5e Dimanche de Carême - C 

La Loi par Moïse, la grâce et la vérité par Jésus Christ

En ce temps-là,
Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Mais dès l’aurore, il retourna au Temple.
Frères et sœurs,
nous voici à l’aube d’un jour nouveau.
Dans le temple de Jérusalem, tout est silence et calme.
Au cœur de la cité,
une lumière s’est levée.
pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres du péché
et l’ombre de la mort.
C’est le Soleil de Justice
qui éclaire tout homme en venant dans le monde,
pour conduire nos pas au chemin de la paix.

Cette lumière nouvelle,
les publicains et les pécheurs l’avaient aperçus.
Dans leur honte et les chaînes de leur péché,
ils recherchaient la liberté,
ils voulaient croire au salut de Dieu.
Alors Jésus s’assit et se mit à les enseigner.
Mais pour les scribes et les Pharisiens,
pour les docteurs de la Loi,
il n’en était pas ainsi car beaucoup avaient des doutes.
et pour l’éprouver, ils lui tendaient des pièges.

C’est ainsi qu’ils amènent à Jésus une femme
surprise en situation d’adultère,
et ils la mettent au milieu de la foule.
Ils dévoilent sa misère,
au milieu des nations ils jugent
et ouvertement ils l’accusent.
 « Maître, lui disent-ils,
cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi,
Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là.
Et toi, que dis-tu ? »
Mais Jésus-Christ, plein de grâce et de vérité,
garde le silence.
Humblement, il répand sa grâce.
Silencieusement il annonce la vérité,
Frères et sœurs,
Dans notre expérience du péché, dans nos enfermements,
Jésus se tient là.
Au cœur de notre finitude, il répand sa miséricorde infinie.
Ainsi, tous nous avons eu part à sa plénitude,
nous avons reçu grâce après grâce
Et si jadis la Loi fut donnée par Moïse
nous savons désormais
que la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Si la Loi de Moïse dénonce la misère de l’homme.
La Grâce et la Vérité annoncent la Miséricorde de Dieu.

*

La Loi fut donnée par Moïse
La grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Mais qu’est-ce que la vérité ?
C’est lui, Jésus-Christ
 qui est venu dans le monde
pour rendre témoignage à la vérité.

Par la Loi de Moïse,
selon les dires des Pharisiens,
cette femme était condamnée,
Enfermée dans son péché, réduite à la culpabilité,
elle ne pouvait parler.
Parmi les docteurs de la Loi, certains la jugent.
ils dénoncent son mal et ils la condamnent.
Alors face aux paroles d’accusation,
Jésus lui offre un silence de compassion.
Devant ceux qui s’élèvent pour siéger au tribunal,
Jésus s’abaisse et, du doigt, il écrit sur la terre.
Il garde le silence.
Mais comme on persistait à l’interroger,
il se redressa et leur dit :
« Celui d’entre vous qui est sans péché,
qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Puis Jésus se baissa de nouveau
et silencieusement il écrivait sur la terre.

Il se tait,
car il sait que certaines vérités ne sont pas bonnes à dire.
Elles détruisent au lieu d’édifier,
elles enferment au lieu de délivrer.
Il est des vérités et nous en connaissons tous,
qui enferment l’homme dans son agir, dans son passé, dans son péché.
Il est des paroles sans espérance
ou des regards sans foi,
qui condamnent l’homme et le font mourir d’amertume.

Oui, Jésus se tait et il écrit sur le sol.
Au lieu de détruire, il vient nous instruire.
Il aime la vérité au fond du cœur,
et doucement, il l’inspire et il l’espère.
Il sait que la vérité germera de la terre,
Et humblement, patiemment,
avec le doigt de Dieu, avec l’Esprit de Vérité,
il travaille notre cœur.

