1e semaine de l’Avent - A

En route vers les Grands Jardins de Dieu

En ce premier jour de l'année liturgique,

en ce jour où nous nous mettons en route

pour une belle marche à travers

le Parc des Grands Jardins de Dieu,

commençons par rendre grâce à Dieu

de ce que chaque jour nous allons recevoir de Lui une Parole.

Chaque jour, nous trouverons soutien,

joie, encouragement, lumière

dans Sa Parole !

Que le Seigneur en soit béni !

«Dans les Livres Saints,

nous dit le Concile Vatican II,

le Père qui est aux cieux

s'avance de façon très aimante

à la rencontre de Ses fils avec beaucoup d'amour,

et engage conversation avec eux.»

 

Une si grande force,

une si grande puissance

se trouve dans la Parole de Dieu

qu’elle se présente

comme le soutien et la vigueur de l’Église,

et pour les enfants de l’Église,

comme la solidité de la foi

la nourriture de l’âme,

la source pure et intarissable de la vie spirituelle[1].

 

Nous aurons des hauts et des bas,

 

les saisons de l’âme se succèderont

mais rien de cela ne nous inquiète

parce que le Seigneur,

tout particulièrement par sa Parole,

nous soutiendra,

nous animera,

nous ré-animera.

 

Nous ne sommes pas seuls,

 

ne serons pas seuls,

face à la vie.

 

Et notre communauté eucharistique,

 

nourrie de la Parole et de l’Eucharistie

va grandir en rayonnant et en évangélisant

pour le bien de notre ville!

Cette année que Dieu nous donne

va nous permettre de grandir ensemble

dans l’amour, la foi et l’espérance !

 

*

 

 

Que nous dit la Parole en ce premier jour de l’Avent ?

 

Veillez donc !

Vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient ! (Mt 24,42)

Le Seigneur sait que nous avons tendance

à nous assoupir, à nous endormir.

Il sait que nous nous laissons vite séduire et accaparer

par les soucis de cette vie

et l’appât des richesses (cf Mt 13,22),

et il nous appelle à rester éveillés,

à avoir un regard attentif sur les signes des temps.

 

Nous ne pouvons pas vivre dans une sorte d’insouciance

 

par rapport au cours de l’histoire

et par rapport à la fin des temps,

à la venue en gloire du Christ

qui est l’aboutissement sûr et certain

du cours de l’histoire.

 

Soyez attentifs, regardez, scrutez, discernez,

 

nous dit en quelque sorte Jésus,

car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. (Mt 24,44)

 

Veillez… et par amour, réveillez !

 

Réveillez ceux qui dorment !

La charité nous pousse à ne pas laisser les autres

somnoler dans l’insouciance, la superficialité

et le zapping spirituel.

La mission que nous partagerons

comme communauté eucharistique

est d’être des «veilleurs réveilleurs».

Au cours de cet Avent, de cette année,

que chacun d’entre nous

prenne son courage à deux mains

et s’en aille réveiller

au moins une personne de notre entourage !

 

La prophétie d’Isaïe que nous recevons aujourd’hui

 

nous parle de peuples nombreux,

de peuples jusque-là étrangers aux promesses de Dieu,

qui monteront vers Jérusalem

avec la certitude qu’ils y trouveront

une Parole de Vie qui donnera la Paix.

Venez, montons à la montagne du Seigneur

qu’il nous enseigne ses voies (Is 2,3).

Cette prophétie se réalisera à travers nous,

parce que nous aurons accompagné

des hommes et des femmes vers la Montagne sainte,

parce que nous aurons cheminé avec eux

vers le Sanctuaire de Dieu,

vers sa Parole,

vers son Eucharistie,

vers son Église.

 

Nous sommes ensemble les serviteurs

 

du réveil spirituel d’un peuple endormi,

d’un réveil spirituel qui va nous conduire ensemble

vers la Montagne de Sion,

vers la Maison de Dieu.

Et Isaïe nous annonce

que le fruit de cette montée vers l’Amour de Dieu

sera la Paix.

La paix, la guérison des blessures de l’histoire,

des rancœurs, des douleurs, des sensibilités blessées.

En un mot, la guérison de la mémoire

se trouve au bout de cette route spirituelle :

Ils briseront leurs épées pour en faire des socs

et leurs lances pour en faire des serpes.

On n’apprendra plus à faire la guerre. (Is 2,5)

 

Nous chrétiens portons la responsabilité

 

de la paix d’une manière unique.

La paix de Dieu, la réconciliation avec Dieu

qui est la source de toutes les réconciliations humaines

nous est confiée.

Si nous sommes des veilleurs réveilleurs,

nous serons ces instruments de paix

dont Jésus nous dit

qu’ils seront appelés fils et filles de Dieu (Mt 5,9).

 

Oui, c’est l’heure désormais

de nous arracher au sommeil.

Le salut est maintenant plus près de nous

qu’au moment où nous avons cru.

