5e semaine de Pâques - A

Chemin, Vérité et Vie

Thomas dit à Jésus :
«Seigneur, nous ne savons pas où tu vas ;
comment pourrions-nous savoir le chemin ?» (Jn 14,5).
Et nous, frères et sœurs,
est-ce que nous savons où nous allons ?
Nous vivons notre quotidien tel qu’il se présente,
au jour le jour,
mais est-ce que notre vie a un sens,
un but vers lequel nous tendons de tout notre être ?
Y-a-t-il un chemin sûr pour nos pas,
une vérité qui nous donne d’avancer en paix,
une lumière de vie qui nous laisse percevoir
le terme de la route ?
Ne sommes-nous pas bien souvent aveugles,
nous laissant ballotter au gré des vents ?
Eh bien, Jésus nous rejoint aujourd’hui
dans notre vie pour nous aider à avancer.

Il nous dit d’abord : «Je suis le chemin».
Notre marche sur cette terre,
c’est Quelqu’un, c’est le Christ.
Toute notre vie, nous sommes appelés
à mettre nos pas dans les pas du Christ.
Pour nous qui avons été créés à l’image de Dieu,
marcher à la suite du Christ,
c’est nous donner les moyens de retrouver
en nous cette image divine,
cette lumière céleste bien plus originelle en nous
que nos blessures et notre péché.
Jésus se fait le chemin et le guide
vers la vérité de notre être.
«Là où je suis, vous aussi, vous serez» (Jn 14,3).
Et chemin faisant, Jésus nous conduit
vers Celui en qui nous avons notre origine.
Il nous conduit au Père.
Jésus seul connaît le Père
car il est dans le Père et le Père est en lui.
«Puisque vous me connaissez,
vous connaîtrez aussi mon Père,» dit Jésus (Jn 14,7).
Quelle joie, frères et sœurs,
que de savoir que notre vie
a pour terme une rencontre avec le Père,
un face-à-face éternel avec notre Dieu
qui nous a créés par amour.
Il n’y a pas d’autre chemin que Jésus pour aller au Père.
«Nul ne vient au Père que par moi» (Jn 14,6).
La mort n’est pas un obstacle
car Jésus a franchi pour nous le mur de la mort (He 10,19-20).
Et il a placé, dans la brèche ainsi ouverte,
son corps ressuscité
pour en faire la porte du ciel (Jn 10,7-10).
L’accès à la vie éternelle est à jamais ouvert.
Ne disons donc plus : «Mais quel est mon chemin ?»
Entendons plutôt Jésus qui nous appelle à lui.
C’est le Chemin qui nous cherche !
Jésus seul est le chemin d’éternité.

Jésus fait un pas de plus pour nous aider
à cheminer ici-bas.
Il nous dit : «Je suis la Vérité».
Pourquoi nous dit-il cela ?
Pour nous aider à le reconnaître,
Lui, la Pierre Vivante, choisie,
précieuse auprès du Père (1 P 2,4),
face à tous ceux qui se prétendent être le Christ.
Nous pouvons nous tromper de chemin
si nous écoutons la voix des faux-messie.
Ce qui différencie Jésus de tous ces faux-sauveurs,
c’est qu’il est la Vérité.
Il est celui qui vit dans le vrai,
et non pas dans le paraître.
Sa vie dans la chair est accordée
à la lumière divine qui l’habite.
Il est celui que nul n’a jamais
pu convaincre de péché (Jn 8,46).
Il est la lumière du monde
qui nous révèle le vrai visage du Père.
«Qui m’a vu a vu le Père» (Jn 14,9).
Marcher en Christ vers le Père,
c’est apprendre nous aussi à vivre dans la vérité.
Dieu nous parle à travers la voix
de notre conscience.
Est-ce que nous vivons en accord
avec cette voix intérieure ?
Est-ce que nos paroles et nos actes
sont accordés dans la vérité ?
«Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent»,
chante le psalmiste (Ps 84,11).
«Qu’est-ce que la vérité ?»
avait demandé Pilate à Jésus (Jn 18,38).
Là encore, la Vérité, c’est Quelqu’un,
c’est le Christ.
Etre dans la vérité, c’est vivre en Christ,
l’Amen, le témoin fidèle et vrai (Ap 3,14).
Etre dans la vérité, c’est pouvoir dire comme Philippe :
«Montre-nous le Père et cela nous suffit» (Jn 14,8).
Se satisfaire de la vision de Dieu éloigne
tous les mensonges, les faux-semblants, les illusions.
La vérité donne du poids, de la valeur
à tout ce que nous vivons sur notre route ici-bas.
Le ciel et la terre passeront,
mais ce qui est vrai ne passera jamais.

«Je suis la vie» nous dit Jésus pour finir.
La vie de notre vie, c’est Jésus.
Le levain enfoui dans la pâte
de notre humanité, c’est encore Lui.
Jésus nous donne la vie éternelle
que personne ne pourra nous arracher.
En Lui, nous sommes des vivants,
car il nous a fait héritiers
de sa victoire sur la mort.
Notre mort n’est plus devant nous,
elle est derrière nous.
La vie éternelle c’est Quelqu’un,
c’est le Christ.
Etre un vivant, c’est être un avec Jésus.
Le paradis n’est pas un lieu spatial,
c’est être uni à Jésus.
Plus le Christ guide notre vie,
plus la vie éternelle est déjà commencée en nous.
Et Jésus nous dit que celui qui vit dans la foi en lui
fera des œuvres plus grandes que lui.
Il nous revient, frères et sœurs,
de laisser jaillir la vie divine
qui est déjà en nous.
Nous avons une capacité de vie extraordinaire.
Ne la laissons pas sommeiller en nous.
N’ayons pas peur d’être témoins
de l’Evangile dans notre monde.
Qu’à l’amour que nous aurons les uns
pour les autres, on puisse nous reconnaître
comme les disciples du Christ.

«Je vais vers le Père», conclut Jésus (Jn 14,12).
Ayons nous aussi ce grand désir d’aller vers le Père.
Par la prière, Jésus se fait
notre route vers notre Père.
Par la Parole, Jésus nous révèle
que Dieu seul est vérité.
Par les sacrements, Jésus qui est la vie,
nous fait déjà participer à la vie éternelle.
Oui, le Père, en son Fils, peut nous combler.
Le Père veut nous combler.
Son visage est bonté.
Son visage est lumière.
Son visage est paix.

C’est ta face que je cherche
Seigneur, fais-moi voir ton visage et je serai sauvé.
En toi, la joie de mon cœur.
En toi, éternité de délices.
Toi en moi et moi en toi.
Cela me suffit.

Méditer la Parole

20 avril 2008

Saint-Gervais, Paris

Frère Jean-Christophe

 

Frère Jean-Christophe

Lectures bibliques

Actes 6,1-7

Psaume 32

1 Pierre 2,4-9

Jean 14,1-12

Imprimer l'homélie

Télécharger la version pdfTélécharger la version pdf