Vigiles Marie Mère de Dieu - A

Avec Abraham, Moïse et Élie, vers la paix

nous veillons paisiblement et joyeusement.>Nous veillons pour bénir le Seigneur

parce que le temps est un don de sa main, de son cœur !

Cette nuit nous voulons louer le Père

parce que depuis 2008 ans, chaque nouvelle année

est une année de grâce habitée par la présence du Christ

et enveloppée par le souffle de l’Esprit.

Mais cette nuit nous voulons aussi supplier,

nous voulons intercéder.

 

Cette nuit, nous présentons au Père

tous les drames de notre humanité

et nous confessons notre foi, ferme et joyeuse,

en son Salut, en sa divine grâce.

Il est le Dieu de mon salut.

J’aurai confiance et je ne tremblerai plus

car ma force et mon chant c’est le Seigneur.

Il a été mon salut. (Is 12,2)

 

Parce que tous nous avons fait l’expérience du salut ;

Parce que nous puisons dans la mémoire du salut

du peuple d’Israël et de l’Église,

nous intercédons ce soir avec la certitude

que notre prière portera un fruit de grâce,

un fruit de paix.

 

Nous présentons au Père

ses enfants du Pakistan, de l’Irak,

de l’Afghanistan, de l’Iran.

Nous lui présentons ses enfants d’Israël,

de Cisjordanie, de Gaza et des pays arabes.

Nous lui présentons ses enfants d’Afrique

partout ou y règne la violence.

Nous lui présentons tous les conflits politiques, tribaux,

ethniques, sociaux, familiaux de par les cinq continents.

 

*

 

Cette nuit, nous sommes

comme Abraham en présence de Dieu

et en profonde solidarité

avec les Sodome de notre temps,

avec toutes les villes,

tous les peuples traversés par la violence.

 

Comme Abraham,

nous demandons à Dieu

de pardonner les impies,

les violents, les tueurs,

mais en savant que déjà

ils ont déjà été pardonnés

parce que Jésus a pris sur lui toute la haine,

toute la violence des humains

et nous a tous réconciliés avec le Père.

Ce que la foule chantait

lors de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem

a été accompli : Paix au Ciel (Lc 19,38)

L’amour passionné de Dieu pour son peuple

est un amour qui pardonne.

Il est si grand, cet amour,

qu’il retourne Dieu contre Lui-même,

qu’il retourne son amour contre sa justice[1].

 

Le pardon est déjà donné,

le salut est déjà offert,

mais avec la foi d’Abraham

qui a vu le jour de Jésus et s’est réjoui (cf. Jn 8,56),

nous prions le Père

pour que cette réconciliation avec Dieu

acquise par la Pâques de Jésus

soit annoncée à tous les humains.

 

Nous prions pour que cette paix chantée

par les anges à Bethléem soit connue de tous.

Nous prions pour que Jésus n’ait plus à pleurer

devant des villes qui restent fermées

à la venue de la paix (cf. Lc 19,42),

pour que la paix de Jésus

qui surpasse toute connaissance

rejoigne chaque cœur.

Et nous savons que cette réconciliation avec Dieu

est l’unique source de la vraie paix entre les humains,

entre les familles, les clans, les nations.

Nous prions dès lors pour que l’Église

assume pleinement sa mission d’évangélisation,

pour qu’elle annonce l’Évangile de la Paix

dans toutes les nations.

Mais nous prions aussi

pour tous les humains de bonne volonté

qui ouvrent des chemins de paix dans le monde.

 

*

 

Cette nuit nous sommes comme Moïse

au sommet de la montagne.

Nous nous aidons les uns les autres

à tenir les mains levées

pour intercéder, le bâton de Dieu à la main,

c'est-à-dire la croix de Jésus

dans nos mains et dans nos cœurs.

Comme Moïse, nous prions

pour que le peuple de Dieu

soit libéré de ses ennemis et puisse continuer

sa marche vers la Terre Promise.

Nous prions pour que la Paix de Dieu

fasse son chemin dans le cœur de ceux

qui déjà ont commencé

à l’accueillir consciemment ou non.

Nous prions pour que

sur le chemin de la paix ouvert par Jésus (Lc 1,79)

avancent des foules d’hommes et de femmes

pacifiés au fond du cœur

qui deviennent artisans de paix (Mt 5,9)

 

Car cette Paix,

Jésus ne l’a pas «souhaité» à ses apôtres,

il leur a «donné» cette paix !

