13e semaine du Temps Ordinaire - A

Tout quitter pour Le suivre

Jésus est venu sur notre terre pour nous donner la paix.
Mais la paix qu’il donne n’est pas celle que nous imaginons.
Sa paix n’est pas la tranquillité, le repos sécurisant.
La paix selon Jésus est le fruit d’une soif inassouvie,
d’un élan, d’un sursaut.
Le lieu de sa paix est une traversée,
une pâque vers un plus grand que soi.
Dieu est notre paix.
Jésus est lui-même la paix qu’il promet.
Le pacifié est celui qui ne regarde plus sa vie depuis lui-même
mais depuis le Christ.
Il trouve sa paix dans l’accueil du Christ dans sa vie.
Il reçoit la paix de ce qu’il ne cherche plus à sauver sa vie.
Il consent à la croix qui le dépossède de ce qu’il croit posséder.
Entre l’effroi de la mort inexorable
et l’acceptation de notre finitude,
le Christ est là réconciliant l’inconciliable.
Il ouvre un chemin de vie dans la mort.

Il arrive que tomber et se relever
ne soit qu’un seul et même mouvement.
Comme mourir et naître,
se perdre et se trouver.
Peut-être est-ce la condition pour accéder parfois à une paix
qui surpasse toute intelligence.
Une paix qui ne pose aucune condition,
ne propose aucune solution.
Une paix qui ne réduit pas nos contradictions
mais élargit notre cœur, notre vie au-delà des contraires
qui ne cessent de nous tirailler.

N’oublions pas que Jésus s’adresse dans notre page d’Évangile
à ses disciples qui ont choisi de le suivre.
Quelqu’un a fait irruption dans leur vie
sous la forme d’un appel : Suis-moi.
Jésus est venu à l’improviste contredire ce qu’ils étaient.
Les pécheurs ont dû laisser leurs filets et leurs barques.
Le publicain, sa collecte de l’impôt.
Le zélote, sa fougue à chasser l’occupant romain.
Jésus est le contradicteur qui sème une vie nouvelle.
Il va chercher dans le fonds de l’homme sa capacité
à être pleinement un vivant.
La relation de Jésus à son disciple ne peut laisser indemne.
Cette épreuve d’altérité est pour une nouvelle naissance à soi,
une naissance d’en haut.
Bien sûr, on peut toucher sans se laisser toucher.
On peut parler sans entendre en retour.
On peut contourner ce qui en l’autre est inédit.
Mais qui a rencontré Jésus
n’arrivera pas à oublier son visage,
n’arrivera pas à faire taire ses paroles de feu
qui remontent en soi dans le silence.

Oui, Jésus est une menace
pour notre tranquillité, notre confort!
Il sème un amour nouveau en nos cœurs.
Un amour autre, un amour divin, un amour absolu.
Un amour surnaturel qui frotte en nous
avec l’amour naturel de l’enfant pour ses parents
et des parents pour leur enfant.
C’est dans ce frottement que Jésus conduit
non pas à l’opposition mais à un dépassement.
Son amour n’exclut pas.
Il inclut toutes nos affections légitimes.
Mais cet amour ouvre à une espérance inédite :
Notre avenir est en Dieu
et non en l’homme, fut-ce notre père, notre mère, notre enfant.
Désormais notre vie est cachée avec le Christ en Dieu.
Le disciple est tourné vers le Christ,
le trésor de sa vie et son unique espérance.
Il part marcher à sa suite
en ne préférant rien ni personne à son amour.

Seigneur, aide-moi à me perdre en toi.
Et aide-moi à t’accueillir en moi.
Puisque tu m’aimes le premier,
comment ne pas t’aimer en entier?

Plusieurs citations de « L’intranquillité »
de Marion Muller-Collard

Méditer la Parole

2 juillet 2017

La Badia, Florence

Frère Jean-Christophe

 

Frère Jean-Christophe

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