4e Dimanche de Carême - C 

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » 
Oui notre Dieu est un Dieu de tendresse,
lent à la colère et plein d’amour.
Il se hâte au-devant de ses fils pour leur faire miséricorde.
Il vient à nous avec patience et prévenance
pour nous conduire au chemin de la Vie
pour nous introduire dans la joie de son cœur.

Oui frères et sœurs,
l’Église en ce jour nous redit :
« Voyez comme il est grand
l’amour du cœur de notre Dieu ! »
C’est un cœur large et sans partage,
qui ne fait acception de personne
C’est un cœur humble et joyeux
qui se donne et qui pardonne.

Comme un Père qui appelle ses enfants,
il nous redit par la voix de son Fils bien-aimé :
« Venez, fils, écoutez-moi,
la crainte du Seigneur je vous l’enseigne.
Où est l’homme qui désire la vie ? »

C’est ainsi que les publicains et les pécheurs se laissent attendrir,
tandis que les scribes et les Pharisiens préfèrent se durcir.
Les uns reviennent à lui de tout cœur ;
les autres se tiennent à distance et récriminent contre lui.
C’est pourquoi le Christ est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix,
la paix pour ceux qui étaient loin,
la paix pour ceux qui étaient proches.
D’Israël et des païens, il fait un seul peuple.
Par lui, en effet,
les uns et les autres,
nous avons accès auprès du Père,
et nous devenons des frères,
dans un seul Esprit.
Il ne tient pas compte de nos fautes
mais il dépose en nous une parole de réconciliation.
Il nous met en chemin pour que nous devenions des frères.
Mieux encore, il nous partage sa Joie pour nous apprendre à servir nos frères.

Être frère c’est tout d’abord entreprendre un chemin.
Être frère c’est consentir à revenir vers le Père,
c’est se laisser introduire dans la demeure du Père.
La vie de fraternité est un chemin.
Un chemin fait de chute et de relèvement,
un chemin fait d’éloignement et de retournement.
On n’est jamais pleinement frère.
On le devient chaque jour
sous le regard bienveillant du Père.
La fraternité est un chemin de croissance et de conversion.

Si comme le prodigue,
nous nous éloignons extérieurement par nos fautes,
si nous partons pour un pays lointain,
si nous nous égarons dans des demeures de péché,
si nous dilapidons notre vie et les trésors du cœur de notre Dieu,
Alors le Père lui-même nous rejoint.
Par son propre Fils, il nous montre le chemin.
Il sait patienter, il sait espérer.
Loin de nous rejeter,
il nous accueille
avec tendresse et compassion.

Si comme le fils ainé,
nous nous égarons intérieurement,
dans l’orgueil ou la suffisance,
si malgré nos paroles et nos actes,
notre cœur reste loin de lui,
le Père lui-même vient nous rencontrer.
Au milieu de nos préoccupations,
il nous supplie de revenir à lui de tout notre cœur.
Au milieu de nos désillusions,
il vient nous révéler la vérité de son cœur,
il veut nous faire entrer dans la joie de son pardon.

Ainsi la fraternité est toujours en chemin.
Elle est l’œuvre du Père
qui nous saisit chacun
pour nous ramener à notre prochain.
Là où le péché nous a dispersés,
là où l’indifférence nous a séparés,
les mains du Père viennent nous rassembler.
Elles viennent nous pacifier,
elles viennent nous unifier.

*

Être frère, c’est aussi s’ouvrir à la joie du Père,
c’est communier à sa vie, à son pardon,
c’est célébrer ensemble le don de la fraternité réconciliée.
Dans la demeure du Père,
il y a comme une nécessité de l’amour, de la joie et de la fête !
Dans le cœur de Dieu,
il y a cette liturgie d’alliance
il y a ce sacrement du frère
il y a cette célébration du Père
qui veut que tous les hommes soient sauvés.

Devenir frère
c’est s’ouvrir à cette joie du Père,
c’est se réjouir de ce retour du frère,
c’est même accepter de se faire serviteur
serviteur de la joie du Père et de sa miséricorde
en devenant à notre tour
des ministres de la réconciliation,
des artisans de paix et d’unité.

Oui le Père recherche des hommes et des femmes
capables d’habiller leurs frères,
de les revêtir de beauté,
de les accueillir avec bonté, patience et charité.

Il recherche des serviteurs de son alliance,
capables d’accompagner leurs frères
et de partager avec lui la joie de sa paternité.

Célébrer et se réjouir de la miséricorde,
c’est redécouvrir la fraternité sous le regard du Père,
c’est servir nos frères
par le chemin de nos fragilités assumées
et de nos pauvretés partagées.

Plus nous devenons fils dans le fils
plus nous nous découvrirons frère dans le Père
et peu à peu nous deviendrons père par le Père.

Alors la joie du Père rayonnera
et notre fraternité se dilatera et témoignera.

*

Frères et sœurs,
Voyez comme il est grand l’Amour
dont le Père nous a aimés.
Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu,
et nous le sommes.
Il a voulu que nous devenions des fils et des frères dans le Christ,
et nous le sommes
Mais ce qui est ne paraît pas encore
Car notre fraternité est en chemin
Elle est en chemin et pourtant déjà elle se célèbre dans la joie et dans la concorde.
Déjà elle s’accomplit dans chacune de nos liturgies.

Alors au cœur de cette eucharistie,
demandons la grâce
de la miséricorde et de l’amour fraternel,
demandons ce don,
pour nos familles, nos communautés et notre société.
Et alors nous entrerons dans la joie du Père
au milieu de nos frères.

Méditer la Parole

6 mars 2016

Saint-Gilles, Bruxelles

Frère Charles

 

Frère Charles

Lectures bibliques

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2 Corinthiens 5,17-21

Luc 15,1...32