Vigiles pascales - C 

La foi, c'est croire en la résurrection du Christ 

Chers Gwendoline, Marie-Mathelle et Gérôme,
vous souvenez-vous de la première question
qui vous a été posée lors de votre entrée en catéchuménat ?
«Que demandez-vous au Seigneur ?»
Et vous avez répondu : «La foi».

La foi.
Vous avez demandé la foi.
Vous aviez compris que le don le plus précieux
que l’on peut désirer, c’est la foi.
Croire…

La foi, ce n’est pas croire que Dieu existe.
Les démons aussi le croient.
La foi, c’est une relation d’amour et de confiance avec Dieu.
La foi, ce n’est pas croire que Dieu existe,
c’est croire que moi j’existe pour lui.
C’est croire que nous existons ensemble pour lui.

Je crois que tu m’as aimé Seigneur
et que tu as livré ta Vie pour moi, pour nous.

La foi, c’est Jésus vivant en nous.
La foi, ce n’est pas une théorie sur Jésus :
c’est Jésus qui est devenu vivant en nous,
vivant entre nous.

Si la foi habitait le cœur de tous les humains,
il n’y aurait plus de terrorisme, plus de guerre.

Quel don extraordinaire que la foi !
Souvenez-vous :
«Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu»
dit Jésus à Marthe (Jn 11,40),
et même «Celui qui vit et croit en moi
ne verra jamais la mort» (Jn 11,26).
Ressuscité, Jésus réaffirmera cette grâce extraordinaire de la foi :
«Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé» (Mc 16,16).

Et Paul le confessera :
«Si dans ton cœur tu crois que Dieu a ressuscité son Fils
d’entre les morts, tu seras sauvé» (Rm 10,9).

Vous le voyez, il y a un lien indissociable
entre la foi et la vie.
La foi fait de nous des vivants.
La foi nous arrache à la mort,
car la foi, la vraie foi, est foi en la Résurrection du Christ.

*

Savez-vous qui est la première croyante ?
C’est Marie.
Regardez Marie croyante dans l’obscurité du Samedi Saint :
les autorités religieuses ont condamné Jésus à mort
comme un ennemi de Dieu ;
la foule l’a rejeté et insulté ;
les apôtres ont déserté, à l’exception de Jean.
Et surtout, Dieu s’est tu,
Dieu a laissé son Fils mourir comme un maudit.
Tout s’est éteint.
Le Fils est mort.
Il n’y a plus rien…
L’âme de Marie est exsangue et nul doute
que Satan l’attaque sans cesse.

Mais Marie croit.
La foi de Marie ne s’est pas éteinte.
Marie n’a pas oublié le signe de Jonas,
c’est-à-dire la victoire de la vie
après les trois jours dans les entrailles de la terre.
Marie n’a pas oublié la promesse :
«et le troisième jour, il ressuscitera» (Mt 17,23).
Marie n’a pas oublié que si l’on détruit le temple
qu’est le corps de Jésus,
«en trois jours, je le relèverai» (Jn 2,19).

Nous, nous oublions si souvent…
Marie n’oublie pas.
Et à l’heure où tout, absolument tout est obscur,
la Résurrection du Christ habite déjà le cœur de Marie.

*

Nous aussi, nous connaissons nos nuits,
nos épreuves, nos chutes.
Le monde et son actualité nous poussent au découragement ;
la chair, c’est-à-dire notre faiblesse humaine
semble une force de gravité
qui nous fait sombrer dans le péché.
Et Satan s’active pour nous faire perdre pied,
pour nous troubler, nous terroriser, nous faire désespérer.

Mais quand brille la foi,
notre nuit intérieure devient étoilée.
Une Présence…
Un Amour…
Une Force…
D’ailleurs, les étoiles, on ne les voit que dans la nuit !
La tendresse de Dieu
se découvre souvent dans la nuit, n’est-ce pas ?

La foi est une lumière extraordinaire :
elle est la garantie des biens que l’on espère,
la preuve des réalités que l’on ne voit pas (He 11,1).

La foi, c’est la Résurrection qui a frayé un chemin en nous.
C’est la victoire de Jésus qui se déploie silencieusement
dans les profondeurs de notre être.

