Samedi Saint

Joseph de Nazareth, gardien de la vie de Jésus
Joseph díArimathie, gardien de sa mort

Quand Jésus est venu dans le monde,
Joseph de Nazareth a accueilli le nouveau-né.
Et à l’heure de quitter ce monde
pour rejoindre le Père,
c’est à un autre Joseph, d’Arimathie,
qu’est confié son corps mort.
Le premier avait enfreint la loi juive
en refusant de dénoncer publiquement Marie (Mt 1,19),
et il ouvrit la porte de la Maison de David à l’Enfant.
Le second, pourtant membre du Conseil,
refusa de donner son assentiment au dessein,
et à l’acte des autres (Lc 23,51) qui avaient condamné Jésus,
et lui offrit une sépulture taillée dans le roc
et ferma la porte du tombeau.

L’Ecriture dit de ces deux Joseph
qu’ils étaient des «hommes justes» (Mt 1,19 ; Lc 23,50).
Le premier fut le gardien
du mystère de l’Incarnation du Verbe
en protégeant le sceau de la virginité de Marie.
Le deuxième fut le gardien
du mystère de la Résurrection du Christ
par la pierre roulée et scellée
devant l’entrée du tombeau.
L’un a protégé la vie,
l’autre a protégé la mort de Jésus.

Hérode voulait tuer l’Enfant-Roi qui venait de naître
car il avait peur pour sa royauté.
Et les membres du Haut-Clergé de Jérusalem
voulaient empêcher Jésus, l’unique Grand-Prêtre
qui a offert sa vie en sacrifice rédempteur,
de ressusciter d’entre les morts
car ils avaient peur pour leur ministère sacerdotal.
Deux Joseph dont le nom signifie en hébreu
«celui qui retranche»,
permettront à Jésus de donner sa vie librement
sans qu’on la lui prenne,
et de faire de sa mort une pâque vers la vie éternelle.
Retranché des mains du roi et des grands-prêtres,
Jésus s’est révélé comme le Vivant,
le Premier et le Dernier,
celui qui détient les clés de la mort
et de l’Hadès (Ap 1,17-18).

Celui qui fut couché dans une mangeoire à orge
a été broyé sur la croix,
offert comme Pain de vie,
et couché à même le roc.
Nu, il est sorti du sein maternel,
enveloppé par Joseph dans les langes,
Nu, il retourne dans le sein du Père,
enveloppé par l’autre Joseph dans le linceul.
La première naissance
annonce la deuxième naissance.
Car cette mort de Jésus
n’est pas un point final.
Elle est une pâque.
Si Jésus est bien mort,
il n’en demeure pas moins
que la vie en lui n’est pas morte.
Il est né à la vie en Sauveur.
Et il descend aux Enfers dans sa mort
en Prince de la Vie (Ac 3,15).
Celui qui est né à la vie
devient le premier-né d’entre les morts.
«Le premier-né d’entre les morts s’en est allé,
nous dit l’Apôtre Pierre, prêcher le salut
aux prisonniers de l’ombre» (1 P 3,19).
Il est descendu dans les profondeurs de la mort,
afin que les morts entendent la voix
du Fils de Dieu et que ceux
qui l’auront entendue vivent (Jn 5,25).

Cette nuit, nous célèbrerons sa victoire.
Nous n’entendrons plus alors parler de
ces deux Joseph mais ne les oublions pas.
Tous deux se sont fait disciples de Jésus.
Comme eux, attachons-nous au Christ,
laissons-le vivre en nous et avec lui,
nous passerons de la mort à la vie.

Méditer la Parole

22 mars 2008

Saint-Gervais, Paris

Frère Jean-Christophe

 

Frère Jean-Christophe

Lectures bibliques

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1 Pierre 3,18-20

Matthieu 27,57-66

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