3e Dimanche de l'Avent - A

Gaudete !

« Gaudete ! »
« Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur !
Réjouissez-vous car le Seigneur est proche ! »
C’est par la couleur rose que l’Église veut signifier sa joie pleine d’espérance.
Le rose,
C’est le rouge et le blanc mélangé,
C’est le rouge du martyr et le blanc de la sainteté
C’est le sang et l’eau de toute naissance et de la Croix
C’est cette rosée du matin qui annonce un jour véritable.
C’est le sourire de Jean qui annonce la grande Joie de Dieu.
Alors frères et sœurs,
Que le Seigneur répande en nous la rosée de Sa joie.


« La caractéristique unique de la joie chrétienne disait saint Jean-Paul II,
c’est qu'elle peut être partagée avec la souffrance
puisqu'elle est entièrement basée sur l'amour.
C'est seulement dans cet Amour
que l'on comprend
l'allégresse sereine des martyrs jusque dans l'épreuve,
ou bien le sourire des saints face à celui qui souffre.
C'est un sourire sans offense, qui console... »
Ce sourire frères et sœurs, c’est le sourire de Jean.
C’est le sourire d’un homme qui laisse deviner la joie de Dieu
C’est le sourire d’un prophète qui laisse résonner la joie de l’évangile.
C’est le sourire d’un pauvre qui laisse entrevoir la consolation de Dieu.

C’est ce sourire qui guidera notre lecture de l’évangile.
C’est ce sourire qui pourrait nous conduire à la joie de Dieu.

Jean-Baptiste : l’homme au sourire dans l’épreuve
Jean-Baptiste : un chercheur de Dieu, un assoiffé de bonheur, qui nous invite à la joie de croire.
Du fond de sa prison, Jean entendait parler des œuvres de Jésus. Enchainé et réduit aux ténèbres du cachot, Jean ne voyait pas le Christ et malgré tout, il voulait croire en lui. Au cœur de sa misère,
il cherche le bonheur, il scrute la lumière, il aspire à la liberté.
Jean ne voit pas le Christ
mais cependant il entend parler de lui et de ses œuvres.
Il ne reste pas sourd à sa présence dans le monde, il se laisse interpeller par ses œuvres et il interroge ses disciples, et par eux il demande à Jésus :
« Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »
Alors Jésus fait dire à Jean et à travers lui à tous ces chercheurs de Dieu :
« Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :
les aveugles retrouvent la vue,
les boiteux marchent,
les lépreux sont purifiés et les sourds entendent,
les morts ressuscitent
et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle »
Ce qu’il nous faut voir et entendre, c’est le chemin de l’évangile dans la pauvreté de notre humanité.
Autrement dit, le Seigneur nous rappelle que c’est par l’évangélisation de nos pauvretés que la joie adviendra dans le monde. C’est par le chemin de la pauvreté que Dieu visitera son peuple, que Dieu visitera nos cœurs.
Comme Jean, comme nous peut-être, nombreux sont ceux qui doutent et qui cherchent comme à tâtons dans les nuits de ce monde, nombreux sont ceux qui restent prisonniers de leur souffrance, de leur péché et qui n’osent plus espérer un salut. Alors Jésus nous fait dire à tout un monde désenchanté :
« Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de scandale ». Et nombreuses pourtant sont ces occasions de scandale : par la souffrance, la guerre, la violence, l’injustice, la misère, et tout ce qui secrètement nous révolte et nous enchaine.
Alors au cœur de nos prisons intérieures, Jésus veut y déposer Sa joie, il veut y répandre sa Paix et pour cela il nous redit :
Heureux celui qui au lieu de chuter se laissera relever par ma pauvreté, ma miséricorde.
Heureux celui qui bien que défiguré se laissera transfigurer par la lumière de mon salut.
Heureux celui qui bien qu’attristé se laissera consoler par la joie de l’évangile.

Mais l’évangile ne s’arrête pas là. Le précurseur est un passeur et dans son effacement, il nous conduit à Jésus. Dans son sourire, il nous montre le maitre de notre Joie : Jésus. Alors, allons à lui !
 « Tandis que les envoyés de Jean » s’en allaient,
Jésus demeurait et toute une foule espérait.
Tandis que la voix se taisait, le Verbe enseignait et la foule écoutait.
Tandis que la lampe s’éteignait, une lumière se révélait et la foule regardait.
Tandis que le prophète s’en allait, le Seigneur advenait et la foule le suivait.
Cette foule qui jadis allait au désert,
la voici qui vient à Jésus.
Assoiffée de bonheur et de vie,
elle vient à lui, elle s’en remet à lui.
Cette foule, c’est notre monde en recherche,
c’est notre cœur et la multitude de ses désirs,
Ce sont toutes ces soifs humaines, ces faims naturelles
qui nous habitent et qui nous traversent.
C’est en somme la finitude de notre humanité
qui espère et qui aspire à la plénitude de la divinité.

Cette foule aujourd’hui le Seigneur vient la visiter,
il vient la guider, l’orienter, l’enseigner.
Et pour cela, il va l’interroger en disant :
« Qu’êtes-vous allés regarder au désert ?
Un roseau agité par le vent ?
un homme habillé de façon raffinée ?
Luxe, mondanité, vanité : c’est le lot de nos déserts humains ou citadins,
c’est bien souvent la racine de nos tristesses.

« Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? »
Pour faire mûrir nos désirs, pour les agrandir,
le Seigneur, loin de les anéantir, vient d’abord nous les faire découvrir.
Il connaît les pensées de l’homme.
Il connaît les joies des hommes, mais aujourd’hui il veut nous engendrer à la joie de Dieu.
Alors il fait cette révélation :
« Amen, amen, je vous le dis, parmi ceux qui sont né d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »
À cette foule esseulée, dispersée et désemparée,
à ces cœurs assoiffés, dispersés, Jésus évoque une naissance, il annonce en creux une nouveauté et une grandeur jusque-là pas connue.
De même que Jean est né d’une femme, ainsi nous renaîtrons dans le Royaume des Cieux.
Mais cette naissance est autre, elle est nouvelle ;
elle nous magnifie, elle nous comble au delà de toute mesure. Elle nous réjouit au-delà de toute connaissance.
Pour faire mûrir nos désirs, pour les unifier,
pour les magnifier, pour les combler
Jésus nous invite donc à renaître,
renaître de l’eau et de l’Esprit.
Renaître de l’eau qui purifie : c’est notre chemin de conversion ;
 renaître de l’Esprit qui sanctifie et magnifie : c’est le don de Dieu qui réjouit.
Ainsi la joie est un don de Dieu. Inutile de la chercher ailleurs, de la fabriquer autrement. Ce ne serait que du vent ou des illusions.
Cette joie que le Baptiste indiquait,
c’est la joie d’une naissance.
Celle de Jésus certes mais surtout la nôtre.
C’est la joie d’un Homme nouveau qui doit advenir dans notre vie.
Dans 15 jours cet Homme adviendra, dans 15 jours notre joie se révèlera.

Seigneur et maitre de notre joie,
Fais-nous renaitre de l’eau et de l’Esprit
Donne nous ce sourire de Jean pour te percevoir et te croire dans les épreuves
Donne nous ce sourire de l’enfant que tu conduis et que tu fais grandir dans la vie
Donne nous ton Esprit,
source de notre joie.

Méditer la Parole

11 décembre 2016

Saint-Gervais, Paris

Frère Charles

 

Frère Charles

Lectures bibliques

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