4e Dimanche de Pâques - C

 L'Eglise, Mère des vocations

 « À qui irions-nous Seigneur ? » 

À qui irions-nous Seigneur, 

tu as les Paroles de la Vie éternelle. 

Tu es le Bon Pasteur, 

tu connais tes brebis et tes brebis te connaissent.

Elles écoutent ta voix et elles te suivent.

À qui irions-nous Seigneur ?


Et pourtant, frères et sœurs, 

au cœur de notre monde en recherche 

nous sommes parfois soumis à l’errance, 

chacun de nous suivant son propre chemin.

C’est pourquoi l’apôtre Pierre rappelait avec force aux communautés chrétiennes :

Autrefois vous étiez égarés comme des brebis, 

mais à présent par la Pâques du Christ,

vous êtes retournés vers le pasteur 

et le gardien de vos âmes.

C’est bien Jésus le Bon Pasteur 

et c’est dans son Église que nous apprendrons à le suivre

Aujourd’hui encore, le pape François,

nous le redit à l’occasion de la journée mondiale de prière pour les vocations : 

« Comme je voudrais, que tous les baptisés puissent expérimenter 

la joie d’appartenir à l’Église ! 

Puissent-ils redécouvrir 

que la vocation chrétienne, 

ainsi que les vocations particulières, 

naissent au sein du peuple de Dieu 

et sont des dons de la miséricorde divine. » 


Alors en ce jour, avec toute l’Église,

allons vers le Christ.

Repartons du Christ 

pour découvrir les traits de ce pasteur éternel.



Voici le Bon pasteur, voici le Fils bien aimé du Père.

Si Jésus est le Bon pasteur par excellence

c’est parce que lui seul peut nous conduire au Père.

Lui seul connait le cœur du Père.

Miséricordieux comme le Père,

le Bon pasteur ne cesse de nous révéler son Amour

pour nous attirer à lui.

Comme un bon berger, il nous mène vers les eaux du repos.

Par ses œuvres de miséricorde, il vient refaire nos âmes, 

il nous indique un pâturage, une source de vie.

Par sa main puissante, et à bras étendus, 

il nous guide par le juste chemin, 

il nous indique le cœur de Dieu, notre demeure d’éternité.


Miséricordieux comme le Père, 

ce pasteur connaît le cœur de l’homme,

mais plus encore il connaît le cœur du Père.

Il connaît notre misère et il la comble de sa miséricorde.

Il connaît cette bonté du Père 

qui va à la recherche de la brebis perdue, 

qui pour cela a tout remis entre ses mains

afin que personne ne se perde. 

Le Père et le Fils ont en commun cette main, 

cette capacité à aimer, à faire grandir, à soulever, à relever.

C’est la main de la création qui donne la Vie à tout être vivant.

C’est la main de l’onction qui consacre les prêtres, les prophètes et les rois et tout le peuple d’Israël.

C’est la main de la bénédiction qui rassemble tout le peuple chrétien.

C’est la main du Père et du Fils qui œuvre dans la puissance de l’Esprit Saint 

au cœur du monde, depuis toujours et pour toujours.

Une main tendue vers l’homme, dans la bergerie de la miséricorde.

Une main qui porte et qui maintient, sans posséder ni maîtriser.

Une main liée et transpercée 

par les chaines de nos infidélités et le poids de notre péché.

C’est la main du pardon qui relève.

C’est la main de la consécration qui sanctifie.

Une main qui nous appelle aujourd’hui à revenir au Père en compagnie de nos frères.



Voici le Bon pasteur, voici l’Agneau de Dieu !


Si Jésus est le Bon pasteur par excellence, 

c’est parce qu’il est aussi l’Agneau véritable.

Comme un agneau qui demeure au milieu des brebis,

il siège sur son trône de gloire, 

au milieu d’une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.

Il est ce pasteur qui demeure au milieu de son peuple. 

Il est au milieu de nous comme un frère,

il est parmi nous comme celui qui sert.


Ainsi le pasteur exerce-t-il son ministère.

Au cœur du monde, il éprouve nos limites et nos fragilités. 

Il écoute la voix des brebis, 

dans son humanité, il patiente et prend pitié, 

C’est par cette proximité et cette pauvreté,

qu’il peut toucher l’homme au plus profond de lui-même

avec un amour si grand

qu’il transforme et guérit nos cœurs.