La foi, c’est une libération.
C’est le Seigneur qui nous dit comme jadis pour le peuple d’Israël :
«Qu’on se mette en route !» (cf. Ex 14,15).
Le Seigneur nous appelle à partir, à traverser la mer,
à Le suivre pour découvrir la vraie liberté,
l’amour vrai et la Vie éternelle.
Et Dieu se glorifiera aux dépens de Satan
et de toutes les puissances de la mort (cf. Ex 14,18).

La foi, c’est une véritable rencontre avec le Ressuscité,
avec Jésus qui vient en nous, vainqueur de la mort.

Regardez-le vivant, qui se donne à voir aux saintes femmes
et bientôt aux désespérés qui s’enfuient sur Emmaüs,
puis aux apôtres : Il est vivant…
«Ma force et mon chant, c’est le Seigneur»
avons-nous chanté ;
«Il a été pour moi le salut» (Ex 15,2).

Ses mains, ses pieds, son côté transpercé
témoignent de la violence qu’il a subie,
de la violence pardonnée,
de la violence qui est devenue le lieu du plus grand Amour.

Cette nuit, laissons Jésus venir à nous.
Il nous l’avait promis : «Je m’en vais
et je viens vers vous» (Jn 14,28).
Dans sa Résurrection, Jésus vient vers nous.
Laissez-le venir à vous !
Laissez-le venir en vous !
Et plus encore : laissez-le ressusciter en vous !

Si Jésus est en toi comme un lointain souvenir de catéchisme,
laisse-le ressusciter en toi !
Si la foi s’est éteinte, si Dieu t’a déçu,
si le monde t’a convaincu d’oublier Dieu,
laisse Jésus ressusciter en toi
et te dévoiler la tendresse du Père !

Oui, Jésus vient et il t’offre la Résurrection.
C’est cela la foi : c’est Jésus qui ressuscite en nous !

Notre «ennemi s’était dit : je les poursuivrai,
je les rattraperai, ma gorge s’en gavera» (Ex 15,9),
mais le Seigneur nous en a libérés.
Nos ennemis se noient comme du plomb dans les eaux redoutables.
Et comme Moïse nous chantons ce soir :
«Qui est comme le Seigneur éclatant de sainteté ?» (cf. Ex 15, 9-11)
Qui est comme toi riche en miséricorde ?
Toi dont la miséricorde est toujours plus grande,
bouleversante, excessive ?

Oui, Jésus vient ressusciter en toi.
Et s’il ressuscite, c’est pour vivre en toi,
c’est pour tisser avec toi une relation nouvelle.

Jésus fait du neuf en nous :
Il nous donne tout ce qu’il est.
Sa Vie, sa joie, sa Lumière, sa chasteté, sa Vérité, sa douceur.
Il nous rend vivants de sa Vie.
Et Il fait de nous des porteurs de cette Vie toute nouvelle.

Tout à l’heure au moment du geste de paix,
nous vivrons cela de manière très belle.
Cette nuit, à vos voisins, vous direz : «Le Christ est ressuscité !»
et votre voisin vous répondra : «Il est vraiment ressuscité !»

Nous ferons ainsi l’apprentissage de ce qu’est la vie chrétienne :
un grand partage de la joie de la Résurrection.

Nous recevons la Vie nouvelle pour la transmettre.
Gwendoline, Marie-Mathelle et Gérôme,
baptisés et confirmés cette nuit,
vous devenez des porteurs de la joie du Christ.
Vous allez devenir contagieux.
Laissez cette contagion vous envahir !

Et nous, tous ensemble,
laissons le Christ triompher en nous et entre nous.
Et nous donnerons au monde le goût de la Vie éternelle.

Chers Gwendoline, Marie-Mathelle et Gérôme,
vous vous souvenez de la deuxième question
de votre entrée en catéchuménat :
«Et que vous apporte la foi ?»
Vous avez répondu : «la Vie éternelle» !
Que peut-il y avoir de plus beau ?

Méditer la Parole

26 mars 2016

Saint-Sacrement, Montréal

Frère Antoine-Emmanuel

 

Frère Antoine-Emmanuel

Lectures bibliques

Romains 6,3-11

Luc 24,1-12