La métanie

PDFImprimerEnvoyer

Qu’est-ce qu’une métanie ?

Le terme de métanie vient du grec metanoia qui signifie retournement, conversion. Il désigne un geste pénitentiel, accompagnant très fréquemment la prière, dans l’Orient chrétien. Il existe sous deux formes ; la petite métanie où l’on s’incline en touchant le sol de la main droite ; et la grande métanie où l’on se prosterne complètement en touchant le sol du front, l’une et l’autre étant suivies d’un signe de croix.

L’Écriture connaît d’autres gestes pénitentiels (déchirer ses vêtements, se vêtir d’un sac…), dont l’usage s’est perdu, peut-être sous l’influence de l’enseignement des prophètes rappelant que le culte rendu à Dieu doit d’abord être spirituel : «Revenez à moi de tout votre cœur dans le jeûne, les larmes et les cris de deuil. Déchirez votre cœur et non vos vêtements» (Joël 2,12-13).

Le geste de la prosternation, encore attesté dans le Nouveau Testament, a été conservé par le mouvement monastique (initié en Égypte et en Palestine au IVe siècle). Les apophtegmes (sentences) des Pères du désert montrent fréquemment des moines, repris par leur abba (père spirituel), faire devant lui une métanie pour reconnaître leur faute et demander pardon. Ce geste a été repris par les liturgies orientales.

La métanie qui fait toucher le sol, est d’abord un geste d’humilité : nous mettant physiquement en contact avec la terre (humus) dont nous avons été formés (Gn 2,7), elle nous rappelle notre condition de créature et notre fragilité. La liturgie occidentale rappelle la même réalité, lors de l’imposition des cendres au début du Carême, par la formule du célébrant : «Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière.» Mais on se redresse en se signant, ce que signifie que nous sommes relevés, tirés de notre péché et de notre condition mortelle par la croix du Christ. La métanie exprime donc aussi la mort-résurrection (on expire en s’inclinant, on inspire en se redressant) que nous vivons à la suite du Christ.

Les Fraternités de Jérusalem ont voulu reprendre ce geste dans leur liturgie (au moment du chant du Trisagion et pendant la vénération des icônes) par désir de revenir aux sources de la liturgie de l’Église indivise. Mais aussi parce qu’il semble important, dans notre culture contemporaine, de faire participer le corps, «temple de l’Esprit» (1 Co 6,19), à la prière. «L’homme tout entier, dans sa chute, s'est détourné de Dieu, l’homme tout entier devra être restauré ; c’est tout l'homme qui doit revenir à Dieu. (...) Pour cette raison, tout l’homme – corps et âme – se repent. Le corps participe à la prière de l'âme, de même que l'âme prie par et dans le corps. Les prosternements, signes psychosomatiques du repentir et de l'humilité, de l'adoration et de l'obéissance, sont donc le rite quadragésimal par excellence» (Alexandre Schmemann, Le Grand Carême, Bellefontaine, 1974, p. 45).

Vivre la liturgie

L'Office des Complies

La prière avant le repos...

L'Office du milieu du Jour

La Parole priée et commentée La...

Les fêtes mariales

Célébrer la Mère de...

Le rituel du baptême des adultes

Les étapes de l’initiation...

L'Office des Vêpres

La prière du soir L’importance...

Le temps du Carême

40 jours vers la victoire...

L'Office des Laudes

La prière du matin Héritière...

Le temps de Noël

De la Nativité...

Le temps de l'Avent

Le «Carême...

Les gestes liturgiques

Un corps pour prier (2) Un...

Les attitudes liturgiques

Un corps pour prier (1) S’il...

Le cycle liturgique

Le temps de Dieu Faut-il...

Le pain et le vin

La communion sous les...

Les hymnes à l'Esprit Saint

Pourquoi un hymne à...

Le temps pascal

50 jours pour fêter...

La métanie

Qu’est-ce qu’une...

Le Trisagion

Qu'est-ce le Trisagion...

Trois offices

Pourquoi trois offices...

Le rite du lucernaire

Qu’est-ce que...

La Menorah

Pourquoi un chandelier...

module by Inspiration

Au fil de la liturgie

Agenda de la prière