Dimanche de Pâques - C

Pâques : la victoire de l’amour

Vendredi, la croix du Christ était dressée
au cœur du sanctuaire.
Aujourd’hui, le cierge pascal a pris sa place
et sa lumière dissipe toutes ténèbres.
Vendredi, avec Marie et le disciple bien aimé,
nous avons recueilli les dernières paroles
de Jésus sur la croix.
Aujourd’hui, avec tous ceux qui l’ont suivi,
nous sommes appelés à faire mémoire
de tout ce qu’il nous a dit
pour comprendre que se réalise en ce matin de Pâques
ce qu’il n’avait cessé d’annoncer.
Vendredi, nous avons accompagné Jésus
s’enfonçant dans la mort
et partant avec les espoirs de tout un peuple de croyants.
Aujourd’hui, nous ne fêtons pas un simple retour
après une brève absence,
mais plutôt la découverte d’une vie réelle
avec une toute autre dimension,
une vie nouvelle où la mort n’a plus de prise.
Vendredi, avec les saintes femmes,
nous avons vu la pierre être roulée
à l’entrée du tombeau
où le corps du crucifié avait été déposé.
Aujourd’hui, nous sommes invités par les disciples
à entrer dans le tombeau ouvert
et à voir et croire.


Frères et sœurs, quel contraste saisissant
entre ce Vendredi Saint et ce Jour de la Résurrection.
La joie assèche les larmes.
L’espérance dissipe le désespoir.
La vie renverse la mort.
Elle est bien là la bonne nouvelle de ce jour.
Jésus a vaincu la mort.
La mort a été dépossédée
de son venin mortel.
La mort est morte.
Et par quel moyen Jésus a-t-il anéanti la mort ?
Par l’amour !
C’est la deuxième bonne nouvelle de ce jour.
«L’amour est plus fort que la mort» (Ct 8,6).
Avec quel amour Jésus a exaucé
la demande suppliante du larron repentant :
«Avec moi, tu seras en paradis
Avec quel amour il a pardonné
à ceux qui le crucifiaient :
«Ils ne savent pas ce qu’ils font
Avec quel amour il a confié sa mère
au Disciple qu’il aimait :
«Voici ta mère
Avec quel amour il s’est abandonné
dans la miséricorde du Père :
«Entre tes mains, je remets mon esprit
L’amour a transformé la souffrance de la croix
en grâce de résurrection.


Frères et sœurs, cette révélation
peut-elle nous laisser indifférents ?
À quoi aurait servi la passion,
la mort et la résurrection de Jésus
si elles ne changeaient notre vie ?
Ne perdons pas le fruit de la victoire
et croyons nous aussi en l’amour.
L’amour peut tout.
«L’amour bannit la crainte.» (1 Jn 4,18).
«L’amour excuse tout, croit tout,
espère tout, supporte tout
» (1 Co 13,7)
L’amour est l’unique remède contre le mal
et contre «le salaire du péché qu’est la mort» (Rm 6,23).
Vendredi, «nous avons connu l’Amour»
car Jésus «a donné sa vie pour nous» (1 Jn 3,16).
Aujourd’hui, la victoire de l’amour sur la mort nous interpelle :
«N’aimons ni de mots ni de langue
mais en actes et en vérité
» (1 Jn 3,18).
À notre tour d’aimer comme il nous a aimés.
D’entendre cela, peut-être en avons-nous,
comme les premiers convertis de Jérusalem,
«le cœur transpercé» ?
Et nous nous interrogeons :
«Que devons-nous faire ?» (cf. Ac 2,37).
«Nous devons, nous aussi,
donner notre vie pour nos frères
». (1 Jn 3,16).
Souvenons-nous de la parole de Jésus :
«Il n’y a pas de plus grand amour
que de donner sa vie pour ceux qu’on aime
» (Jn 15,13).
Répondre amour pour amour,
voilà le message de ce dimanche de Pâques.
Nous l’avons compris, l’amour libère la vie.
Mais c’est aussi dans la générosité de l’amour
que se découvre la vérité de l’être.
N’est-ce pas quand Jésus est immolé
par le feu de l’amour
que le bon larron reconnaît en lui le Messie ?
Et que le centurion romain peut confesser :
«Vraiment cet homme était fils de Dieu» (Mc 15,39) ?
L’identité de Jésus se révèle dans l’amour.
Au matin de Pâques, elle éclate au grand jour.
L’amour a transformé le corps périssable de Jésus
en un corps glorieux.
Jésus reste pleinement homme
mais un homme transfiguré, conduit à sa perfection.
La «divinité qui habite en lui corporellement» (Col 2,9)
se laisse voir, elle embrase tout son être.
Thomas touchera cette Chair ressuscitée et s’écrira :
«Mon Seigneur et mon Dieu» (Jn 20,28).
Le monde de la Résurrection
est celui de l’amour accompli.
Chacun apparaît pour ce qu’il est.
De même, frères et sœurs, plus nous aimons,
plus nous nous laissons engendrer
à la vérité de notre être.
L’amour nous fait devenir ce que nous sommes :
des enfants de Dieu qui n’est qu’amour.
L’amour nous filialise pour que nous devenions
des fils et des filles de la Résurrection.


Si l’amour nous ouvre les portes de la vie éternelle,
si l’amour façonne notre identité filiale,
il n’en reste pas moins que
nous pouvons douter de notre capacité à aimer
comme Jésus a aimé.
Eh bien, ce doute n’a pas lieu d’être.
Car un événement a changé le cours de notre vie :
c’est notre baptême.
Par le baptême, nous avons été plongés
dans la mort et la résurrection du Christ.
Jésus Ressuscité a allumé en nous le feu de l’amour
qui le brûlait quand il a vécu sa pâque.
Baptisés, nous sommes des êtres nouveaux
capables d’aimer et de nous donner.
Baptisés, nous sommes des hommes
et des femmes sauvés,
nous n’appartenons plus à ce monde qui passe
mais à celui qui vient.
Baptisés, nous sommes rendus «participants
de la nature divine» (2 P 1,4)
et la force de Dieu travaille en nous.
Comme le disciple bien aimé en ce jour, nous avons à croire.
Croire que Dieu  peut tout dans notre faiblesse.
Croire que Dieu peut faire plus que ce que nous désirons.
Croire en l’inouï de Dieu et à l’infini de son amour.


Seigneur, en ce matin de Pâques,
le disciple bien aimé a découvert
de quel amour tu l’as aimé
et il a cru en ton amour.
Nous aussi, nous voulons partager
ta vie, ta victoire, ta joie de Ressuscité.
Libère en nous ton amour
qui a vaincu la mort.
Que ton Règne vienne en nos vies.
Fais de nous des témoins
du monde nouveau de ta Résurrection.
 

Méditer la Parole

4 avril 2010

Saint-Gervais, Paris

Frère Jean-Christophe

 

Frère Jean-Christophe

Lectures bibliques

Actes 10,34-43

Psaume 117

Colossiens 3,1-4

Jean 20,1-9

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