Saint jour de Noël

Au milieu de notre nuit, un cri s’est fait entendre. 
Voici L’Enfant, le nouveau né !
Voici le Bien Aimé qui dans sa chair vient t’épouser !
Voici le Premier-Né qui dans ton cœur vient te visiter !
Voici l’Homme, Voici notre Dieu ! sortons à sa rencontre !
Frères et sœurs,
ce cri de joie, nous l’avons entendu en cette nuit !
C’est la voix des veilleurs de Bethléem,
C’est la voix des guetteurs en Israël.
De l’Orient jusqu’au couchant,
Les patriarches et les prophètes
Les sages et les savants, les anges et les bergers,
Tous ensemble, ils crient de joie
car ils voient les yeux dans les yeux le Seigneur revenant à Sion.
Tous les lointains de la terre
ont vu le salut de notre Dieu.
Tous, ils ont entendu et ils ont vu l’Amour du cœur de notre Dieu.
Venir à la Crèche c’est venir entendre le Verbe, c’est venir voir la Lumière, c’est venir rencontrer le Fils et le frère premier-né.

Venir à la Crèche, c’est venir écouter le Verbe, c’est venir entendre l’enfant.
Entendre Jésus dans son cri de naissance, dans sa pauvreté, c’est écouter le cri de son humanité.
Là où Dieu naît, l’homme grandit. Là où Dieu crie, l’homme se tait.
 « Écoutez la voix des guetteurs » nous dit le prophète Isaïe, « ils élèvent la voix, tous ensemble, ils crient de joie car ils voient les yeux dans les yeux le Seigneur qui revient à Sion. »
Qui sont ces guetteurs, qui sont ces messagers
qui annoncent la paix, qui apportent le bonheur ?
Depuis les périphéries, les hommes les plus lointains, les plus pauvres parmi les pauvres ont veillé pour nous en cette nuit.
Dans la nuit de ce monde, au-delà du poids de leur misère, ils donnent une voix à la louange. Au-delà du cri de leur souffrance, ils annoncent  le cri de la naissance, celui de notre délivrance.
Venir à la Crèche, c’est venir avec les pauvres pour écouter le cri de Dieu au milieu des cris des hommes.
De la Crèche à la Croix, il y a ce cri de Dieu. C’est le cri de l’enfant qui rejoint déjà le cri du souffrant. C’est le mystère de Dieu qui rejoint le salut de l’homme et qui nous invite à annoncer la délivrance, qui nous invite à propager la paix.

Venir à la Crèche, c’est venir voir la Lumière divine, c’est venir contempler le visage d’un enfant.
Cet enfant que nous adorons, c’est le Fils, qui « porte l’univers par sa parole puissante », nous dit la lettre aux Hébreux.
Ce visage que nous contemplons, c’est « le rayonnement de la gloire de Dieu, l’expression parfaite de son être ».
Le Verbe s’est fait chair, il se donne à voir, il a pris visage d’homme
Loin de mépriser les hommes, notre Dieu se laisse rencontrer comme un tout petit.
Par son innocence, il apaise toute chose, il renouvelle nos cœurs, il unifie notre vie, il simplifie nos regards.
On ne voit bien qu’avec le cœur, mais les premiers reflets de notre monde scintillent d’abord dans notre regard.
Regard de ténèbres ou de lumière.
Regard de violence ou de paix.
Regard de tristesse ou de joie.
Regard de condamnation ou de miséricorde.
Venir à la crèche, c’est venir renouveler son cœur, c’est venir transformer son regard, en communiant à l’innocence du premier né,
c’est recueillir la lumière du nouveau né pour illuminer les yeux de notre cœur.
Venir à la crèche, c’est acquérir ce regard d’innocence et de confiance pour contempler le monde, pour s’émerveiller de l’homme à la manière de Dieu.
C’est le mystère de Dieu qui rejoint le salut de l’homme et qui nous demande de rayonner sa joie et sa miséricorde.

Venir à la Crèche, c’est rencontrer Dieu, c’est recevoir  l’enfant.  C’est mettre Jésus au cœur de notre foi pour le porter au cœur de notre monde.
Saint Jean nous le redit : « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous ». Quand on habite avec quelqu’un, on partage sa vie, on entre en relation avec lui, on se donne et on se reçoit de lui. Ainsi le Verbe s’est fait chair, il est venu chez nous, il est venu partager notre humanité, il est entré dans notre fraternité.
Pour nous montrer le chemin vers le Père, pour faire de nous des fils, le Verbe s’est fait chair. Pour toi en cette nuit, le Verbe s’est fait frère. Il veut désormais se révéler à toi.
Alors de la Crèche à la Croix, il te cherchera.
Il te visitera sous les traits d’un enfant ou de l’innocent.
Il t’approchera sous les traits d’un nouveau-né ou d’un Crucifié.
Pour ne pas t’effrayer, l’Unique engendré s’est fait nouveau-né
et pour te sauver le Premier-né se fera crucifier.
C’est ainsi qu’il s'anéantit lui-même,
en prenant pour toi la condition d'esclave.
Devenu semblable aux hommes,
il se lie à toi aujourd’hui, pour qu’un jour tu sois en Lui délié de la mort et du péché.
Si tu le reçois, il te donne le pouvoir de devenir enfant de Dieu, il se fait ton frère et ainsi tu connais le Père.
Viens et tu verras, en lui tu demeureras.

Seigneur, nous venons à toi en ce jour.
Toi qui parles en moi dans le fond de mon cœur, laisse-moi T’écouter dans le fond de mon cœur pour que je puisse t’annoncer au cœur de ce monde.
Toi qui brilles en moi dans le fond de mon cœur, laisse-moi Te contempler dans le fond de mon cœur pour que je puisse te laisser rayonner à la face des hommes.
Ô Toi qui es chez Toi dans le fond de mon cœur, laisse-moi Te rejoindre dans le fond de mon cœur, pour que je puisse vivre de toi au milieu de mes frères et que tu viennes sauver l’humanité.

Méditer la Parole

25 décembre 2016

Saint-Gilles, Bruxelles

Frère Charles

 

Frère Charles

Lectures bibliques

Isae 52,7-10

Psaume 97

Hbreux 1,1-6

Jean 1,1-18