C’est ainsi que l’Agneau innocent vient connaitre les brebis 

et qu’elles peuvent le suivre.

Par sa douceur et son pardon,

par ses plaies ouvertes sur le monde,

il soigne et il guérit,

À chaque eucharistie, c’est lui notre Pâque, 

c’est lui l’Agneau immolé,

qui se tient au milieu de nous et 

qui nous fait passer de la mort à la Vie.


Le bon pasteur est un passeur.

Par son pardon, il vient franchir la porte sainte de notre cœur 

pour ouvrir nos ténèbres à sa Lumière,

pour faire de nos cœurs fermés

un espace de liberté ouvert sur le monde.


Le bon pasteur est un passeur.

Par sa Présence, il transforme nos relations.

Il nous fait passer 

de l’individualisme à la communion

de l’indifférence à l’attention fraternelle.


Le bon pasteur est un passeur, 

par sa Parole, il fait de nos familles, de nos communautés,

des fraternités évangélisatrices ouvertes aux ministères

et disponibles à l’action de l’Esprit Saint au cœur du monde.

C’est par elle, c’est par nous que le Christ redit à tout homme :

« Je suis au milieu de vous, je vous donne la vie éternelle ».



Voici le Bon pasteur, voici l’Époux de l’Église !


Si Jésus est le Bon pasteur 

c’est parce qu’il est l’Époux de l’Église. 

Par elle il ne cesse de donner sa vie pour ses brebis,


L’Église est la maison de la miséricorde, 

elle est cette bergerie que le pasteur vient visiter.

Dans nos communautés, dans nos familles, dans notre propre cœur,

il se tient à la porte et il frappe.

C’est là qu’il nous appelle,

« Mes brebis écoutent ma voix, nous dit Jésus

moi, je les connais, et elles me suivent.

Je leur donne la vie éternelle. »

Pour ceux qui sont loin, 

comme pour ceux qui sont proches,

par le souffle de l’Esprit, 

par la maternité de son Église, 

le Bon pasteur fait entendre sa voix dans les cœurs.

Il fait résonner son appel dans le monde.

Appel à vivre, appel à le suivre, appel à tout donner.


Cette voix, c’est sa Parole de Vie, c’est son Évangile,

c’est son appel pour chacun de nous, 

c’est aussi notre nom, notre histoire, c’est notre vocation. 


Ainsi l’Église devient-elle mère des vocations.

C’est elle qui nous apprend à entendre cet appel.

C’est elle qui nous engage à sortir de nous-même 

pour y répondre

et pour devenir ce que nous sommes en vérité.

 

Frères et sœurs, 

depuis le jour de notre baptême,

l’Église est Mère de notre vocation.

Par pure miséricorde, elle ne cesse de nous enfanter.

Par elle,

nous sommes accompagnés dans nos engagements,

nous sommes fortifiés par les sacrements,

nous sommes envoyés comme des brebis mère, 

pour porter la vie au monde, 

pour partager avec elle 

cette mission de maternité et de paternité.

Il n’y a pas de pasteur sans communauté.

Il n’y a pas de vocation sans Église-Mère. 



« À qui irions-nous Seigneur, tu as les Paroles de la Vie éternelle ? »

Frères et sœurs,

à qui irions-nous sinon vers le Pasteur éternel.

Il est le Chemin, la Vérité, et la Vie.


Par qui irions-nous ?

Sinon à travers nos frères les hommes,

et à travers notre Mère l’Église.


Père de miséricorde, 

qui as donné ton Fils pour notre salut 

et qui nous soutiens sans cesse par les dons de ton Esprit,

donne-nous des communautés et des familles 

vivantes, ferventes et joyeuses, 

attentives à la croissance de toute vie humaine,

sources de vie fraternelle, 

maîtresses de vie spirituelle.


Marie, Mère et éducatrice de Jésus, 

intercède pour nos familles et nos communautés, 

afin que, rendues fécondes par l’Esprit Saint, 

elles soient source de vocations authentiques au service du peuple de Dieu,

pour la gloire de Dieu et le salut du monde !

 

Méditer la Parole

17 avril 2016

Saint-Gervais, Paris

Frère Charles

 

Frère Charles

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