À l’encontre des vérités qui condamnent et humilient,
il fait don d’une vérité qui libère.
Il nous dévoile sa Vérité,
qui rencontre humblement notre péché
pour l’épouser, l’assumer, le pardonner.
C’est la vérité d’un silence, d’un regard, d’une rencontre qui ouvre à la vie et qui redonne l’espérance.
Cette vérité, c’est le Christ ;
c’est sa manière d’être et de nous aimer ;
c’est son regard qui habille notre nudité
et nous revêt de sa beauté ;
c’est sa bonté qui rend à chacun sa dignité et sa liberté.
Liberté de compatir ou de condamner.
Liberté d’accuser ou de pardonner.
Liberté de fuir le pécheur ou de le rencontrer.

*

Si la Loi fut donnée par Moïse
La grâce et la Vérité sont venues par Jésus Christ.
Et cette grâce, c’est la miséricorde.
Dans la vie de cette femme,
là où jadis le péché avait abondé,
désormais la grâce va surabonder.
Là où la misère était déplorée,
désormais la miséricorde va être annoncée.

Après le départ progressif des Pharisiens,
alors que la femme était restée là immobile,
seule au milieu du temple,
Jésus se redressa et lui demanda :
« Femme, où sont-ils donc ?
Où sont-ils donc tes accusateurs ?
Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit :
« Personne, Seigneur. »
Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas.
Va, et désormais ne pèche plus. »

« Va » c’est-à-dire
« Ne fais plus mémoire des événements passés,
ne songe plus aux choses d’autrefois.    
Voici que je fais une chose nouvelle. »
Oubliant ce qui était en arrière
et lancée vers l’avant,
laisse-toi saisir par la grâce.
Ne reste plus terrassée par l’accusateur,
mais laisse-toi entraîner par le consolateur.
Ma grâce te suffit maintenant,
car ma puissance se déploie dans ta faiblesse.
Ne reste pas enfermée dans la honte de ton péché,
mais ouvre-toi à la grâce de mon pardon.
C’est la grâce d’une vie nouvelle,
c’est la grâce de la miséricorde,
c’est la grâce du sacrement de la réconciliation
qui nous relève, nous sanctifie et nous envoie en mission.
c’est la grâce de l’évangile qui nous apaise et nous réjouit.
« Va et désormais ne pèche plus »
Donne-moi ta culpabilité et je te donnerai la liberté.
Donne-moi ton péché et je te donnerai la fidélité.
Donne-moi ton cœur et je te donnerai la vie.

*

Frères et sœurs,
quand le péché nous pèse,
quand l’adversaire nous accuse,
quand notre cœur même se met à nous condamner,
rappelons-nous que Dieu est plus grand que notre cœur
et revenons à lui avec confiance.
Car si Dieu est pour nous, qui serait contre nous !

Alors en cette année sainte de la Miséricorde,
tandis que l’Église nous fait cheminer
de nos misères vers la miséricorde,
écoutons ces paroles de Dietrich Bonhoeffer,
pour nous même, nos familles et nos communautés :
 « C’est la grâce de l’Évangile que de nous mettre dans la vérité et de nous dire :
tu es un pécheur, un grand pécheur incurablement,
mais tu peux aller tel que tu es à ton Dieu qui t’aime.
Il te veut tel que tu es,
il ne veut rien de toi, mais il te veut toi-même et toi seul.
Mon fils, donne-moi ton cœur ! Réjouis-toi !
Dieu est venu jusqu’à toi
pour rendre heureux le pécheur.
Ce message est une libération par la vérité.
Il veut te voir tel que tu es et il veut te faire grâce.
Il aime le pécheur mais il hait le péché.
La misère du pécheur et la miséricorde de Dieu
voilà la vérité de l’Évangile en Jésus Christ
dont devrait désormais vivre son Église. »

Méditer la Parole

13 mars 2016

Saint-Gervais, Paris

Frère Charles

 

Frère Charles

Lectures bibliques

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Jean 8,1-11

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