Marie Mère de Dieu - B

Messe du Nouvel An

La célébration de l’année nouvelle, chaque premier janvier,
n’est pas une réalité inscrite au cycle liturgique.
Aucune fête chrétienne ne célèbre officiellement ce «jour de l’an».


On pourrait se demander pourquoi cela ?
La réponse est simple : avec la venue du Christ
sur la terre des hommes, à la plénitude du temps (Ga 4,4),
l’éternité divine est entrée dans le devenir de nos vies.
En ces temps qui sont les derniers, comme dit l’Écriture (He 1,2),
tout est dès lors orienté vers le monde nouveau,
en vue duquel il importe de devenir l’homme nouveau (Ep 4,24 ; Col 3,10).


En célébrant donc chaque aujourd’hui
(le fameux Hodie de toutes nos liturgies)
marqué d’autant de mémoires,de fêtes, de solennités,
nous sommes comme immergés dans l’éternel présent de Dieu.


Pour autant notre foi et notre espérance chrétiennes
ne boudent pas la marche de l’histoire
à travers le temps d’ici-bas.
Voilà pourquoi nous sommes aussi heureux de nous retrouver
en solidarité avec tous les hommes de la terre
qui fêtent en cette heure de la minuit
le surgissement (plus ou moins furtif, plus ou moins tapageur)
d’une année nouvelle.

 
Il nous est bon de la commencer tout d’abord
par la célébration d’une eucharistie.
Cela nous permet de rendre grâce à Dieu
pour tous les bienfaits déjà reçus de sa main,
au long des mois de l’année qui vient de s’achever ;
et pour toutes les grâces que nous pourrons recevoir
au cours de celle qui va venir.


Oui, de sa plénitude nous avons tous reçu
et grâce sur grâce (Jn 1,16). Car tout est grâce !
Alors, sachons dire merci au Seigneur
pour la vie qu’il nous a donnée ;
pour les parents qui nous l’ont transmise ;
pour la famille qui nous a élevés ;
pour la foi qui éclaire nos cœurs,
l’espérance qui nous réjouit et fortifie nos âmes ;
et pour tout ce dont chacune, chacun de nous a le secret
et qui fait que nous sommes ce que nous sommes, là où nous sommes.


Rien ne peut mieux nous affermir, nous apaiser, nous fortifier
que de savoir rendre grâce et dire merci à Dieu.
De le lui dire et redire
pour tout ce qu’il nous a déjà donné
et, plus encore, pour tout ce qu’il nous promet.
L’apôtre Paul, qui a connu pourtant les pires épreuves
et traversé les plus grandes difficultés,
ne s’y est pas trompé quand il nous écrit :
Restez toujours joyeux. Priez sans cesse.
En toute condition soyez dans l’action de grâce,
c’est la volonté de Dieu sur vous dans le Christ Jésus (1 Th 5,16-17).
Oui ! Il est bel et bon de débuter une année en chantant l’Eucharistie !


Il nous est bon également de commencer ce nouvel an
sous le regard de la Vierge Marie puisque nous la fêtons aujourd’hui aussi
sous le beau vocable de la Mère de Dieu.


Comprenons bien cependant pourquoi l’Église
(tant de l’Orient que de l’Occident chrétiens)
a eu l’audace de lui reconnaître ce titre.
N’est-elle pas la mère, en effet, de Jésus-Christ ?
Or Jésus-Christ et, en même temps et tout à la fois,
vrai Dieu et vrai homme.
Dieu, pleinement homme dans un homme pleinement Dieu.
En étant, par pure grâce bien sûr, mère de l’homme Jésus,
elle est aussi mère du Christ Dieu.
Puisque les deux natures, humaine et divine,
sont réunies dans la même personne
du Fils-de-Dieu-fait-homme.


Elle peut dès lors être dite également notre Mère
puisqu’elle est, nouvelle Ève, mère du Christ nouvel Adam.
Du Christ Jésus qui s’est fait pour nous, et donc aussi par elle,
l’aîné de la multitude des frères (Rm 8,29).


Nous pouvons donc, chers frères et sœurs, lui confier
cette année nouvelle en lui demandant de nous aider
par sa prière maternelle à faire ce qu’il nous dira (Jn 2,5).
À devenir, à notre tour, comme elle, Mère du Christ,
comme lui-même nous l’a dit, si nous savons
écouter sa parole pour la mettre en pratique
et faire la volonté de son Père (Mt 12,50 ; Lc 8,21).


Il nous est bon enfin de célébrer cette première messe,
en cette église Saint-Gervais de Paris, au cœur de la ville,
en priant ensemble le Christ Prince de la Paix.
En le priant pour que le monde sache accueillir,
préserver et restaurer, s’il le faut, ce don incomparable
de la paix de Dieu entre nous et au plus profond de nos cœurs.

Le plus grand drame de l’humanité
est dans le refus de cette paix, pour faire surgir, à sa place,
l’inimitié, la division, l’hostilité et la guerre !
Tant de pays en cette heure même, à commencer par la Terre Sainte,
en savent quelque chose !


Inversement le plus beau don de Dieu aux hommes,
avec la vie, la liberté, l’amour, c’est la Paix.
Car elle est la condition sine qua non de la vie.
C’est par elle et en elle que la liberté peu s’épanouir.
Et elle seule permet le partage du véritable amour.


Prions donc pour que la paix de Dieu
qui surpasse toute connaissance, comme dit Paul,
prenne sous sa garde nos cœurs et nos pensée dans le Christ Jésus (Ph 4,7).
Prions pour qu’avec l’aide du Seigneur,
cette paix annoncée à la terre par les anges du ciel
dans la nuit de la Nativité, à tous les hommes de bonne volonté,
grandisse entre voisins, concurrents, rivaux,
nations, religions et peuples.
Puisque c’est d’abord pour cela
que le Sauveur du monde est né pour nous (Lc 2,14 ; Jn 4,41 ; 14,27).
 

Seigneur, dans l’action de grâce «je te remercie de m’avoir créé» .
Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous maintenant
et à l’heure de notre mort !
Jésus, Prince de la Paix, fais de nous de vrais messagers
et des artisans de paix !


Et qu’ainsi cette année qui commence
puisse être pour chacune et chacun de vous, chers frères et sœurs en Christ,
une joyeuse et bonne année !
 

Méditer la Parole

1er janvier 2009

Saint-Gervais, Paris

Frère Pierre-Marie

 

Frère Pierre-Marie

Lectures bibliques

Nombres 6,22-27

Psaume 66

Galates 4,4-7

Luc 2,16-21

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