25e Dimanche du Temps Ordinaire - C

Dieu ou l'Argent ?

Dieu ou l’argent ?
Servir Dieu ou l’Argent ?
Dieu ou l’Argent, il nous faut choisir;
car « nul ne peut servir deux maîtres,
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. »
Dieu ou l’Argent, c’est un choix quotidien,
ce n’est pas une question de richesse ou de bien matériel,
c’est surtout une affaire de lien et de détachement.
Dieu ou l’Argent ?
C’est une question d’amour et de liberté,
c’est une orientation du cœur car, nous le savons bien,
« là où est notre trésor, là aussi sera notre cœur »

Servir Dieu ou l’Argent ?
Comment choisir et réagir ?
Quel homme n’a pas un jour en lui ces questions ?
Question de valeur, question de justice et d’équité, question de liberté et de pauvreté ?
Alors pour nous aider à comprendre,
pour nous aider à discerner et à choisir,
Jésus vient nous éclairer.
Lui qui était Dieu,
il est devenu l’ami des hommes,
il s’est fait l’intendant des mystères de son Père,
il a payé la dette de notre péché ;
Jésus-Christ,
Lui le maître de tout, s’est fait serviteur de tous,
pour que nous apprenions à servir et à aimer.

*

Dieu ou l’Argent ? de quoi parlons nous exactement ?
Lorsque Jésus nous parle de l’Argent,
que faut-il entendre par là ?
Dieu serait-il contre l’argent en général ?
Et pourtant dans l’évangile
il est bien clair que sur cette question,
Jésus n’est ni un révolutionnaire, ni un anarchiste, ni un doux rêveur.
Il reconnait à l’argent
sa place dans la société,
sa valeur dans l’économie,
sa nécessité dans la vie.
Mais simplement, par rapport à l’idée de l’argent,
Jésus se tient à distance,
et c’est tout l’objet de notre parabole.

Jésus nous veut libre de tout attachement à l’argent,
de toute emprise des richesses.
Car l’argent au lieu de nous servir
pourrait parfois nous asservir,
au point de devenir comme une idole qui rôde alentour,
cherchant qui étouffer par ses ruses et ses séductions.

Déjà par la voix du prophète Amos
le Seigneur dénonçait cet amour de l’argent.
Il rejetait cet esprit faux et insensé
qui recherche le gain à tout prix
et qui achète « le faible pour un peu d’argent
ou le malheureux pour une paire de sandales ».

Oui, Jésus se tient à distance
car il veut nous voir libre de toute attache démesurée.
Il ne voudrait pas en effet
que l’argent fasse barrage à la justice et la charité,
qu’il alourdisse et endurcisse nos cœurs,
qu’il asservisse notre vie.

On ne le sait que trop « la racine de tous les maux,
c’est l’amour de l’argent ».
Mais par le Christ il nous faut apprendre aujourd’hui
que la source de tous les biens, c’est l’amour de Dieu seul.

Alors Dieu ou l’Argent ? Que choisirons-nous ?
Quelle économie servirons-nous ?
L’économie mondaine avec ses séductions, ses idoles et ses oppressions ?
ou l’économie divine, l’économie du salut avec sa conversion, sa miséricorde et sa justice ?

*

Dieu ou l’Argent ? Qui servir et comment servir ?
Servir c’est adorer,
c’est livrer son cœur, sa personne, ses relations, au maître de notre vie.
Mais qui serait notre maitre ? Dieu ou l’Argent ?

On le comprend bien servir Dieu,
c’est adorer Dieu et Dieu seul,
car on ne peut servir deux maîtres.

