Le temps du Carême

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40 jours vers la victoire de Pâques

Très tôt, dans l’Église primitive, un temps de jeûne a été instauré pour se préparer à la fête des fêtes qu’est la célébration de Pâques. Ce jour de la victoire sur la mort et le péché étant retenu comme date de la célébration des baptêmes, les semaines précédant Pâques formaient aussi le cadre de la préparation des catéchumènes. Dès le IVe siècle, on assigna à ce temps une durée de quarante jours – d’où le terme de Carême qui vient du latin quadragésima, «quarante» –, durée symbolisant dans l’Écriture un temps d’épreuves débouchant sur la victoire : ainsi le peuple élu a marché quarante jours dans le désert avant d’atteindre la terre promise (Deutéronome 8,2) ; Élie a marché quarante jours vers l’Horeb pour y rencontrer Dieu (1 Rois 19,8) ; Jésus a jeûné quarante jours au désert, avant le début de son ministère public, pour y vaincre le tentateur (Matthieu 4,1-2). Dès lors le Carême fut donc vécu par tout le peuple chrétien comme un temps d’écoute de la Parole de Dieu et de prière, de jeûne et de partage, puisque le Seigneur avait enseigné à ne pas séparer ces diverses formes de pénitence (Matthieu 6,1-18). L’Église met aujourd’hui davantage l’accent sur le partage et le jeûne spirituel ou social (on peut se priver de cigarettes ou de télévision tout aussi judicieusement que de viande…) et ne demande plus formellement de jeûner que le premier jour du Carême et le Vendredi Saint.

Le Carême commence le mercredi des Cendres et dure six semaines jusqu’au dimanche de Pâques (ce qui fait bien 40 jours si l’on considère que les dimanches ne sont jamais jours de jeûne). L’imposition des cendres, au cours de l’Eucharistie du mercredi qui ouvre le Carême, renvoie à un signe de pénitence et de deuil largement attesté dans la Première Alliance, qui devient symbole de la fragilité de notre condition humaine («Souviens-toi que tu es poussière», dit le prêtre en référence à Genèse 3,19) et invitation à la conversion («Convertissez-vous et croyez à l’Évangile», peut aussi dire le célébrant).

Les lectures des dimanches sont particulièrement signifiantes et forment une vaste catéchèse. Les premières lectures tirées de livres de l’Ancien Testament rappellent les grandes étapes de la montée de l’humanité vers la Pâque du Christ : dimanche des alliances (rappel de la chute et de la première alliance universelle avec Noé) ; dimanches d’Abraham, de Moïse, du peuple de la Terre Sainte et enfin des prophètes. Tandis que les évangiles lisent, les deux premiers dimanches, les récits de la tentation et de la transfiguration de Jésus, qui résument son combat contre le mal ; puis les grands évangiles de la catéchèse baptismale, tous trois en Jean : la révélation du Christ à la Samaritaine, la guérison de l’aveugle-né et la résurrection de Lazare.

Comme une pause au milieu de ce temps d’austérité, le quatrième dimanche dit Laetare (du verbe qui signifie «se réjouir», utilisé dans la première prière de la messe) évoque déjà par sa tonalité joyeuse «les fêtes pascales qui approchent». C’est pourquoi ce jour-là, de façon exceptionnelle, les ornements sont roses, alors qu’ils sont violets pendant tout le reste du Carême. La couleur du deuil et de la pénitence laisse déjà place aux premiers rayons de l’aurore de notre salut qui advient.

Mais c’est tout ce temps qui doit être vécu dans la joie, comme y invitait déjà le pape Léon le Grand, au Ve siècle : «Engageons-nous dans le jeûne liturgique avec la résolution commune d’une bonne volonté unanime. Rien d’amer ni de dur n’est demandé à qui que ce soit, rien ne nous est imposé, ni pour la pénitence du jeûne ni pour la générosité de l’aumône, qui dépasse nos forces. Chacun sait ce qu’il peut ou ne peut pas faire : qu’il détermine sa mesure et fixe justement, raisonnablement lui-même sa petite contribution. Ainsi le sacrifice de miséricorde ne sera point offert à regret ni ressenti comme un préjudice. Car il convient au bon vouloir de garder toujours le sourire» (Sermon 88).

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