Transfigurés par la puissance du Saint-Esprit

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Le fondement de notre vie dans le Christ est le baptême. Quand nous recevons ce sacrement, nous obtenons la grâce du Saint-Esprit.

Elle répand en nous une lumière et une force intérieures qui nous rendent capables de rompre avec le mal, de repousser les tentations de l'égoïsme, de l'esprit de jouissance et de domination. C'est en ce sens que le baptême nous fait mourir au péché et ressusciter avec le Christ pour une vie nouvelle.??Mais le baptême ne nous communique pas cette vie nouvelle dans son état achevé, dans sa pleine maturité. Il nous en donne seulement le germe, et cette semence déposée dans nos cœurs ne peut croître et se développer que si nous y apportons librement notre concours. ??Le baptême laisse subsister en nous un attrait pour les plaisirs et les satisfactions égoïstes. Il faut donc que, en écoutant la Parole de Dieu telle qu'elle nous est transmise dans l'Église et en suppliant dans la prière le Seigneur de nous venir en aide, nous fassions violence à nos tendances mauvaises pour obéir à ce que Dieu nous demande, même si nous n'en ressentons ni le goût, ni l'envie.??En effet, à ce stade de la vie spirituelle, nous ne pouvons pas encore avoir conscience de cette vie nouvelle qui nous habite, nous ne pouvons pas encore éprouver d'une façon sensible le goût du bien, l'attrait pour les choses d'en haut. L'éveil de cette «sensibilité spirituelle» est un don que Dieu n'accorde ordinairement qu'à ceux qui ont longuement mené le «combat invisible». En attendant, seule la foi en la Parole de Dieu nous permet de connaître avec certitude ce qui est bien et ce qui est mal, et la grâce nous vient en aide d'une façon réelle, mais que nous ne «sentons» pas.??Nous ne sommes d'ailleurs pas laissés à nous-mêmes dans notre compréhension de la Parole de Dieu. Ce n'est pas en effet ce que nous comprenons par nous-mêmes, ce que nous ressentons, ce qui nous convient ou nous semble bon, ce avec quoi nous nous sentons à l'aise, qui est nécessairement vrai et bien. La vérité ne se révèle qu'à ceux qui sont unis dans l'amour, à ceux qui n'ont ensemble qu'un seul cœur et un seul esprit dans le Christ. En d'autres termes, c'est l'Église seule qui peut comprendre la Parole de son Seigneur, dans la lumière de l'Esprit-Saint. Lorsque tous les chrétiens, pendant des siècles et dans les lieux les plus divers, ont compris la Parole de Dieu d'une certaine façon et en ont interprété les exigences d'une manière déterminée, cette unanimité est le signe que l'Esprit-Saint est à l'œuvre, que cette compréhension de la Parole donnée à l'Église vient de lui. S'en écarter pour suivre son opinion propre, ou celle d'un groupe particulier, serait pécher contre l'amour, ce serait ce qu'on a appelé un «fratricide spirituel».??Ne croyons pas qu'il puisse y avoir, au sein du peuple de Dieu, une «évolution des mœurs» qui rendrait dépassé et périmé ce qui a été tenu «par tous, toujours et partout» dans l'Église. Quand il s'agit de points aussi fondamentaux que, par exemple, la nécessité de la prière, le sens du jeûne, la conception chrétienne du mariage et de la vie sexuelle, le respect absolu et l'amour de toute personne humaine, impliquant le refus de l'avortement, de l'euthanasie, du racisme, il y a simplement des comportements qui sont chrétiens, et des comportements qui ne le sont pas, même s'ils sont devenus ceux d'un plus ou moins grand nombre de gens qui se disent ou se croient chrétiens. Le christianisme ne connaît ni interdits ni «tabous» arbitraires ; mais il y a une manière de vivre qui correspond au germe de vie divine reçu au baptême, qui en procède et l'aide à se développer, et une manière de vivre qui le tue.

Le chrétien, certes, reste un pécheur. Mais au péché, il existe un remède : le repentir. Si nous reconnaissons notre péché, si nous le regrettons du fond du cœur, si nous implorons le pardon divin, si nous nous efforçons sincèrement de nous convertir, Dieu nous viendra en aide et nous pardonnera. Mais si nous essayons de nous justifier, si nous appelons le mal «bien», et le bien «mal», nous nous fermons par là même au repentir, nous commettons le péché contre l'Esprit.??Dans l'Église, il n'y a pas de différence entre la «morale» et la «spiritualité», il n'y a pas un minimum imposé à tous, et des exigences supérieures qui seraient le privilège d'une élite. C'est à tous que le Seigneur a dit : «Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait». Le plein développement de notre vie de fils de Dieu et de membres du Christ, commencée au baptême, est la loi de toute vie chrétienne. Ce n'est pas une loi qui s'imposerait de l'extérieur, un loi écrite sur des tables de pierre comme celle qui fut donnée à Moïse, c'est une loi inscrite dans nos cœurs par l'Esprit d'amour qui nous a été donné. Dans une certaine mesure, les moyens à mettre en œuvre varient pour chacun, selon son état de vie et les conditions particulières qui sont les siennes ; mais le but est le même pour tous : être transfigurés, par la puissance du Saint-Esprit, à l'image du Fils unique.

Archimandrite Placide Deseille


Cet article a été publié sur le site de l'Église orthodoxe d'Estonie

Au fil de la liturgie

Homélies de Pentecôte

Pentecôte

Dimanche 15 mai 2016

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Solennité de Pentecôte 

Dimanche 24 mai 2015

Saint-Gervais, Paris

Frère Jean-Christophe

Jean 7,37-39

Solennité de Pentecôte 

Dimanche 24 mai 2015

Sainte Marie-Madeleine, Vézelay

Frère Grégoire

Jean 15,26-27.16,12-15

Vigiles de Pentecôte

Samedi 23 mai 2015

Saint-Gervais, Paris

Frère Charles

Jean 7,37-39

Vigiles de Pentecôte 

Samedi 23 mai 2015

Saint-Sacrement, Montréal

Frère Antoine-Emmanuel

Jean7,37-39