaître en un geste bien précis, geste pascal par excellence : la fraction du pain. Ce n’est pas à travers de multiples apparitions, mais à travers l’Eucharistie que Jésus désormais rendra manifeste sa présence. Ainsi sera-t-il bien clair, bien tangible, que la présence de Jésus est une présence d’amour, présence de Celui qui sans cesse se donne, se livre, s’abandonne entre nos mains. Toujours et pour toujours. La Sainte cinquantaine nous conduit ainsi à cette joie inouïe : Jésus non seulement reste avec nous, mais il demeure en nous et nous en Lui.

 

Au fil de la liturgie

Agenda liturgique

Cologne  Le 24 juin 2017

Zeitliche Profess in Groß Sankt Martin

Am heutigen Samstag, dem Fest Johannes des Täufers, feiern die Gemeinschaften von Köln mit großer Freude die zeitliche Profess von Schwester Pamela, die sie im Rahmen der Eucharistiefeier in der Abendliturgie um 18.00 Uhr ablegen wird: 

sie verspricht für drei Jahre nach den Gelübden der Keuschheit, der Armut und des Gehorsams zu leben in der Familie von Jerusalem.

 

Sie sind herzlich eingeladen, an diesem Schritt in der Nachfolge Christi im Leben eines Ordenschristen teilzunehmen und mit uns die Heilige Messe zu feiern. Darüberhinaus vertrauen wir unsere Schwester herzlich Ihrem Gebet an.

Horaire : 18h00


Strasbourg  Le 25 juin 2017

Fête patronale : Eucharistie à 10h30

A l'occasion de la fête patronale de nos paroisses Saint-Jean-Baptiste et Saint-Pierre-le-Vieux, l'Eucharistie sera célébrée à 10h30.

Un buffet festif et des animations seront ensuite proposés dans le square Saint-Jean.

Horaire : 10h30

Lieu : Église Saint-Jean-Baptiste

Contact


Bruxelles  Du 26 juin au 22 juillet 2017

HORAIRES DES LITURGIES DU 26 JUIN AU 22 JUILLET

Du mardi 27 juin au vendredi 30 juin: laudes (7h); OMJ (12h30) et vêpres-messe (18h)

Samedi 1er juillet: laudes (8h); messe (12h30); vêpres (18h30)

Dimanche 2 juillet: laude (8h) et messe (11h30). Pas de vêpres

Du mardi 4 au mercredi 5 juillet: pas de liturgie

Du jeudi 6 au samedi 8 juillet: horaires habituels (laude-OMJ et vêpres-messe)

Dimanche 9 juillet: laude (8h) et messe (11h30). Pas de vêpres

Du mardi 11 au vendredi 14 juillet: laudes (7h) et OMJ (12h30). Pas de vêpres ni de messe

Samedi 15 juillet: laudes (8h) et messe (12h30). Pas de vêpres

Dimanche 16 juillet: laudes (8h) et messe (11h30). Pas de vêpres

Du mardi 18 au vendredi 21 juillet: laudes (7h) et OMJ (12h30). Pas de vêpres

Samedi 22 juillet: laudes (8h) et messe (12h30). Pas de vêpres


Strasbourg  Du 11 au 16 juillet 2017

Stage d'iconographie : initiation

Stage d'initiation à l'iconographie se déroulant au rythme de la vie monastique, avec sr Ikuko, iconographe. Participation libre aux offices. Stage destiné aux personnes n'ayant jamais pratiqué l'iconographie. 

 

Horaire : 08h45

Lieu : Salle Sainte Odile

Prix :

 220 Euros (animation) et 40 Euros (matériel)<

Contact


Cologne  Du 30 juillet au 31 août 2017

Keine Liturgie im August

Da sich unsere Gemeinschaften im August in Exerzitien befinden, wird es in der Zeit von Sonntag, 30. Juli ab der Vesper, bis einschließlich Donnerstag, 31. August, keine Gebetszeiten und Gottesdienste in Groß Sankt Martin geben. Ab September halten wir unsere Gebetszeiten wieder wie gewohnt.

 

Die letzte Gebetszeit vor der Abreise am Sonntag, 30. Juli:

11.00 Uhr Heilige Messe

 

Die Kiche bleibt von Dienstag bis Sonntag am Nachmittag von 14.00 -17.00 Uhr für das stille Gebet und zur Besichtigung geöffnet.

 

Wir bedanken uns für Ihr Verständnis und bleiben mit Ihnen im Gebet verbunden.

Die Schwestern und Brüder von Jerusalem