Servir Dieu, c’est s’enraciner en Lui
pour déraciner en nous cet amour de l’Argent.
Servir Dieu, c’est vivre une Pâque
une pâque, une libération et une conversion,
en suivant la voie de l’Amour à l’exemple du Christ.
Pour cet exode intérieur, le Christ s’est fait notre guide,
il devient notre passeur.
Comme le rappelle saint Paul à Timothée,
« Dieu veut que tous les hommes soient sauvés
et parviennent à la pleine connaissance de la vérité ».
Pour cela il nous fallait quitter l’argent trompeur,
pour cela il nous fallait un Rédempteur.
Car, dans sa misère,
« l'homme ne peut acheter son rachat
ni payer à Dieu sa rançon :
il est coûteux, le rachat de son âme,
et il manquera toujours pour que l'homme survive. »
Ainsi Dieu s’est fait homme,
le maître de tout s’est fait serviteur de tous,
Le Christ Jésus s’est fait médiateur entre Dieu et les hommes.
Il s’est livré lui-même à la mort pour nous racheter,
il a fait de sa vie une rançon pour la multitude,
il a pris sur lui la dette de notre péché.
Oui, il est coûteux le rachat de notre âme.
C’est le prix de notre péché,
c’est le prix de sa miséricorde.
Devant un tel amour, que choisirons nous
Dieu ou l’Argent ?

Si tu veux servir Dieu,
il te faudra suivre le Christ pèlerin et passeur de miséricorde.
Il te faudra faire avec lui ce pèlerinage de miséricorde
pour démasquer en toi cet amour de l’argent,
cette cupidité sans fin,
cette soif de consommation,
cette idole du rendement et de la possession.

Si tu veux servir Dieu, adore-le,
attache-toi à Lui et tu trouveras en Lui la richesse et la source de ta liberté.

*

Servir Dieu, c’est l’adorer
et c’est devenir à notre tour intendant de son amour,
intendant de la miséricorde.
Oui, notre Dieu cherche des adorateurs en esprit et en vérité,
il cherche des intendants de son amour et de son pardon,
il cherche des ministres de réconciliation.

Servir Dieu c’est devenir intendant de miséricorde.
La miséricorde, voilà le bien suprême que Dieu nous confie,
voilà le patrimoine commun et universel que Dieu nous demande de partager.
La miséricorde n’a pas de prix, c’est un don gratuit
qui dépasse tout avoir, qui surpasse tout devoir !
Car c’est par elle que nous sommes ce que nous sommes.

La miséricorde,
c’est la source de notre appel et de nos vocations,
c’est la force de nos engagements, de notre consécration,
c’est le trésor fragile de nos familles, de nos communautés.
La miséricorde,
c’est un don précieux à accueillir, à recueillir et surtout à partager avec le monde.
La miséricorde, c’est le bien suprême
que l’Église nous invite à célébrer tout au long de cette année,
c’est le don que nous avons à faire fructifier durant ce jubilé.

Devenir intendant de la miséricorde
c’est donc accueillir avec reconnaissance ce bien qui nous est confié,
c’est se laisser aimer et pardonner,
c’est vivre la réconciliation par les sacrements et dans nos relations.

Mais c’est aussi savoir répandre et partager librement, gratuitement
cet Amour de Dieu, par des œuvres de miséricorde.

*

Frères et sœurs,
qu'on nous regarde donc comme des serviteurs du Christ
et des intendants des mystères de Dieu.
sachant bien qu'en fin de compte
ce qu’on demande à des intendants,
c'est que chacun soit trouvé fidèle.
Alors chacun de nous,
selon la grâce reçue, mettons nous au service les uns des autres,
mettons nous au service du monde et de la cité
comme de bons intendants d'une multiple grâce de Dieu.
Au soir de notre vie, lorsque la gérance nous sera retirée,
nous serons jugés sur l’Amour.
Ta gérance d’aujourd’hui, c’est ton amour.
Si c’est l’amour de l’argent qui a guidé ta vie,
tu devras quitter tes profits.
Mais si tu as choisi l’amour de Dieu,
alors tu entreras dans Sa vie.

Méditer la Parole

18 septembre 2016

Saint-Gervais, Paris

Frère Charles

 

Frère Charles

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