Solennité de l'Assomption

 Marie, aurore du Salut

 Frères et sœurs, en ce jour où nous fêtons 

l’Assomption de la Vierge Marie, 

nous pouvons nous demander pourquoi 

la présence de Marie est si essentielle 

pour notre cheminement personnel dans la foi.

Celui, celle, qui prend Marie chez soi, 

comme l’a fait saint Joseph, 

entre d’une manière unique 

et même de la plus belle des manières 

dans le mystère du salut déployé dans le Christ Jésus.

C’est Lui, Jésus, qui est le seul Sauveur.

Il n’y a que Lui qui peut nous ramener de la mort 

pour nous faire entrer dans la vie éternelle.

Il n’y a que Lui qui peut nous donner la paix 

dans les moments de trouble, 

qui peut nous donner la joie 

quand la tristesse nous écrase, 

qui peut ouvrir les chemins de vie 

quand les échecs, les épreuves, les deuils nous assaillent.

Il n’y a que par Lui, avec Lui et en Lui 

que nous pouvons retrouver 

notre identité d’enfants de Dieu, 

de fils et de filles bien aimés du Père.

Il n’y a que par Jésus que nous sommes sauvés.

Alors, quelle est la place de Marie 

aux côtés de Jésus dans notre vie de chrétien ?


Marie est tout d’abord celle qui 

rend accessible l’humanité de Jésus.

Quand nous contemplons Jésus en méditant 

la Parole de Dieu, quand nous visualisons 

dans la prière ses gestes, ses attitudes, ses actions, 

Marie nous murmure à l’oreille de notre cœur : 

C’est la chair de ma chair, 

l’os de mes os, le sang de mon sang.

Contempler Jésus avec le regard maternel de Marie, 

c’est réaliser pleinement que c’est bien 

dans notre propre chair humaine que Jésus nous sauve.

Jésus n’est pas un pur esprit, 

un être céleste impersonnel.

Il est le Fils de Dieu fait homme.

C’est par Marie que Dieu s’est incarné, 

qu’il s’est fait proche des hommes 

en devenant pleinement homme 

sans perdre la plénitude de sa divinité.


À notre tour, disciples du Christ, 

c’est par Marie que nous pouvons, 

de la manière la plus parfaite, 

toucher Dieu en son humanité, 

que nous pouvons entendre le battement 

de son cœur qui a tant aimé le monde, 

que nous pouvons recevoir son souffle 

qui ressuscite les morts, 

que nous pouvons écouter sa Parole 

qui est esprit et vie.

Car Marie a conçu Jésus en son sein, 

elle l’a enfanté en sa chair, 

elle l’a bercé dans ses bras, l’a nourri, 

lui a appris à parler et à marcher. 

Marie, et chacun de nous avec elle, 

reconnaît en son Fils sa propre humanité menée à sa plénitude.

Jésus en son humanité est le sacrement 

de notre propre humanité 

libérée du mal et du péché, 

destinée à la vie éternelle et élevée dans la gloire du ciel.


Marie nous apprend à nous voir nous-mêmes en Jésus 

tel que Dieu désire que nous soyons depuis toute éternité.

A-t-on déjà vu une mère 

qui se reçoit de son fils, 

qui se découvre en lui, 

qui renaît de lui à une vie nouvelle ?

Cette expérience unique de Marie 

devient la nôtre si nous allons à Jésus par Marie.

Avec elle et par elle nous pouvons renaître d’en haut, 

non plus dans la chair mais dans l’Esprit, 

nous pouvons prier dans un cœur à cœur profond et personnel 

avec Jésus qui fait sa demeure en nous, 

nous pouvons apprendre le langage divin de l’amour 

qui bâtit la fraternité entre les hommes 

en vue du rassemblement total dans le ciel.

Marie nous ouvre aux réalités divines.


C’est le deuxième point que je voudrais développer :

Marie est celle qui nous fait voir Dieu 

dans l’humanité de Jésus.

Nous l’avons entendu dans son Magnificat :

«Le Seigneur fit pour moi des merveilles» chante-t-elle.