La nuit est avancée, le jour est arrivé.

Et Paul de poursuivre en s’adressant

à chacun de nous personnellement :

laissons les œuvres des ténèbres

et revêtons les armes de Lumière (Rm 13, 11-12).

En nous disant cela le Seigneur

ne nous donne pas simplement une leçon

en nous laissant nous débrouiller tout seul

pour combattre comme nous pouvons.

Si aujourd’hui il nous appelle

à abandonner les œuvres de ténèbres,

c’est bien parce qu’il s’engage

à être notre force pour cela :

point de ripailles, ni d’orgies,

ni de luxure ni de débauche (Id.)

Cela veut dire : Je vous libère de tout cela.

Le voulez-vous ?

Point de querelles ni de jalousies.

Cela veut dire : je vous délivre de tout cela.

Le voulez-vous ?

Voulez-vous vous revêtir du Christ

comme le dit Saint Paul ?

Oui, voulons-nous revêtir l’homme nouveau,

devenir la créature nouvelle

que nous sommes en réalité depuis notre baptême ?

 

L’Avent va être un temps de fiançailles spirituelles

 

où, nous dépouillant de nos vieilles habitudes de péché,

nous allons revêtir le Christ.

Nous allons recevoir le Christ !

Nous partons ensemble à la rencontre du Verbe fait chair.

Nous ne nous préparons pas à une fête nostalgique et creuse.

Nous nous préparons à une rencontre nouvelle

avec le Seigneur des seigneurs

qui s’avance vers nous

dans son Humilité et dans sa Gloire.

Alors, comme notre Archevêque nous y invite,

nous allons veiller dans l’espérance !

Le thème spécifique de cet Avent 2007 est :

« L’Espérance veille ».

Nous pouvons avoir 1000 raisons de nous décourager

et de baisser les bras,

mais il nous suffit d’une raison

pour nous redresser et relever la tête :

le Sauveur du monde vient à notre rencontre.

Il est en route.

Dieu vient toujours, tôt ou tard,

et immanquablement quand nous sommes sur la paille,

c'est-à-dire quand nous reconnaissons notre pauvreté

et la lui présentons avec confiance.

Et je cite le couriel que nous recevons de notre Archevêque :

Dans la grisaille de l’automne, le premier dimanche de l’Avent ouvre un temps de joie et de lumière. C’est au fond un exercice annuel de quatre semaines pour entretenir dans l’Église, le réflexe d’attendre la venue toujours surprenante du Seigneur. En effet, on sait que le mot « avent » est la contraction du mot « avènement » qui veut dire « venue ». L’Église commence donc son année liturgique en s’émerveillant de la venue du Seigneur. Ou peut-être faudrait-il parler « des » venues du Seigneur. Car il est venu (il y a deux mille ans), il vient (chaque jour grâce à l’Esprit du Ressuscité) et il reviendra (à la Parousie). Les trois venues sont considérées durant l’Avent et nous font tendre vers Pâques.

Toute notre année liturgique se passera sous le thème suivant : «Quand la vie se donne». Oui, la vie est un don. On la reçoit de d’autres. On ne se la fabrique pas soi-même. Dans la vie, on ne commence pas par donner mais bien par recevoir. On reçoit tout puis un jour, on transmet à son tour. La vie et le don s’appellent l’un l’autre. La vie résulte d’un don et c’est le don qui fait que la vie a un sens. Le secret d’une vie épanouie, c’est le don.[2]

«Quand la vie se donne» évoque aussi l’envie irrésistible de Dieu de se donner à nous, de nous faire partager son être, son cœur, sa vie, chaque jour jusque dans l’éternité. Un don rendu possible par la mort et la résurrection de Jésus et répercuté dans l’eucharistie. Il disait à Thomas : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). La Vie avec un V majuscule. Mais pour le manifester, il a commencé par être minuscule… Un petit enfant fragile né sur la paille dans un coin de pays perdu, loin des regards, c’est minuscule. Il va mettre trente ans à se révéler « majuscule »…

Vierge Marie, en ce premier jour d’un temps nouveau,

nous nous tournons vers toi

et te demandons

de nous accompagner de ta présence maternelle

et de nous enfanter à l’espérance :

que grandisse et s’affermisse

en nous et en toute l’Église

la certitude que la nouveauté de Dieu

surgira dans notre histoire

et sera vainqueur de toutes ténèbres.

 

Que l’Esprit Saint nous libère aujourd’hui

 

de toutes inquiétudes,

de toute peur face à l'avenir

parce que le Seigneur vient,

Lui le Sauveur, le Rédempteur,

Lui l’Amour fait chair.



Méditer la Parole

2 décembre 2007

Saint-Sacrement, Montréal

Frère Antoine-Emmanuel

 

Frère Antoine-Emmanuel

Lectures bibliques

Isaïe 2,1-5

Psaume 121

Romains 13,11-14

Matthieu 24,37-44

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