Fête de la Présentation de Jésus au Temple

 Voir sans cesse le don de Dieu

 


Aujourd’hui s’accomplit la prophétie de Malachie

car « vient dans son Temple le Seigneur que vous cherchez ».

Et il interroge :

« Qui pourra soutenir le jour de sa venue ?

Qui pourra rester debout lorsqu’il se montrera ? » (3,1-2).

Pareil au feu du fondeur et à la lessive des blanchisseurs,

il vient pour fondre et purifier.

Et le prophète conclut :

« Alors l’offrande de Juda et de Jérusalem

sera bien accueillie du Seigneur » (3,3-4).

Aujourd’hui, jamais le Temple de Jérusalem

n’a été illuminé de l’intérieur d’une telle manière

car, comme un candélabre allumé,

le Fils de Dieu y fait son entrée.

Devant lui, « la ténèbre n’est point ténèbre

et la nuit comme le jour illumine » (Ps 139,12).

L’Envoyé du Très-Haut vient prendre

possession de son sanctuaire

en y apportant « la lumière véritable

qui éclaire tout homme » (Jn 1,9).

Désormais « le peuple qui marchait dans les ténèbres

a vu une grande lumière ;

et sur les habitants du pays de la mort,

une lumière a resplendi » (Mt 4,16 ; Is 9,1).

Oui, le Temple est comme une nouvelle fois

rebâti, relevé, restauré.

Il retrouve sa vocation de Maison de prière.

« Le zèle pour ta maison me dévorera » (Ps 69,10).


Ce n’est pas sans lien avec la Présentation de Jésus au Temple

que l’Église fête en ce jour la vie consacrée.

La profession religieuse se prononce devant l’autel du Seigneur

au milieu du peuple de Dieu rassemblé.

Et chaque jour, les consacrés montent à la Maison du Seigneur

pour y offrir l’offrande de leur prière pour le monde.

Toute leur vie est appelée à devenir une prière continuelle,

une mise en présence de Celui

qui est « avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».


La vie consacrée, disait hier soir le pape François, 

c’est « voir ce qui compte dans la vie, 

c’est accueillir le don du Seigneur les bras ouverts ». 

Les consacrés sont appelés à être comme Anne et Syméon 

qui voient dans l’Enfant Jésus le salut

Comme eux, ils voient « la grâce de Dieu reversée dans leurs mains. 

La personne consacrée est celle qui, chaque jour, se regarde 

et dit : “tout est don, tout est grâce”», dit encore le pape. 

Et d’ajouter : « Nous ne méritons pas la vie religieuse, 

c’est un don d’amour que nous avons reçu ». 

Nous ne devons pas perdre la boussole de la vie consacrée 

qui est la gratuité de Dieu. 

En gardant le regard fixé sur Lui, 

« nous nous ouvrons au pardon qui nous renouvelle 

et nous sommes confirmés par sa fidélité ». 

Autrement dit, « celui qui sait voir avant tout la grâce de Dieu, 

découvre l’antidote au manque de confiance et au regard mondain ». 


Par le vœu de chasteté,

les consacrés font du « sanctuaire de leur corps » (Jn 2,2)

un espace sacré pour le Seigneur.

« La chasteté n’est pas une stérilité austère 

mais le chemin pour aimer sans posséder » (Pape François).

« Ton célibat consacré ne nie pas le corps, dit le Livre de Vie de nos Fraternités,

mais il l’épanouit en lui donnant son sens le plus profond

et le plus intime, à la suite du Verbe fait chair

nous appelant tous à devenir un seul Corps.

Puisque ton corps est un temple du Saint-Esprit qui est en toi

et que tu ne t’appartiens pas,

glorifie donc ton Dieu dans ton propre corps » (n°88).


Par le vœu de pauvreté, les consacrés choisissent de fuir

l’illusion des faux trésors. 

