Samedi Saint

Descente aux Enfers

En ce Samedi Saint, nous revivons ce temps compris entre le moment où Jésus a expiré sur la croix et le moment où il est ressuscité. Ce laps de temps est celui où Jésus connaît la mort.
Oui, Jésus connaît cet état de mort, cet état de séparation entre son âme et son corps (CEC 624). Non seulement Jésus est mort pour nos péchés (1Co 15,3), mais en plus, Il a goûté la mort, comme le dit la Lettre aux Hébreux (He 2,9).
La mort du Christ a été une vraie mort.
Elle a mis fin à son existence terrestre.
Le Christ, comme l’avait annoncé Isaïe (Is 53,8), a été retranché de la terre des vivants. Jésus a connu la mort comme tous les hommes et il les a rejoints au séjour des morts. Ce séjour des morts où le Christ est descendu, l’Ecriture l’appelle les enfers, le Shéol ou l’Hadès, parce que ceux qui s’y trouvent sont privés de la vision de Dieu. «Dans la mort, nul souvenir de toi, dans les enfers, qui te louerait ?» chantions-nous tout à l’heure (Ps 6,6).

Mais, frères et sœurs, quelle est la merveille de ce jour si particulier ?
C’est que Jésus est descendu au séjour des morts, mais en Sauveur, proclamant la Bonne Nouvelle à ceux qui y étaient détenus (cf 1P 4,6).
Jésus est mort sur la croix en disant :  «Tout est accompli» (Jn 19,30).
Il a réconcilié tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix (Col 1,20).
L’accomplissement du salut des hommes met en paix l’univers entier.
Mais sous terre, les morts ne restent-ils pas encore emprisonnés ?
La descente aux enfers du Sauveur est l’accomplissement, jusqu’à la plénitude, de l’annonce du salut  afin qu’au ciel, sur terre et aux enfers, toute langue proclame que Jésus-Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père (Ph 2,10-11).
Au delà de la mort qui garde son corps dans le tombeau scellé, «le Premier-né d’entre les morts s’en est allé, nous dit l’Apôtre Pierre, prêcher le salut aux prisonniers de l’ombre» (1 P 3,19).
Il est descendu dans les profondeurs de la mort, afin que les morts entendent la voix du Fils de Dieu et que ceux qui l’auront entendue vivent (Jn 5,25).

L’autre merveille de ce jour, c’est que Jésus est bien mort, mais la vie n’est pas morte.
Dans sa mort, Jésus demeure le Prince de la Vie (Ac 3,15).
Une fois de plus, il se révèle être le maître du sabbat.
Dans ce grand repos, le Fils de l’Homme est à l’œuvre.
Dans sa mort, Jésus n’est pas arrêté dans son œuvre de salut. «Mon Père travaille jusqu’à présent et moi aussi je travaille» (Jn 5,17).
Combien cela est vrai en ce grand sabbat de la Pâque ! Jésus, même en sa mort, ne cesse de donner la vie, et la vie en abondance (Jn 10,10).
Jésus est mort, mais Christ est vivant ! Et le cœur du Christ n’est pas en repos pendant ce temps-là !


Le Nouvel Adam est descendu vers le premier Adam et, se penchant vers lui, pour le prendre par la main, il lui parle ainsi :
«Relève-toi d’entre les morts, je suis la vie des morts !
Lève-toi Adam et partons d’ici ! Allons ensemble de la mort à la vie !
» (St Épiphane)
Dans toutes nos ténèbres intérieures, là où il nous semble que Dieu est absent, Jésus est enfoui et travaille notre cœur pour le ramener à la vie et à la joie.
Il n’y a pas de ténèbres que Jésus n’ait pas visitées.
Qu’au Shéol, je me couche, te voici, Seigneur ! ( Ps 139,8)
«La ténèbre n’est point ténèbre devant toi et la nuit comme le jour illumine» (Ps 139,12), chante encore le psalmiste.

Quelle immense espérance pour tout homme désormais.
Le Vivant est le premier et le dernier, il fut mort et le voici vivant pour les siècles des siècles.
Il détient la clé de la Mort et de l’Hadès (Ap 1,17-18).
Viens, Seigneur Christ, nous illuminer et nous donner Ta paix !
 

Méditer la Parole

26 mars 2005

Saint-Gervais, Paris

Frère Jean-Christophe

 

Frère Jean-Christophe

Lectures bibliques

Matthieu 27,57-66

Imprimer l'homélie

Télécharger la version pdfTélécharger la version pdf