Saint Joseph, époux de la Vierge Marie - B

Ne crains pas, Joseph !

Joseph de Nazareth.
Joseph d’un petit village de Galilée.
Joseph le charpentier.
Joseph époux d’une jeune femme appelée Marie.
Quoi de plus ordinaire ?


Mais, comme pour chacun de nous,
cet ordinaire ne peut être séparé
de l’extraordinaire, de l’unique, de l’irremplaçable
qui est notre vocation, notre appel,
notre mystère.


Quelle bouleversante vocation que celle de Joseph :
assumer pleinement, virilement, durablement
la paternité dont a besoin le Fils de Dieu,
Dieu né de Dieu,
vrai Dieu né du vrai Dieu,
vrai homme né de Marie.


Exercer, non pas une paternité
apparente ou substitutive,
mais une paternité qui possède pleinement
l’authenticité de la paternité humaine,
du rôle du père de famille (Jean-Paul II).


Père.
Pleinement père en cette terre
pour le Fils du Père du Ciel.
Quelle immense vocation !


En nous souvenant que tous
nous avons été créés dans le Verbe,
dans la Parole,
et que nous sommes tous une parole unique de Dieu,
une conjugaison du Verbe ;
en nous souvenant que Dieu se dit
à travers chacun de nous d’une manière unique,
nous pouvons contempler,
nous pouvons écouter
comment Dieu se dit à travers Joseph de Nazareth.
À travers lui, Dieu nous dit sa paternité.
Par sa vie, Joseph proclame
que Dieu ne laisse pas son Fils orphelin,
qu’il ne nous laisse pas orphelins.


Le Père n’est pas absent de l’Incarnation.
Notre Père qui est aux cieux
est présent à la Terre,
présent à la vie,
présent à la famille,
présent au travail,
présent à la ville.


Saint Joseph dit la présence du Père :
quelle extraordinaire vocation !


Si, dans cette lumière,
nous relisons ce que nous rapporte saint Matthieu,
voici que se dévoile comme un drame :
Joseph l’époux de Marie est un homme juste.
Il ne veut pas la montrer du doigt :
il décide de la renvoyer à la dérobée (cf Mt 1,19).


Joseph avait formé ce projet (1,20).
Il avait pris cette décision,
la décision de se retirer,
et donc de ne pas vivre son identité filiale profonde,
de vivre en dehors de sa vocation.


L’Évangile d’aujourd’hui,
la Bonne Nouvelle d’aujourd’hui,
c’est l’intervention de Dieu
venu rapatrier Joseph dans son identité filiale,
dans sa vocation.


En pleine nuit,
quand les raisonnements et les calculs
se font moins étouffants,
Dieu se fait proche de Joseph :
«Joseph, fils de David
Joseph, descendant du roi David,
porteur avec ta famille de l’espérance d’Israël,
«ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme,
car ce qui en elle est engendré
est d’Esprit Sa
int»(id.).


Le Seigneur vient chercher Joseph
pour qu’il ne s’égare pas loin de sa vocation.
Comment ?
Nous venons de l’entendre :
En le libérant de la peur
et en affirmant la Seigneurie divine sur l’histoire.


Il y a même plus :
Joseph au creux de sa faiblesse,
là même où il voulait se retirer
se voit confier la plénitude de sa vocation paternelle :
cet enfant, toi, Joseph,
«tu l’appelleras de son nom : Jésus» (1,21).
Tu seras vraiment père,
tu exerceras l’autorité paternelle sur cet Enfant divin.


Frères et sœurs,
c’est cela l’Évangile d’aujourd’hui,
la Bonne Nouvelle d’aujourd’hui :
le Seigneur vient nous rapatrier dans notre identité filiale.


Il y a quelque chose de grand,
d’immense dans notre vocation personnelle,
dans la Parole de Dieu unique que nous sommes.
Quelque chose d’immense,
immense parce que divin.


Le risque existe de passer notre vie
à côté de notre vocation.
Le «reviens» du Carême
est aussi un reviens à toi,
reviens à ta vraie et belle identité filiale,
à cette vie, à cette richesse qui est en toi.


Ne crains pas d’entrer dans le Mystère de l’Incarnation ;
n’aie pas peur d’incarner ce que tu es en vérité,
au plus profond de toi.
«Prends l’Enfant et sa Mère» (Mt 2,13).
Accueille Jésus vivant, en toi,
et accueille Marie
car il ne peut y avoir d’Incarnation sans Marie.


Cela, aujourd’hui,
je voudrais le dire particulièrement aux hommes !
Combien d’hommes ont peur d’être père !
Combien d’hommes ont peur du sacerdoce !
Combien ont peur d’assumer le service du bien commun…


C’est vrai qu’être père n’est pas facile.
Il faut servir une vie,
des vies que l’on a pas portées,
que l’on n’a pas enfantées,
mais quelle grande forme d’amour
que l’amour paternel
quand il est humble, chaste
et en même temps ferme, viril, courageux !


Dans le beau labeur de la paternité,
nous avons un grand soutien :
celui de saint Joseph.
Saint Joseph, entrant dans l’éternité divine
n’a pas perdu son identité spirituelle ;
sa vocation ne s’est pas éteinte.
Comme celle de Marie,
elle s’est déployée,
elle s’est dilatée.
C’est pourquoi nous pouvons lui confier
la fidélité des hommes à leur identité spirituelle.


Saint Joseph, toi que Marie a désigné comme père de Jésus,
tu nous dis par ta présence la présence du Père.
Continue de veiller sur nous
avec ton affectueuse sollicitude (Pie XII).
 

Méditer la Parole

19 mars 2009

Saint-Sacrement, Montréal

Frère Antoine-Emmanuel

 

Frère Antoine-Emmanuel

Lectures bibliques

2 Samuel 7,4-5.12-16

Psaume 88

Romains 4,13.16-18.22

Matthieu 1,16.18-21

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