Fête de l’Épiphanie - B

Nous sommes l’étoile de Bethléem

L’évangile des Mages est l’évangile de tous ceux qui sont en quête de sens et de connaissance. Et cette quête fondamentale qui habite l'homme traverse toute l’histoire humaine. Même la société de consommation ne l’a pas étouffée totalement.


Qui sont les mages ? Les mages sont des païens, hommes de savoir mal considérés dans la Bible. Ce sont des hommes qui croient, comme leurs contemporains, que le destin est inscrit, que le cours de la vie d’un homme, de l’histoire dépend entièrement des forces cosmiques et surnaturelles qui régissent l’univers. Et le mage cherche à connaître ces forces et ces lois pour percer le destin et le cours du monde. Et aujourd’hui, comme des mages, nous continuons de croire que notre vie dépend entièrement des forces naturelles définies par la science ou à d'autres forces dont parlent les pseudo-sciences comme le ‘nouvel âge’.


Or ici, tout est inversé. Ce n’est pas l’étoile, symbole de ces forces cosmiques qui détermine le trajet et la vie de Celui qui vient de naître, Jésus, mais c’est Celui qui vient de naître qui détermine le trajet de l’étoile et oriente les forces de ce monde vers lui. Et c’est là, déjà, une bonne nouvelle : dans le Christ, l’homme est libéré des forces qui le dépassent et le déterminent et il découvre la véritable source qui oriente sa vie : le Christ, le cœur du Christ qui l’aime.


Les Mages sont donc partis à la recherche de cette source, à la suite d’Abraham, habités comme par la même promesse : «Va hors de ton pays pour le pays que je te ferai voir» (Gn 12,1). Promesse de trouver, de ne pas chercher en vain. «Je les mènerai à ma sainte montagne» (Gn 12,1) promet le Seigneur à chacun de nous dans Isaïe, à chacun de ceux qui quittent tout pour chercher Dieu.


Mais lorsque les mages sont arrivés à la source, ils n'auraient vu qu'un simple enfant dans une maison ordinaire, si une autre étoile ne s’était levée dans leur coeur, une lumière qui leur permette de reconnaître dans ce petit enfant d’homme, le Dieu d’avant les siècles et qu’ils puissent l’adorer.


Ainsi cet évangile nous pose deux questions : quelle est l’étoile pour nous qui peut nous guider aujourd'hui à l’enfant ? Et quelle lumière intérieure me fera finalement reconnaître Dieu là où il se manifeste pour l’adorer ?
 

Quelle étoile pour nous ?


Elles peuvent être diverses. La science peut en être une comme pour Einstein qui disait : «Dans les lois de la nature se manifeste une raison si supérieure que toute la pensée humaine en est un reflet insignifiant». La contemplation du monde physique peut conduire à Dieu.


Mais je voudrais partir d’un désir de connaissance que nous avons tous : le désir de connaître la personne humaine. Cette connaissance établie en nous un amour qui promet l’infini ; cette connaissance nous ouvre à une réalité plus grande et totalement autre que le quotidien de notre existence. L’amitié ou l'amour conjugal est une étoile qui nous oriente vers la source de tout Amour. Suivre l’étoile d’une amitié ou d'un amour conjugal ouvert à l’Infini nous emmène dans une quête de Dieu.


Mais comme pour les mages venus à Jérusalem, l’étoile s’efface devant une lumière plus grande : la Parole de Dieu. Sans la Parole de Dieu, la quête humaine ne peut arriver jusqu'au bout, d'où l'importance pour nous de connaître la Parole et de la faire connaître autour de nous. Je pense à cette parole de Saint Paul : «Vous brillez dans le monde comme des foyers de lumière en lui présentant la Parole de vie» (Ph 2, 15-16). C’est finalement elle qui apporte la connaissance pour aller plus loin, pour atteindre cet Absolu que nous cherchons. La Parole de Dieu offre à l’intelligence humaine la liberté et l’audace de chercher vers l’infini.


Et la Parole de Dieu nous conduit en particulier vers l’Eucharistie. C’est l’Enfant Jésus qui veut s’incarner en nous pour que nous puissions repartir par un autre chemin parce que dorénavant il habite en nos coeurs.


Quelle lumière intérieure ?


Et c’est là qu’il nous faut une lumière intérieure pour le reconnaître, pour que l’épiphanie de Dieu se produise en nous au-delà des signes visibles de ce monde. La foi et la charité sont les lumières, clarté d'aurore, qui peuvent se lever en nous pour nous révéler quelque chose de la splendeur de Dieu, de l’Amour, de sa beauté. L'épiphanie de Dieu est en effet toujours une révélation de l'Amour.


«Vous connaîtrez l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance et vous entrerez dans la plénitude de Dieu» (Ép 3,19).


Et c'est toujours un don de Dieu, une création en nous de la lumière : «Que Dieu resplendisse en nos coeurs pour faire briller la connaissance de la gloire de Dieu qui est sur la face du Christ» (2 Co 4,6).


Frères et soeurs, en effet l'étoile, c'est vous. Le Seigneur n'a pas d'autres étoiles que vous pour conduire les hommes et les femmes de notre temps vers Lui. Et pour que nous laissions le Seigneur briller en nous, je vous donne un moyen tout simple : il s'agit de L’adorer souvent en nous. Adorer, c’est le prosternement de l'esprit devant le Roi de gloire, le Créateur, le toujours plus grand. Dieu est en nous.
 

Méditer la Parole

4 janvier 2009

Saint-Sacrement, Montréal

Frère Thierry-Joseph

 

Frère Thierry-Joseph

Lectures bibliques

Isaïe 60, 1-6

Psaume 71

Ephésiens 3,2-6

Matthieu 2,1-12

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