1e semaine de l’Avent - A

Au chant des Laudes, revient souvent une antienne de l’invitatoire : «Oui, j’irai vers l’autel du Seigneur, Alleluia ! près du Dieu de ma joie, Alleluia !»
Le psaume responsorial de cette messe reprend ce thème : «Quelle joie quand on m’a dit : ‘Nous irons à la maison du Seigneur !’»Ce psaume 121 est un des cantiques des montées les plus enthousiasmants que chantaient les pèlerins montant à Jérusalem, la ville sainte. Il pourrait nous servir de fil conducteur, mettre le vent en poupe à nos petits voiliers, nous propulser en Avent, en ce premier Dimanche de l’Avent, à la rencontre du Seigneur qui vient vers nous.

Quatre panneaux, -mieux vaudrait dire : quatre signaux à la fois lumineux et sonores- jalonnent notre itinéraire, quatre strophes, la dernière se dédoublant, qui sont autant de marques dans notre marche vers Bethléem.

*Le premier signal suppose que nous sommes déjà arrivés : il nous place aux portes ! tant est si grand notre désir qu’il se porte d’emblée au terme, en espérance : «maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem !». Beaucoup sont venus de loin ; aux portes de la ville, on n’est pas encore au but : il faudra gravir les marches du Temple : sur chacune de ses marches, le fidèle chantait un psaume des montées. Soyons réveillés, résolus. C’est le moment de sortir de votre sommeil, dit Paul, si vous étiez, spirituellement, engourdis. À ceux qui tâtonnent, disons : La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche !

*Le deuxième signal est chantant : joie ! Joie d’aller ensemble vers une ville où tout ensemble fait corps. Israël voyait cette unanimité dans le cadre des tribus, les 12 tribus des fils de Jacob : habituellement dispersés, ils convergeaient ensemble vers le lieu saint : les lèvres s’ouvraient pour un chant joyeux en l’honneur de Sion, Jérusalem. Pour nous, l’unanimité est trouvée en Jésus, qui, tout petit enfant dans l’enfant de Bethléem, est déjà «la montagne qui est le Christ», la Maison du Pain qui refait nos forces, pain de voyage.

*Le troisième signal est sonore et chantant : action de grâces ! En ce lieu de culte, d’adoration qu’est le Temple de Jérusalem, vient la Loi, siègent le droit et la justice ; on en revient plus justes, plus sanctifiés. Le Messie fera doit aux pauvres et aux petits. Et puis de Sion, dit le prophète Isaïe, vient aussi la Parole du Seigneur. En ce temps de l’Avent, nous voulons lui réserver un temps privilégié dans l’emploi de nos journées, une place de choix, y investir du temps. Ta Parole est lumière sur ma route, elle guide mes pas. D’instinct la Parole de Dieu nous fera rejeter les activités et les pensées des ténèbres. Elle nous revêt pour le combat de la lumière. Même dans la nuit, on se conduit honnêtement, comme en plein jour.

*Le quatrième signal est lumineux : Paix. Deux strophes lui sont consacrées, avec un double appel : au bonheur et à la paix. Pas de vrai bonheur sans paix. Elle nous est promise par Celui qui est notre Paix. Il veut nous en donner l’assurance, par trois percussions !
- Paix à ceux qui t’aiment,
- Que la paix règne dans tes murs,
- Je dirai : Paix sur toi !
C’est la paix messianique apportée par Jésus, le Messie.

Cette paix commence par s’établir à l’intérieur de nos murs, pas seulement ceux de notre jardinet, de nos appartements –et c’est toujours un combat-, mais d’abord au profond de notre cœur, où se joue un vrai conflit, le lieu d’une ville à défendre par des murets qu’il faut abattre pour l’accueillir, à deux battants ! Dans cette conquête pacifique, nous avons besoin les uns des autres. Dans une construction, une pierre en soutient une autre : on met une pierre au-dessus de l’autre et celle qui soutient une autre est à son tour soutenue par une autre. C’est ainsi qu’en Jérusalem, tout ensemble fait corps. Il en est bien ainsi dans l’Église ; qu’il en soit ainsi en nos familles, en nos communautés : chacun est soutenu dans la mesure où il soutient ! Les pierres les plus proches se soutiennent réciproquement, et ainsi, grâce à elles, s’élève l’édifice de la charité.

Prenons donc, ensemble, le bon pas des pèlerins, en marche vers Jérusalem. Les «montées» nous invitent à prendre le chemin de l’humilité, surtout le chemin de la joie, et de la Paix. À cause de mes frères et de mes proches, je dirai : «Paix sur toi !», je désire ton bien.







Méditer la Parole

2 décembre 2007

Magdala, Sologne

Frère Pierre

 

Frère Pierre

Lectures bibliques

Isaïe 2,1-5

Psaume 121

Romains 13,11-14

Matthieu 24,37-44

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