Marie voit plus loin que l’enfant qu’elle porte en elle.

Elle voit l’œuvre de Dieu, 

le relèvement de tous les hommes, 

l’avènement d’un monde nouveau 

où il n’y aura plus de larmes, ni de mort, 

où tout ne sera que joie, allégresse et jubilation.

Marie a touché l’humanité de Jésus 

tout comme elle a respiré son Esprit divin.

Même son dernier souffle, elle l’a reçu 

debout au pied de la croix.

Marie a appris les manières de Dieu 

en suivant son fils Jésus sur les chemins de l’Évangile.


C’est elle d’ailleurs qui l’a poussé à la mission  

lors des noces de Cana, en lui demandant 

de faire l’impossible pour remédier au manque de vin.

Jésus en sera tout étonné.

Comment Marie, sa mère, a-t-elle su 

qu’il pouvait changer l’eau en vin ?

Marie l’a en quelque sorte précédé, devancé 

dans son œuvre de salut.


Elle est associée à cette œuvre 

comme Mère du Sauveur, comme aurore du salut, 

mais à la croix, elle devra bien 

accepter de laisser son Fils partir seul dans la mort.

Elle compatira pleinement à ses souffrances 

jusqu’à en avoir l’âme transpercée par un glaive, 

mais c’est seul que Jésus vivra sa pâque, 

qu’il connaîtra la mort et le tombeau.

Jésus est bien notre unique Sauveur 

mais Marie est comme la mémoire vive 

de la promesse de Dieu 

entendue de la bouche de l’ange à l’Annonciation.

Marie est la flamme de l’espérance 

pour l’humanité en quête de salut 

même dans la nuit de l’absence.

Marie est un regard de foi jeté sur l’au-delà.

Elle voit la vie dans la mort 

car elle sait que «rien n’est impossible à Dieu».


L’Évangile ne nous parle pas d’une rencontre 

de Marie avec le Ressuscité.

Elle le sait vivant à jamais et cela lui suffit.

Sa joie, c’est d’être au Cénacle avec les apôtres 

dans l’attente de la venue de l’Esprit.

Marie enfante désormais tous les baptisés 

à la vie nouvelle du Ressuscité.

Elle a toujours un pas d’avance sur nous 

car elle est toute tendue vers l’union 

à son Fils Jésus dans la gloire.

Dès cette terre, sa chair humaine a été totalement 

embrasée par le feu de l’Esprit à tel point que sa mort 

fut une élévation immédiate vers le ciel.


Cheminer dans la foi avec Marie, 

c’est se laisser introduire aux choses de Dieu, 

c’est prendre le plus court chemin 

pour rejoindre Jésus glorifié, 

c’est consentir au labeur quotidien de la conversion 

et à l’âpreté de nos croix, 

c’est mourir à l’existence périssable que l’on se construit 

pour renaître à la vie véritable 

qui se reçoit de Jésus et qui ne passe pas.


Marie ne nous sauve pas 

mais associée à son Fils Sauveur, 

elle nous conduit à Dieu, nous protège 

et nous soutient dans les combats, 

nous enveloppe de sa tendresse maternelle.

Elle nous introduit aux noces célestes, 

à ce terme nuptial qui nous est promis à tous.

Tous les Ave Maria égrenés chaque jour 

sont autant de marches gravies pour atteindre le ciel.

Elle nous laisse cet unique conseil :

«Faites tout ce qu’il vous dira.»


Sainte Vierge Marie, toi qui es entrée dans la gloire du ciel, 

fais de notre pèlerinage sur cette terre 

un tremplin vers la joie éternelle, 

fais de nous, au cœur de ce monde, des témoins de l’espérance.

 

Méditer la Parole

15 août 2016

Notre-Dame d'Aubrac

Frère Jean-Christophe

 

Frère Jean-Christophe

Lectures bibliques

Apocalypse 11,19-12,10

Psaume 44

1 Corinthiens 15,20-27

Luc 1,39-56