« La pauvreté n’est pas un effort titanesque, 

mais une liberté supérieure, qui nous donne 

Dieu et les autres comme les vraies richesses ». (Pape François)

En franchissant la porte du Temple de Jérusalem,

Jésus nous indique le passage d’une autre porte

d’une « porte étroite qu’aucun riche ne saurait franchir,

en vue de la promesse totale et sans fin

d’un vrai trésor et d’un héritage éternel ».

Le Christ Jésus, de riche qu’il était,

s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté (cf. 2 Co 8,2).

Pauvre comme lui, le consacré accepte de tout perdre

afin de gagner le Christ (cf. Ph 3,8).


Enfin, par le vœu d’obéissance, à la suite du Christ

qui s’est soumis en tout à la volonté de son Père,

les consacrés renoncent à eux-mêmes

pour ne s’attacher qu’au Seigneur Jésus.

Avec leurs frères et sœurs, ils font fraternité

pour que de l’écoute mutuelle

naisse la communion qui est signe

de la présence de Dieu.

« Avec tes frères, vise à avoir un même amour,

une seule âme, un seul sentiment,

et le temple ainsi construit sera solide

parce que bâti par l’Esprit Saint

qui parle à travers la communauté qui le prie » (Livre de Vie n°111).


Aujourd’hui, dans le Temple de Jérusalem,

Celui qui est le Verbe fait chair

et qui maintient l’univers par sa parole,

est venu dans le silence de ses quarante jours

accomplir la loi de sainteté.

Celui qui est la Route et qui parcourra

la Terre sainte pour y semer l’Évangile,

s’est laissé porter dans les bras du vieillard Syméon

pour qu’il voie « le salut que Dieu a préparé

à la face de tout le peuple » (Lc 2,3).

Voir le salut, précise également François, 

c’est être à l’image de Syméon «serviteur» 

et apprendre à vivre pour servir, 

ne pas attendre et se mettre à la recherche du prochain. 

Ce dernier se trouve d’abord au sein de la communauté, 

lieu où l’on exerce d’abord la charité. 

Dans notre société où «beaucoup voient dans les autres 

seulement des obstacles et des complications», 

«nous avons besoin de regards qui cherchent le prochain, 

qui rapprochent celui qui est loin». 

«Les religieux et les religieuses […] sont appelés 

à implanter dans le monde» le regard de Jésus, celui de la compassion.

Jésus, nous dit la lettre aux Hébreux, 

s’est rendu « en tout semblable à ses frères

pour devenir un grand prêtre miséricordieux

et digne de foi pour la relation avec Dieu,

afin d’enlever le péché du peuple » (He 2,17).

Oui, Jésus offrira le sacrifice parfait

sur l’autel de la croix

pour engendrer l’humanité nouvelle

renée au souffle de son Esprit.


C’est par la conversion toujours renouvelée

de leur cœur que les frères et sœurs consacrés

actualisent dans leur vie

la victoire de Jésus sur le mal et la mort.

Toute leur vie est une pâque

pour aller de ce monde qui passe

vers le Royaume qui est éternel.

Le nouveau-né, entouré de Marie et de Joseph,

deviendra « le premier-né d’entre les morts »,

faisant de la multitude des frères

que nous sommes et dont il est l’aîné

un peuple de sauvés, un royaume de prêtres

et des fils adoptifs.

Dans le Temple, Jésus est venu chercher

tous les croyants, pour les ramener vers son Père.

Ensemble, baptisés dans le Christ Jésus,

prêtres, prophètes et rois,

suivons le Christ sur le chemin de vie

qu’Il ouvre devant nous.

Devenons de plus en plus des enfants de lumière.

Et à sa lumière, un jour,

nous verrons LA Lumière.

 

Sources : Vatican News 2 février 2020

 

Méditer la Parole

2 février 2020

Saint-Jean, Strasbourg

Frère Jean-Christophe

 

Frère Jean-Christophe

Lectures bibliques

Malachie 3, 1-4

Psaume 23

Hbreux 2, 14-18

Luc 2, 22-40