«Je vous laisse la paix,

Je vous donne ma paix ;

Je ne vous la donne pas

comme le monde la donne» (Jn 14,27).

C’est un don gratuit ;

c’est un don définitif ;

c’est un don porteur d’une fécondité

qui va jusque dans l’éternité.

Nous prions pour que ce don porte son fruit

dans une foule de cœurs

qui dans les difficultés, les contrariétés,

les violences, les injustices de cette vie,

ne baissent jamais les bras et,

animés au plus profond du cœur par l’Esprit Saint,

portent le fruit de l’Esprit

qui est charité, joie, paix (cf. Ga 5,22)

 

Nous prions en particulier

pour que des jeunes de toutes races,

religions et nations

deviennent de vrais artisans de paix

en se laissant conduire par l’Esprit Saint

qui souffle où il veut (cf. Jn 3,8).

 

*

 

Cette nuit, nous prions comme Élie

au sommet du Mont Carmel,

courbé vers le sol,

le visage entre les genoux,

implorant pour son peuple la fin de la sécheresse.

Et nous savons que la supplication fervente du juste

a beaucoup de puissance (Jc 5,16).

Avec Élie nous prions pour que le Seigneur

fasse couler la paix

comme un fleuve sur notre terre (Is 66,12).

 

Nous prions pour que la paix,

la réconciliation avec Dieu

que Jésus nous a donnée au jour de la Résurrection

– qui est ce jour d’aujourd’hui –

pour que cette paix porte son fruit

qui est une nouvelle harmonie,

une nouvelle concorde,

entre les humains et entre les peuples.

Nous prions pour que ce lien qu’est la paix (Ep 4,3)

embrasse les communautés humaines

à commencer par les familles.

Nous ne prions pas

pour une paix politique superficielle,

la soi-disant paix profonde dont parle Tertullus,

avocat du grand-prêtre, à l’excellent Festus

en courtisan trompeur (cf. Ac 24,2).

Nous prions pour la vraie paix

qui est le fruit de la justice et de la miséricorde

de cœurs blessés par la tendresse de Dieu.

 

Jésus n’est pas venu apporter la paix,

la paix politique superficielle,

mais le glaive (cf. Mt 10,34),

le glaive de l’Amour miséricordieux

qui pénètre dans les cœurs, les désarme,

épuise leur violence,

et ouvre la voie à partir des cœurs brisés,

au Règne de Dieu qui est justice,

paix et joie dans l’Esprit-Saint (Rm 14,17).

Oui, prions pour que les chrétiens

construisent de vraies cités de paix !

 

Et nous élargissons notre prière

à tous ceux qui sans connaître Jésus

sont des amis de la paix

et servent l’avènement du Royaume.

 

*

 

Nous prions pour l’annonce

de la vraie paix aux humains de notre temps,

pour l’éclosion de la paix dans les cœurs

et pour que se tissent des liens de paix entre tous.

 

Nous prions comme et avec Abraham, Moïse et Élie.

Nous empruntons leur foi confiante et audacieuse.

Mais, plus encore, nous prions en Jésus,

qui, ressuscité, désormais à la droite de Dieu,

intercède pour nous (Rm 8,34).

Nous prions en JÉSUS lui qui, toujours vivant,

intercède en notre faveur

comme le dit la lettre aux Hébreux (He 7,25)

 

Nous n’avons pas un grand prêtre impuissant

à compatir à nos faiblesses et à nous maux.

Aussi nous nous avançons avec assurance

vers le trône de la grâce

afin d’obtenir miséricorde

et de trouver grâce (He 4,15-16)

 

Oui, nous sommes son corps

et nous participons à son intercession auprès du Père.

Nous participons à son sacrifice d’Amour

pour la vie du monde,

pour le salut du monde.

 

Père de tendresse,

sois béni,

sois loué,

Toi qui en cette nuit entend et exauce notre prière.

 

Méditer la Parole

31 décembre 2007

Saint-Sacrement, Montréal

Frère Antoine-Emmanuel

 

Frère Antoine-Emmanuel

Lectures bibliques

Isaïe 9,1-6

Psaume 84

Ephésiens 2,13-18

Matthieu 5,1-12

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